Curling

Domination chinoise au Challenge de Gatineau

Aucune équipe n’a réussi à percer la Grande Muraille de Chine au Challenge de Gatineau.

Le quatuor du capitaine Rui Liu a gagné ses sept parties pour devenir le premier champion non canadien de l’histoire de cette étape du World Curling Tour (WCT). Sa victoire la plus impressionnante est survenue en finale, dimanche après-midi, au centre Robert-Rochon.

Le skip âgé de 35 ans et ses coéquipiers Xiao Ming Xu, Dongxu Jiang et Jia Liang Zang ont mis seulement six bouts pour vaincre le Suisse Peter De Cruz. Un gain de 8-3 obtenu grâce à trois points au cinquième bout et trois autres au sixième bout.

« Très très heureux », a soutenu Liu via Jiang qui agissait à titre d’interprète.

« Il n’y a rien d’exceptionnel dans notre performance, a-t-il ajouté. Nous jouons beaucoup. À force de travailler, le succès va suivre. »

Liu a terminé quatrième aux Jeux olympiques en 2014 à Sotchi. Il s’était incliné contre le Canada en demi-finale.

Désireuse de placer une équipe sur le podium en février prochain à PyeongChang, la Chine a embauché l’an dernier un ancien joueur étoile du curling canadien, Marcel Roque. Le Franco-Albertain était sur place à Gatineau dans les derniers jours à titre d’entraîneur. Il n’a toutefois pas vu la conclusion de la finale, devant se rendre à l’aéroport pour prendre un vol d’avion.

« Marcel nous a beaucoup aidés, non seulement au point de vue technique et tactique, mais surtout comment contrôler nos émotions. Il a aussi mis beaucoup l’accent sur la communication entre les joueurs », a souligné Rui Liu.

Une seule équipe est passée près de le vaincre lors des quatre derniers jours.

Le favori local et ancien champion du Brier, Jean-Michel Ménard, a perdu 6-5, vendredi soir. Il a échappé des points lors des trois derniers bouts.

Le skip d’Aylmer n’a jamais semblé se remettre de ce revers. Il a subi la défaite à deux autres reprises lors des trois matches suivants.

Il s’agissait de la neuvième édition du Challenge de curling de Gatineau, qui était dotée d’une bourse totale de 41 000 $. Un chèque de 11 000 $ a été remis à Liu et ses amis.

Ces derniers avaient battu le quatuor de l’ancien champion du monde, Kevin Koe, il y a deux semaines, en finale d’une étape du WCT à Edmonton. Ils avaient empoché 12 000 $.

« Nous sommes très satisfaits de cette édition-ci. Il y avait plusieurs nouvelles équipes. C’était bon d’avoir du sang neuf », a soutenu le directeur du tournoi, Dany Beaulieu.

« C’était aussi notre première finale internationale. C’est bon pour la visibilité et la crédibilité du tournoi. »

Les organisateurs ont déjà confirmé le retour du Challenge en octobre 2018. Il s’agira de la troisième et dernière année d’un pacte liant l’événement à la Ville de Gatineau.

« Ça ne sera pas seulement la 10e édition du Challenge, mais aussi le 100e anniversaire du club de curling de Buckingham », a souligné Beaulieu en parlant du club hôte du tournoi.

Curling

Ménard encaisse une première défaite

Jean-Michel Ménard devra prendre le long chemin s’il veut participer aux éliminatoires du Challenge de Gatineau.

Le skip d’Aylmer a subi une première défaite en quatre parties à cette étape du World Curling Tour, s’inclinant 6-5 vendredi soir contre le quatuor chinois de Rui Liu. Le gagnant de cette joute accédait directement à la ronde payante du dimanche.

Ménard menait pourtant 5-3 après six bouts. Mais il a vu son adversaire lui voler des points au huitième et dernier bout réglementaire puis en bout supplémentaire pour remporter le match.

Le champion de l’édition 2012, Marc Dacey, s’est aussi qualifié en vue des éliminatoires prévues dimanche.

Quant à Ménard, il n’a besoin que de deux autres victoires afin d’accéder aux quarts de finale de ce tournoi de format triple élimination.

Le champion en titre du Challenge doté d’une bourse de 41000 $, John Epping, était en danger tard hier soir de plier déjà bagage. 

Le numéro six mondial avait subi deux revers et était impliqué dans un match serré contre le double champion américain Craig Brown au moment de mettre sous presse.

Curling

Affronter l’élite internationale à 19 ans

Il n’avait que huit ans lorsque son père François a remporté le Brier aux côtés du skip d’Aylmer, Jean-Michel Ménard, en 2006. Une décennie plus tard, Vincent Roberge ne conserve aucun souvenir de cet exploit. La raison s’avère simple.

« J’étais fatigué. Je dormais pendant la finale du Brier », a expliqué le champion en titre de curling junior québécois, jeudi après-midi, sourire en coin. Ce dernier était détendu à une heure de ses débuts sur le circuit du World Curling Tour (WCT).

L’équipe de Roberge s’avère le plus jeune quatuor en lice au Challenge de Gatineau qui se déroule jusqu’à dimanche au centre Robert-Rochon. Le principal intéressé, qui est le capitaine de sa formation, n’a que 19 ans. Certains de ses adversaires auront même plus du double de son âge.

