Oliver Minatel

Un Brésilien à Ottawa pour se faire voir

S'il y a un joueur du Fury d'Ottawa qui a hâte de s'envoler vers la Floride lundi, c'est bien Oliver Minatel.
Le Brésilien de 21 ans a déjà joué au soccer en Hollande et au Portugal depuis le début de sa jeune carrière, mais il ne s'était jamais aventuré aussi loin vers le nord auparavant.
«Quand j'ai quitté le Brésil, il faisait 35°C. En débarquant à Ottawa en février, c'était -25°C. Je n'avais jamais eu aussi froid de toute ma vie», a raconté celui qui fera partie des joueurs vedettes du Fury cette saison.
La température glaciale n'a pas été la seule adaptation à laquelle a dû se soumettre celui qui évoluait en deuxième division au Brésil avant de se joindre à l'équipe d'expansion d'Ottawa. Avant de découvrir le tapis blanc qui recouvre la région, il n'avait jamais joué sur une surface synthétique comme celle du CBB.
«C'est très différent comme surface de jeu. Au début, j'ai eu de la difficulté à m'adapter à l'entraînement intérieur. L'air que l'on respire n'est pas la même. La vélocité du jeu est différente. Le jeu est plus lent. Les vents n'influencent pas le mouvement du jeu. Le ballon est toujours sec parce que le gazon n'est jamais mouillé», a-t-il expliqué à l'issue d'un entraînement au Complexe Branchaud-Brière (CBB) cette semaine.
Un diamant à l'état brut
Ce n'est donc pas pour le climat canadien qu'Oliver Minatel a accepté de se joindre au Fury. Le talentueux attaquant a déjà évolué en première division au Portugal malgré ses 18 ans. Il a vécu quelques moments de gloire en jouant dans de gros stades pendant les qualifications à la coupe d'Europe. À 21 ans, il demeure un diamant à l'état brut. À Ottawa, il veut se faire voir.
«Je suis d'abord ici pour aider l'équipe à gagner des matches. Il faut que le Fury impressionne dès la première année. Je crois que nous avons les qualités pour le faire. Si nous arrivons à gagner des matches, ça sera bon pour tous les joueurs qui veulent accéder au niveau supérieur. Passer au prochain niveau, comme la Major League Soccer (MLS), c'est un de mes objectifs.»
Minatel a déjà marqué un but dans chacun de ses deux premiers matches hors-concours avec le Fury. Celui qui l'a recruté, son entraîneur Marc Dos Santos, est convaincu que le jeune brésilien possède les outils pour évoluer au niveau supérieur.
«Pour un jeune joueur, il compte déjà beaucoup d'expérience en Europe et en Amérique du Sud. Les partisans vont découvrir un joueur doté d'une excellente éthique de travail. Il apporte beaucoup sur le plan offensif, mais il s'implique aussi dans le processus défensif.»
En acceptant de tester la North American Soccer League, Minatel a indiqué qu'il sentait un engouement envers le soccer sur ce continent.
«Le soccer prend de l'expansion en Amérique du Nord. Il commence à y avoir de gros marchés. De gros noms ont traversé l'Atlantique pour jouer ici. Les circuits nord-américains commencent à être reconnus à travers le monde. Si nous parvenons à nous faire un nom avec le Fury, de belles choses vont arriver aux joueurs de cette équipe.»
Comme l'équipe est complètement nouvelle, Minatel a hâte d'apprendre à mieux connaître ses nouveaux coéquipiers. Le départ vers la Floride, où 11 jours d'entraînement sont prévus avant le lancement de la saison printanière, arrive à point.
«Nous passerons deux semaines ensemble. Ça va être bon pour le rapprochement sans compter que ça sera plaisant de retrouver le gazon!» D'ici là, Minatel et ses coéquipiers disputeront un dernier match amical contre l'Université de Syracuse demain soir au CBB.