Le Gatinois Olivier Huot a su qu’il était diabétique à l’âge pee-wee. Aujourd’hui, il est coordonnateur dans un camp de hockey pour athlètes qui doivent composer avec cette maladie chronique.

Un camp atypique pour diabétique à Ottawa

Depuis le début de la semaine, il y a un camp de hockey pas comme les autres qui se déroule au Sensplex de Gloucester.

Quatre-vingt-cinq hockeyeurs et hockeyeuses de toutes les provinces canadiennes et même des États-Unis sont réunis à Ottawa pour assouvir leur passion pour leur sport, mais aussi pour partager une expérience unique. Ils vivent tous quotidiennement avec le diabète de type-1.

Au camp D-Skate, ils s’inspirent de Max Domi et Cory Conacher qui ont surmonté cette maladie chronique pour atteindre la Ligue nationale de hockey. Ils sont aussi entourés d’une armée de spécialistes et de chercheurs dans le domaine pour recevoir des informations de qualité afin de mieux gérer leur situation.

Médaillée de bronze aux Championnats du monde de taekwondo en 2013 et combattante dans la Mixed Martial Arts (MMA), l’Ontarienne Dessi Zaharieva est également sur place toute la semaine. Docteur en kinésiologie à l’Université de York où elle se spécialise dans la recherche sur le diabète, elle est la preuve en chair et en os que les jeunes diabétiques peuvent atteindre leurs objectifs avec un peu de persévérance.

« J’avais sept ans quand on m’a diagnostiqué avec cette maladie. Au départ, je croyais que c’était la fin du monde, mais ça fait 23 ans que je vis avec le diabète et ça ne m’a pas empêché de poursuivre mes rêves. Quand j’étais jeune, je n’avais pas de modèle pour m’inspirer, encore moins chez les femmes. Je suis là pour montrer aux jeunes que tout est possible et qu’il y a de plus en plus de modèles à suivre », a dit l’athlète native de Mississauga.

Le cas Olivier Huot

Ancien choix de première ronde ronde dans la LHJMQ, le Gatinois Olivier Huot est parmi les coordonnateurs du camp D-Skate depuis trois ans. Pour la première fois, ce camp se tient à Ottawa. Pour lui, cet événement annuel est devenu un incontournable. Il a su qu’il avait le diabète quand il était d’âge pee-wee. Pendant sa courte carrière de hockey, il avait appris à se piquer sur le banc en plein match et dans le vestiaire entre les périodes pour mesurer son taux de sucre et faire des injections au besoin. Il aurait aimé participer à un camp semblable quand il était plus jeune.

« Je n’ai jamais eu d’amis avec le diabète. J’étais tout seul pour gérer ça. Ici, les jeunes forment une communauté. Ils apprennent énormément juste en se côtoyant, mais nous avons également des sessions vraiment intéressantes pour les parents et les enfants en plus de sauter sur la glace deux fois par jour et de tenir des entraînements hors glace deux fois par jour aussi. Plusieurs reviennent chaque année. Il y a des amitiés qui se forment pour la vie ici. »

Motivation retrouvée

Seul représentant de Gatineau à ce camp, Gabriel Roy évolue pour les Ambassadeurs bantam AA. Il participe au camp pour la première fois. Ici, il a rencontré Jean-Gabriel Pageau mercredi et il reçoit des conseils d’anciens joueurs de la LHJMQ comme François Brassard et Francis Desrosiers.

« C’est ma mère qui a insisté pour que je vienne à ce camp parce qu’elle me trouvait renfermé par rapport à cette maladie. Je ne connaissais personne d’autre de mon âge qui avait à vivre avec ça. Ici, j’ai trouvé plein de monde qui ont le même problème et ça m’a vraiment donné la motivation pour continuer à jouer au hockey. J’arrive à la maison fatigué le soir, mais j’apprends beaucoup et je peux encore rêver de jouer dans la LHJMQ. »

Ce rêve, c’est ce qui alimente Olivier Huot, ancien joueur vedette de l’Intrépide de Gatineau.

« Pour moi, le rêve de la LNH, c’est fini, mais pour eux, tout est encore possible. Quand j’étais bantam, Cory Conacher m’avait envoyé une rondelle. Sur celle-ci, il avait écrit que les rêves pouvaient devenir réalité », a dit celui qui avait abandonné le hockey à 17 ans pour se concentrer sur ses études en sciences de l’activité physique.

À 21 ans, il ne regrette pas son choix. « Je vais terminer mon baccalauréat cette année. Je vais pouvoir rester impliqué dans le sport autant que dans le domaine du diabète. »