Patrice Huneault-Genest avait envie de voyager cet été. Le jeune homme de 25 ans a découvert le Yukon.

Un Gatinois chez les Franco-Yukonnais

De Gatineau à Whitehorse pour ensuite revenir dans son patelin, Patrice Huneault-Genest a un emploi d'été assez particulier à ajouter à son curriculum vitae.
Ce joueur de kin-ball, membre de l'équipe nationale de ce sport coopératif, s'est déniché un travail de coordonnateur de la délégation du Yukon aux Jeux de la francophonie canadienne, par l'entremise du programme Jeunesse Canada au travail. Un boulot qui l'a donc ramené à Gatineau cette semaine et qui cadrait bien avec ses études en loisirs au collège La Cité.
«J'avais le goût de partir pendant l'été, voyager et pas juste travailler. C'était une belle opportunité et c'était dans mon domaine, donc j'ai saisi cette chance. Je passe trois mois et demi là-bas, puis ça me permettait de revenir chez nous pour les Jeux», a raconté le jeune homme de 25 ans lorsque rencontré pendant sa pause du midi.
Avant de revenir dans le coin avec la délégation de 35 participants et 10 accompagnateurs, ses principales tâches relevaient de la logistique: les transports de la délégation, les commandes d'équipement (chandails, lunettes de soleil, etc.) et l'organisation des entraînements.
Maintenant que les Franco-Yukonnais sont ici, il se veut un peu l'homme à tout faire de la délégation: «Je suis le gars qu'on appelle quand il nous faut quelque chose. Je me promène un peu partout. Je fais aussi le taxi pour notre entraîneur en athlétisme, qui a la cheville cassée et ne peut donc pas prendre l'autobus. C'est un gros avantage que je connaisse bien la région, pas besoin de Google Maps», note-t-il.
Si on se fie à ce service du géant d'Internet, Whitehorse se retrouve à 5900 kilomètres de Gatineau. Ce n'est pas à la porte et c'est un tout autre monde, confirme Huneault-Genest. Mais on y trouve aussi une communauté francophone bien vivante.
De longues journées
«C'est vraiment le fun, peut-être à cause du climat de travail où je suis. Il y a beaucoup de francophones, je ne suis pas trop dépaysé. C'est beaucoup axé sur le plein air et j'aime vraiment ça. C'est différent aussi (avec la proximité à la calotte polaire), en juin, on parlait de 21 heures de jour si je ne me trompe pas. L'adaptation à ça a été moins pire que je pensais. J'imaginais que je ne serais pas capable de dormir, mais tu mets un t-shirt dans la face et ce n'est pas si pire que ça. Vu qu'il y a plus de soleil, tu as plus d'énergie aussi, peut-être que je dors moins sans m'en rendre compte», lance-t-il en riant.
Lui qui a participé à deux reprises à la Coupe du monde de kin-ball, remportant l'or avec son équipe à Liège l'an dernier ainsi qu'à Nantes en 2011, ce séjour au Yukon tombait bien alors qu'il prenait une pause de son sport de prédilection. Il entend cependant se remettre à l'entraînement cet automne en vue de la prochaine Coupe du monde, en Espagne en 2015.
Son sport n'a jamais été inclus aux JFC, mais ça n'empêche pas Huneault-Genest de regretter de ne pas avoir eu sa chance d'y prendre part quand il avait entre 13 et 18 ans.
«Je ne connaissais rien des Jeux de la francophonie avant d'aller à Whitehorse. Je savais que ça existait, mais je ne connaissais pas l'envergure des jeux, je ne savais pas qu'il y avait des volets art et leadership... Quand tu entends parler de Jeux, tu penses au sport. Mais ces jeux-là ne sont pas juste de la compétition, ce n'est pas le but premier, ce qui est le fun. Ça aurait été amusant d'y prendre part quand j'étais jeune, même si ce n'était pas des sports que je pratiquais. Mais ça n'a pas l'air d'un problème, au Yukon, nos joueurs de frisbee ont appris à jouer il y a deux mois. Nos jeunes en athlétisme n'en avaient jamais fait non plus, ils se sont entraînés pour venir ici. Ils ne gagnent pas, mais ce n'est pas ça le but premier, c'est de participer et de partager une langue commune», ajoute-t-il.