Le coup d'envoi du Marathon d'Ottawa sera donné à 7h sur la rue Elgin.

Un éleveur de poulet vise la victoire

Deriba Robi possède plusieurs bonnes raisons de vouloir gagner le Marathon d’Ottawa, dont la 44e édition sera disputée dimanche matin.

D’abord, la vedette éthiopienne a terminé deuxième ou troisième trop souvent à son goût depuis quatre ans sur la scène internationale. Sa dernière victoire remonte en 2014 au Marathon de Marrakech, au Maroc.

Puis il y a le gros chèque de 40 000 $ qui sera remis au premier homme à franchir le fil d’arrivée.

« Je l’investirais dans l’achat d’une ferme laitière », a avoué l’athlète âgé de 27 ans, qui possède déjà une ferme de volailles.

« J’ai plus de 40 000 poulets », a-t-il précisé.

Les dollars qu’ils empochent ici et là lors de divers marathons en Amérique du Nord, en Europe et en Asie sont injectés dans cette aventure agricole en Afrique. « J’aimerais bien ouvrir aussi un jour une école d’athlétisme dédiée à la jeunesse », a-t-il ajouté.

Robi fait partie des favoris au Marathon d’Ottawa. Il possède le troisième temps personnel le plus rapide parmi l’élite internationale qui meublera le peloton.

Ce dernier a déjà couru le 42 km en deux heures, cinq minutes et 58 secondes en 2015 à Eindhoven, aux Pays-Bas. Un chrono qui lui avait valu le deuxième rang.

Les deux hommes les plus rapides que lui sur papier à Ottawa ?

Eliud Kiptanui et Yemane Tsegay. Deux anciens champions du Marathon d’Ottawa. Le premier a gagné l’an dernier. Le second avait battu le record du parcours en deux heures, six minutes et 54 secondes en 2014.

« Je m’en souviens encore très bien. Les gens ne cessaient pas de m’encourager le long du parcours », a relaté Tsegay, un des nombreux Éthiopiens qui prendront le départ.

« Il y avait aussi de la brume. Je me tournais pour jeter un coup d’œil derrière moi et je ne voyais rien », a-t-il rappelé en souriant.

Cette victoire a lancé sa carrière. Un an plus tard, Tsegay a terminé deuxième au Marathon de Boston puis deuxième aux championnats du monde, à Pékin.

Parlant du Marathon de Boston, le champion de 2016, Haile Lemiu Berhanu, devait courir dimanche à Ottawa. « Mais il a dû se désister en raison d’une blessure », a souligné Manny Rodrigues, responsable du recrutement des coureurs élites à la Fin de semaine des courses.

« Il reste que je vais répéter ce que je dis chaque année... Nous avons sur papier le peloton le plus rapide de notre histoire. »

Chez les femmes, Gelete Burka s’avère largement favorite. Elle vient de réaliser son meilleur temps à vie, complétant le Marathon de Dubai en 2:20:47. C’est quatre minutes plus vite que le record personnel de ses trois plus sérieuses adversaires, Lucy Karimi, Betelhem Moges et Shuko Genemo.

Ce sont toutes des Africaines.

Puis il y a Hiwot Gebrekidan, finaliste du Marathon d’Ottawa en 2017, à surveiller. « J’ai appris ma leçon », a-t-elle dit de l’an dernier.

Auteur d’un départ canon, la jeune Éthiopienne de 23 ans a mené presque durant toute la course. Mais elle a connu une baisse de régime dans les derniers kilomètres, se faisant doubler.

Blessée, la quadruple championne Lioudmila Kortchaguina, qui est âgée de 46 ans, a dû déclarer forfait en vue du week-end. Elle s’avère la dernière Canadienne à gagner à Ottawa en 2007.

« Ça devait être ses adieux, sa dernière participation à un Marathon », a noté Rodrigues.

Le coup d’envoi du Marathon d’Ottawa sera donné à 7h sur la rue Elgin. Les participants passeront notamment en sol gatinois à mi-chemin du tracé, empruntant le pont Chaudière avant de revenir plus tard du côté ontarien via le pont Alexandra.