Marie-Ève Dicaire, Mikaël Zewski et Sébastien Bouchard ont très peu fait déplacer les fans de boxe samedi à Québec. Pariez que si les deux derniers s’étaient affrontés, le Groupe GYM aurait vendu le double de billets.

La boxe doit s’ajuster

CHRONIQUE / Le gala du Groupe GYM samedi à Québec a fait jaser.

J’étais dans la Vieille Capitale la veille pour le match Cataractes-Remparts, des confrères m’ont raconté qu’il y avait 1300 billets vendus pour cette carte mettant en vedette la championne du monde Marie-Ève Dicaire. Il y avait probablement moins de 2000 fans le lendemain. Dans un amphithéâtre qui peut en accueillir 10 fois plus! Ils ont eu beau configurer le Centre Vidéotron pour utiliser seulement le quart de la superficie, ça restait sûrement assez dégarni visuellement dans les gradins. Ainsi que dans les poches des promoteurs!

Après le gala, Yvon Michel n’a pas voulu cracher dans sa soupe. Il se disait content de l’affluence, prétextant qu’il avait fixé un objectif de 1000 billets vendus! Il a rappelé que c’était maintenant difficile de vendre des billets au Québec, que seulement deux ou trois boxeurs pouvaient maintenant attirer plus de 2000 personnes.

Mieux informés

Vrai que les fans ne sont plus aussi dupes qu’avant. Il ne suffit plus d’annoncer une carte pour voir les billets s’envoler. En 2019, l’offre sportive est diversifiée, et à portée des doigts. Même plus besoin de se déplacer, vous avez l’action que vous voulez sur votre écran géant dans le confort de votre salon. Les gens prennent connaissance de l’affiche, peuvent regarder des combats sur YouTube des boxeurs impliqués et se faire une tête, avant de décider s’ils embarquent ou non. En clair, c’est donc plus ardu de vendre des shows avec des chauffeurs de taxi mexicains!

Samedi, Michel a décidé d’aller à la guerre avec Dicaire comme tête d’affiche. Il veut en faire la prochaine Éric Lucas, une championne du peuple. Le hic, c’est qu’elle a peu de compétition... sur la planète! À son poids, les bonnes boxeuses se comptent sur les doigts d’une main! Impossible, donc, de trouver à proximité une fille pour bâtir une rivalité. Ça ne veut pas dire que son ennemie de samedi n’était pas de bonne qualité, mais il n’y avait aucune histoire pour enrober ce duel.

Échec assuré!

D’ailleurs, en tenant compte du fait que plusieurs centaines de fans ont quitté le Centre Vidéotron au milieu de la finale, il faut bien se rendre à l’évidence que l’auditoire était surtout venu voir Mikaël Zewski et Sébastien Bouchard, une vedette locale...

Je vous parie d’ailleurs que Michel aurait pu vendre le double de billets s’il avait placé Zewski et Bouchard l’un contre l’autre en finale. Ils sont dans la même division de poids, ils ont tous les deux de belles fiches. Deux-trois déclarations incendiaires, qui mènent à une pesée musclée et hop, l’émotion gagne les fans du noble art. Mais bon, ce n’est pas trop le genre de la maison.

Régis avait raison

Pourtant, les combats locaux ont toujours été plus attirants. L’époque de Régis Lévesque est révolue, mais ça reste encore la meilleure formule pour soulever les passions. Michel a pu remplir le Centre Bell avec Stéphane Ouellet et Davey Hilton. L’artiste jonquiérois contre le bum montréalais. Du bonbon! Plus récemment, Jean Pascal a attiré des milliers de fans en se battant contre Adrian Diaconu et Lucian Bute.

Si c’est impossible de piger au sein du même territoire, alors il faut au moins faire l’effort d’établir une histoire autour de la finale. Les Cataractes et Eye of the Tiger Management ont habilement réussi ça en présentant Simon Kean/Adam Braidwood il y un an et demi à Shawinigan. Les deux gars se sont écoeurés pendant un an sur les réseaux sociaux. Puis, il y avait confrontation de style: Kean, l’olympien, et Braidwood, l’arracheur de têtes. Dans les gradins du Centre Gervais Auto, rempli à craquer, tout le monde était sur le bout de son siège dès que les deux mastodontes ont marché vers le ring...

Malheureusement, contrairement aux arts martiaux mixtes, ce n’est pas la norme de pouvoir se mettre sous la dent des combats où c’est difficile de prévoir qui va gagner. On peut comprendre que les premiers duels d’une carte servent à faire grandir de jeunes boxeurs. Mais pour les deux ou trois derniers combats de la soirée, un promoteur qui veut remplir un amphithéâtre devrait se donner la peine d’investir pour donner du croustillant aux amateurs. Le passé montre que lorsque ce fut fait, les amateurs ont répondu présents.

Claude Loranger et Robert Martin méritent leur place au Temple de la renommée sportive de la Mauricie

Très belle initiative du Climatisation Cloutier de Trois-Rivières, qui a célébré les cinq décennies de journalisme sportif de mon confrère Claude Loranger. 

Encore aujourd’hui, Claude est toujours aussi allumé. Il pourrait donner bien des leçons aux jeunes journalistes sur l’art de se créer et de maintenir des contacts. 

Cet appétit pour le sport régional me fait penser à celui qu’avait Robert Martin lors de sa longue carrière au Nouvelliste. Personne ne défendait autant les athlètes d’ici que ce bon vieux Bob. Il est à la retraite depuis quelques années, on me parle encore abondamment de lui quand je suis sur le terrain. Pas plus tard que lundi, le Dr Rodrigue Roy s’informait de Bob, qu’il a côtoyé lors de grands matchs de hockey senior à Louiseville. 

Bref, Claude et Bob, avec les milliers d’articles produits concernant trois générations d’athlètes, méritent à mon avis de rejoindre les immortels du Temple de la renommée sportive de la Mauricie. Et idéalement, ça devrait se faire rapidement. Ils sont encore tous les deux en bonne forme,
pourquoi ne pas en profiter pour qu’ils puissent savourer un honneur aussi important que celui-là...