Tyson Hinz (à droite) étreint son coéquipier Kevin Churchill à la suite de la victoire des Ravens contre les Gee Gees en finale du Championnat canadien de basket-ball. Hinz a été choisi le joueur par excellence du tournoi.

Une victoire à la sauce Hinz

Le géant était fâché. Il voulait prendre sa revanche. Et surtout, il tenait à gagner une dernière fois avant de dire adieu à son équipe.
À son dernier match de basket-ball en carrière dans les rangs universitaires, Tyson Hinz a inscrit 30 points pour mener les siens à un 10e titre national en 12 ans, un quatrième de suite. Ses Ravens de Carleton ont défait les Gee Gees d'Ottawa par la marque de 79-67 dans une finale tout ottavienne du «Final 8» - le championnat canadien - devant plus de 7000 spectateurs au centre Canadian Tire.
«La motivation ne manquait pas. Nous n'avions pas oublié la défaite du week-end précédent», a soutenu Hinz du haut de ses 6'7» et 220livres.
Ses coéquipiers et lui avaient perdu en finale de la conférence ontarienne contre leurs voisins de la capitale nationale. Un revers par un point. Un match qui s'était décidé avec moins d'une seconde à écouler en temps réglementaire.
Il s'agissait d'une première défaite en 55 parties contre des universités canadiennes pour les Ravens.
«J'en ai entendu parler toute la semaine de cette défaite-là. Il y avait des textes et des photos partout à ce sujet», a souligné Hinz.
Joueur par excellence
Le centre a été nommé joueur par excellence des championnats canadiens. Il a eu droit à une longue accolade de l'entraîneur-chef Dave Smart.
Ce dernier s'est ensuite éclipsé afin de cueillir dans ses bras sa fille qui portait un t-shirt avec la mention «J'aime Dave Smart».
«La différence dans la partie? C'est Tyson. C'est aussi simple que ça», a souligné le garde Philip Scrubb.
Hinz a donné le ton surtout au troisième quart lorsque les Gee Gees ont pris l'avance 40-39 dans les premières minutes de jeu.
Ce fut la dernière fois que les Ravens allaient tirer de l'arrière, eux qui ont marqué 15 des 18 points suivants.
Les frères Scrubb
Les frères Scrubb ont aussi fait des siennes à l'attaque, Thomas marquant 20 points et Philip en ajoutant 16.
Carleton n'a pas hésité à faire appel à de jeunes joueurs, l'ailier de deuxième année Jean Emmanuel Pierre-Charles étant utilisé pendant 17 minutes. Il a grandi à Ottawa et a vu la dynastie des Ravens prendre forme au fil de la dernière décennie.
Le Franco-Ontarien a vite compris la recette à succès de l'équipe.
«Chaque pratique, le coach veut la perfection», a souligné Pierre-Charles.
Mais hier, la perfection avait un nom. Celui de Hinz.
«Il m'a pris sous son aile depuis deux ans, a fait remarquer Pierre-Charles. Sans lui, j'aurais été complètement perdu. Je ne sais pas comment nous allons le remplacer.»
On a déjà entendu de tels commentaires dans le passé. Quand Mike Smart a gagné son dernier championnat. Quand Osvaldo Jeanty a mené les Ravens à un cinquième titre de suite en 2007. Quand Aaron Doornekamp a disputé son dernier match dans l'uniforme noir et blanc.
Mais chaque fois, le coach a trouvé un remplaçant.
«Chaque championnat est spécial. Chaque championnat est différent puisque c'est toujours un groupe différent», a rappelé Dave Smart.
mcomtois@ledroit.com