En redorant son blason face à Dillon Carman, Simon Kean a prouvé qu’il pouvait prendre de la pression, une qualité importante en boxe. ­

À Kean de se remettre sur la carte

CHRONIQUE / C’est semaine de rentrée chez Eye Of The Tiger Management, avec un gala samedi au Casino. Les dernières semaines n’ont pas été faciles pour Camille Estephan et son escouade. Il y a eu les défaites de Junior Ulysse et Steven Butler, la victoire par la peau des dents de David Lemieux contre un boxeur de second ordre, puis le départ de Kim Clavel après tous les efforts investis pour en faire une tête d’affiche.

Évidemment, Estephan a donc bien hâte de repartir la machine, même si c’est surtout un gala pour faire progresser les jeunes loups. Les vedettes de l’organisation, elles seront en action plus tard cette année.

Comme Lemieux, c’est en février que Simon Kean va livrer son prochain duel. Une demi-finale à Rimouski pour le Trifluvien, qui a vu Arslanbek Makhmudov le supplanter dans la hiérarchie d’EOTM. Ça ne veut pas dire toutefois qu’Estephan a perdu confiance en son olympien, comparé il n’y a pas si longtemps à Maurice Richard! «On a toujours espoir d’amener nos deux poids lourds en championnat du monde», assure le Grand Manitou d’EOTM, qui concède que Makhmudov a maintenant une longueur d’avance. «Ça va au mérite. Makhmudov a lancé tout un message en liquidant Samuel Peter en une ronde en décembre. Il est reconnu mondialement comme un des deux meilleurs espoirs chez les lourds en ce moment. Ça n’enlève rien à Simon. Sa défaite face à Dillon Carman lui a fait faire un détour, mais il a démontré beaucoup de caractère pour venger cet échec à Shawinigan. Il y avait beaucoup de pression dans l’air, il a livré. Il n’est peut-être pas aussi complet que Makhmudov, mais il très courageux et il est très puissant. Quand tu as deux qualités aussi dominantes, tu peux aller très loin.»

Estephan voit Kean s’attaquer à l’élite de sa division vers la fin de 2020. D’ici là, il a encore quelques tests à passer. Le prochain s’appelle Daniel Martz (19-8-1, 16 K.-0.). À 6’7’’, Martz est encore plus imposant que le Grizzly. Il a l’habitude de descendre les boxeurs ordinaires. En revanche, les pugilistes doués n’ont habituellement pas trop de mal à le geler. On saura le 21 février dans quelle catégorie classer le poulain de Jimmy Boisvert. «Certains croient que Simon n’a pas de mâchoire. Elle sera testée face à Martz, qui est surnommé l’homme-montagne. C’est à Simon de se faire valoir dans ce genre de confrontation.»

Si tout va bien, Kean devrait être de retour en juin, à Shawinigan. Estephan et les Cataractes ont uni leurs efforts pour orchestrer trois galas en deux ans. Un quatrième est sur la planche à dessin. «C’est l’fun de travailler avec Roger (Lavergne), qui amène une valeur ajoutée à tout ce qu’il touche. On veut ramener Simon dans son château-fort mais c’est encore prématuré de parler de ça. La priorité en ce moment, c’est Martz et rien d’autre», martèle Estephan, qui avance qu’un gala shawiniganais pourrait très bien s’orchestrer sans Kean. «Nos boxeurs sont maintenant connus, c’est pas mal plus facile de vendre des billets. Quand on sera rendu à l’étape de planifier la suite après février, on aura pas mal d’options.»

C’est dit sur un ton très positif. Estephan ne nie quand même pas qu’EOTM a traversé une période de turbulences. Il croit toutefois que son écurie fera parler d’elle pour les bonnes raisons dans un avenir rapproché. «J’ai été très déçu par la dernière performance de Junior (Ulysse). Avec Steven, nous avons fait des petites erreurs de planification. Quant à Kim, c’est très décevant de la façon dont ça s’est fait, je n’ai même pas reçu un appel ou un texto. Mais bon, tout ça est derrière nous, et nous avons encore le vent dans les voiles. D’ici deux ans, EOTM sera vue comme une franchise mondiale. Ce ne sont pas tous nos boxeurs qui seront champions du monde, sinon ça serait trop facile. Mais on va optimiser le potentiel de chacun.»