« Nous sommes fébriles. Nous avons hâte d’embarquer sur la glace. Il y a une belle diversité d’équipe de haut niveau », a souligné le jeune homme originaire de la Rive-Sud de Québec.

Le champion en titre du Challenge, John Epping, qui est classé sixième au monde, fait partie du peloton de la neuvième édition, tout comme le Chinois Rui Liu, quatrième aux Jeux olympiques en 2014, à Sotchi.

À eux s’ajoutent Kyle Smith, Peter De Cruz et Yusuke Morozumi, qui représenteront respectivement la Grande-Bretagne, la Suisse et le Japon en février à PyeongChang.

Morozumi et ses coéquipiers étaient justement les premiers adversaires du jeune Roberge. Une équipe de télé nippone les suit un peu partout ces jours-ci en Outaouais.

« Nous les avons déjà vus à la télé. C’est excitant de les affronter. Ils ont participé à plusieurs tournois du Grand Chelem », a dit le jeune skip au sujet des membres du quatuor Morozumi.

« Nous avons une grosse semaine... Beaucoup de pain sur la planche. »

Une semaine qui a bien commencé. Roberge et sa bande ont surpris l’équipe japonaise, gagnant 10-6.

Une semaine qui pourrait aussi s’avérer très fertile en émotions.

Vincent Roberge pourrait affronter son papa lors de la ronde éliminatoire. François Roberge lance les pierres à la position de troisième dans le quatuor de Martin Ferland.

« C’est sur que c’est spécial de jouer dans le même tournoi que mon père. Ça serait un petit stress de jouer contre lui, car nous avons toujours joué ensemble par le passé. »

Fiston a commencé à pratiquer le curling à l’âge de six ans au club Etchemin. « Ça ne fait que trois ans par contre que je prends ça plus au sérieux. Avant, c’était simplement pour s’amuser. On jouait les tournois sans gros objectifs, sans trop travailler fort », a relaté Vincent Roberge, qui a participé au championnat canadien junior l’hiver dernier.

« Mais depuis trois ans, nous mettons beaucoup plus d’efforts. Nous voyons les résultats. »

Réunion de famille

Le quatuor est complété par le cousin Fabien Roberge de même que de Jesse Mullen et Julien Tremblay. Il est dirigé par l’oncle Denis Roberge.

Visiblement, le Challenge de Gatineau se veut une réunion de famille pour les Roberge.

Reste à voir si un d’eux atteindra la finale et gagnera le gros trophée et le chèque de 11 000 $ qui l’accompagne.

Les parties du tournoi à la ronde du Challenge se poursuivent toute la journée vendredi.

Baseball

Leclerc se retire en champion

Malgré un poignet cassé dans le sixième match de la finale, le Gatinois Fred Leclerc a terminé sa carrière dans la Ligue de baseball junior élite du Québec dans la peau d’un champion.

Membre des Royals de Repentigny, le joueur d’avant-champ de 22 ans pouvait difficilement demander mieux avant d’accrocher ses crampons pour se concentrer sur ses études en inhalothérapie.

Échangé par le Hull-Volant de Gatineau pendant la saison 2016, Leclerc aura remporté deux championnats consécutifs avec les Royals.

L’an dernier, son équipe avait même défait le Hull-Volant en finale.

Le week-end dernier, les Royals ont comblé un déficit de 2-3 dans la finale pour remporter les deux derniers matches d’une série quatre de sept contre les Diamants de Québec pour ainsi signer un deuxième championnat consécutif.

« Je viens de vivre les deux plus belles années de ma vie dans la Ligue junior élite, même si pour moi, les séries ont été vraiment très longues. Nous avons fini un mois plus tard que l’année dernière. Pendant ce dernier mois, j’ai dû manquer tous les matches du jeudi pour ne pas rater mes cours au Cégep de l’Outaouais. En octobre, il commence aussi à faire froid ! »

Leclerc a quand même participé à 18 des 24 matches des séries des Royals (fiche de 16-6) où il a conservé une moyenne au bâton de ,292 avec deux circuits et 11 points produits.

En saison régulière, le vétéran avait été un joueur offensif important des Royals avec une moyenne de ,344.

« Comme l’an dernier, c’est notre offensive qui nous a fait gagner le championnat. Les matches que nous avons perdus contre Québec, nous les avons presque donnés avec des buts sur balles et des petites erreurs. Québec a une équipe rapide. Ils ont profité des passes gratuites pour marquer à chaque fois. Ils avaient aussi de bons lanceurs, ce qui a fait que nous avons frappé un peu moins en finale. »

Employé au troisième coussin, Leclerc pense que son jeu défensif a primé sur son bâton durant les séries. « J’ai dû faire des plongeons en masse, surtout dans la série contre St-Eustache où chaque fois, j’avais l’impression d’avoir à arrêter des roquettes ! »

Champion deux fois à 21 et 22 ans, Leclerc pense avoir joué son dernier match de baseball compétitif.

« Il n’y a pas de baseball senior à Gatineau. J’ai refusé une offre d’une équipe senior élite. J’ai assez voyagé pendant ma carrière junior. Je suis pas mal sûr que c’est fini. Je vais peut-être coacher éventuellement, mais pour l’instant, je veux me concentrer à terminer mes études. »

En attendant, son poignet fracturé en déposant un amorti dans le match #6 de la finale devrait lui rappeler les derniers moments de sa carrière pendant encore quelques semaines.