Le nouveau Colisée sera livré au printemps 2020. Reste à voir qui la Ville sera en mesure d’attirer pour l’animer.

Bonne chance pour meubler le Colisée!

CHRONIQUE / Sale temps pour être un promoteur sportif à Trois-Rivières, pas vrai?

En l’espace de quelques semaines, le conseil de ville a refusé de donner un coup de main à deux organisations crédibles.

La première décision impliquait les Aigles, et une demande pour allonger un peu plus de fric à l’aube d’une fusion entre les ligues Can-Am et Frontier. Les Aigles se disaient dans une impasse financière, et assuraient que la survie de la franchise professionnelle était en péril sans cette aide immédiate. Les élus ont écarté cette demande, préférant reporter le vote sur la question. Si les Aigles décèdent entre-temps, tant pis! Après tout, le stade était loin d’être plein lors des dernières séries, n’est-ce pas?

Cette semaine, ce fut au tour du GP3R de mordre la poussière, pour une nouvelle activité hivernale de trois jours. Au nom de la lutte aux changements climatiques, le conseil a refusé une demande de 100 000 $ pour donner un caractère à la fois plus familial et festif à l’événement. À noter, les courses de «chars» étaient programmées sur une seule journée, sur les trois à l’agenda déposé par Dominic Fugère.

Mais bon, pourquoi s’enfarger dans ce petit détail? Les autos, c’est une cible pour les disciples de Greta. Imaginez maintenant les courses! Pas question de s’approcher de ça en 2020, ça donnerait la lèpre environnementale…

Deux revers pour le maire

Dans ces deux dossiers, le nouveau maire Jean Lamarche s’est retrouvé du côté des vaincus. Il était derrière les Aigles. Dans le dossier du GP3R, il s’est servi de ses interventions médiatiques pour jouer des biceps politiques, rappelant aux conseillers la grande majorité dont il avait bénéficié il y a quelques mois à peine lors de la course à la succession à Yves Lévesque. Or, un nouveau festival hivernal en collaboration avec le GP3R faisait justement partie de son programme. Il a clairement demandé aux dissidents du conseil de rentrer dans les rangs.

Dans les circonstances, le vote de mardi doit l’avoir ébranlé. C’est drôle, bien des gens imputaient à Yves Lévesque la mauvaise dynamique présente à l’hôtel de ville. Il n’est plus là, Lévesque. Visiblement, il n’était pas le seul responsable…

Le Colisée en otage

Cette nouvelle zone de turbulences s’installe au moment où la ville tente de meubler son nouveau Colisée, qui sera livré au printemps. Le dossier est complexe, il n’y a pas 36 0000 produits d’appel qui existent pour faire rayonner ce nouveau joujou de 60 millions $.

Marc-André Bergeron a été choisi pour explorer toutes les avenues. Nul doute qu’il a pris ce rôle très au sérieux, et qu’il fournira bientôt des options. C’est à partir de là que ça va se compliquer. Est-ce que Jean Lamarche aura les coudées franches pour offrir des conditions d’exploitation attrayantes aux yeux des promoteurs intéressés à tenter l’aventure dans le capricieux marché trifluvien? La question se pose certainement, à la lumière des deux derniers dossiers sportifs qu’il a menés.

Déjà, dans les discussions de coulisses ces dernières semaines, on pouvait entendre que certains élus ne voulaient rien savoir de céder les clés du nouveau Colisée sans garder certains revenus qui s’y rattachent. Si c’est le cas, bonne chance pour meubler cet amphithéâtre de 5000 places.

Les promoteurs qui pourraient s’intéresser au marché trifluvien – que ce soit Geoff Molson, Dean MacDonald ou d’autres hommes d’affaires du genre – ont eu du succès par le passé en posant des gestes calculés. Pensez-vous un instant qu’ils vont se lancer dans une aventure aussi risquée sans faire leurs devoirs? Or, faire de la business avec une ville qui ne semble plus avoir beaucoup d’appétit pour le sport, ça va soulever des interrogations supplémentaires. Et peut-être même faire avorter certains dossiers, qui sait.

Mais bon, si le Colisée devient un éléphant blanc, les intégristes environnementaux pourront toujours le louer pour tenir leurs meetings!