Maxime Brinck-Croteau a récemment remporté le tournoi du Gouverneur général à Ottawa, une rencontre réunissant les meilleures épées de l'Est du Canada.

Une question de concentration

Maxime Brinck-Croteau tentera de vaincre son plus redoutable adversaire au championnat canadien senior d'escrime, qui débute aujourd'hui à Calgary.
Son nom ? Maxime Brinck-Croteau. Oui, l'épéiste gatinois est son pire ennemi.
«Mon plus gros problème, il se trouve dans ma tête», a confessé l'athlète âgé de 22 ans avant son départ, hier, vers l'Ouest canadien.
«Je pense trop durant les combats. Je perds ma concentration.»
Et la pression ?
Il l'avoue. Il ne la gère pas toujours bien.
«Je m'écroule parfois sous la pression. Tu sais, c'est un cercle vicieux», a-t-il plaidé.
Des visites régulières la saison dernière chez une psychologue sportive semblent avoir eu un effet bénéfique.
Brinck-Croteau a terminé 22e sur 250 escrimeurs lors d'une compétition internationale aux États-Unis durant l'été.
Puis récemment, il a remporté le tournoi du Gouverneur général à Ottawa, une rencontre réunissant les meilleures épées de l'Est du Canada.
«Je sais que je peux obtenir de bons résultats. Il faut que j'évite par contre de mettre trop de pression sur moi.»
Ce dernier entame sa quatrième saison dans les rangs seniors après avoir brillé chez les juniors et cadets sur la scène provinciale et nationale.
Son entraîneur chez le Masque de fer de Gatineau, le maître d'armes Michel Dessureault, estime qu'il est temps pour son protégé de s'élever parmi les meilleurs. La carte de l'inexpérience «n'est plus valable» selon lui.
«Pour moi, il doit se retrouver sur le podium. Il est rendu là dans son développement», a laissé tomber l'ancien triple olympien canadien.
Tout se jouera, a-t-il avoué, entre les deux oreilles.
«Maxime, c'est un gars trop analytique. C'est bon de penser beaucoup quand tu effectues tes premiers pas en escrime. Mais une fois chez les seniors, tu ne peux pas te permettre de trop penser. C'est tellement rapide. Il faut laisser l'instinct te guider.»
Une saison fort chargée attend Brinck-Croteau.
Après ce championnat canadien, il prendra la route de Colorado Springs en vue d'un tournoi international d'envergure. Il espère terminer parmi les 16 premiers au classement général.
Un tel résultat lui permettrait de se tailler une place dans le programme haute performance de la Fédération canadienne d'escrime. Du même coup, cela lui ouvrirait les portes des épreuves de la Coupe du monde, qui débutent en janvier.
Le principal intéressé poursuit également en même temps des études en génie informatique à l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Il lui reste un an et demi avant d'obtenir son baccalauréat.
«L'escrime demeure ma priorité. C'est ce que je veux faire autant à court et à long terme. Mais en même temps, je sais que ça ne mettra pas du pain sur la table. Ça prend de l'argent pour voyager et je me sens à l'aise dans le domaine de l'informatique. Ça va me permettre de continuer à pratiquer l'escrime.»
En plus de Maxime Brinck-Croteau, trois autres escrimeurs du Masque de fer ont effectué le voyage vers Calgary. Il s'agit de Mykaël Lambert, Pascal Heidecker et Christophe Lavoie, tous d'âge junior, qui se frotteront aussi aux meilleurs épéistes seniors au pays.
mcomtois@ledroit.com