Catherine Traer a remporté le championnat canadien de basket-ball féminin avec les Ravens de Carleton, dimanche. En prime, l’athlète de Chelsea a mérité le titre de joueuse du match. Elle envisage maintenant une carrière sur la scène internationale.

Traer termine en championne

À un moment, Catherine Traer versait quelques larmes. Plus tard, elle souriait et criait sur le terrain.

La joueuse de basket-ball originaire de Chelsea venait de compléter sa carrière dans les rangs universitaires avec un point d’exclamation. Elle a aidé ses coéquipières des Ravens de Carleton à remporter le championnat canadien de basket-ball féminin, dimanche soir, à Régina.

Traer a récolté 21 points et 10 rebonds, deux sommets dans cette finale remportée 69-48 contre les Huskies de la Saskatchewan. Elle a été nommée joueuse du match.

« Je n’ai pas de mots pour décrire comment je me sens d’avoir gagné... C’était un de mes objectifs il y a six ans », a-t-elle dit, lundi, au lendemain de cette conquête.

À l’époque, l’ailière de 6’1’’ venait d’être recruté par Gee Gees d’Ottawa. Elle est passée dans le camp ennemi en 2016-2017 afin de poursuivre une maîtrise en sciences politiques.

Une décision qui n’avait rien de banal. Les Gee Gees se retrouvaient dans l’ADN des Traer.

Le papa Rick avait joué dans les années 1970 pour l’équipe masculine. Il est ensuite devenu un entraîneur adjoint.

Le frère Zach a aussi fait partie des Gee Gees.

« J’ai été chanceuse. Les joueuses des Ravens m’ont accepté tout de suite quand je suis arrivée. Je savais que je ne serais jamais triste », a relaté Catherine Traer.

À sa première saison à Carleton, ses nouvelles coéquipières et elle ont atteint la finale l’hiver dernier, s’inclinant contre McGill.

Le sort a voulu que ces deux équipes s’affrontent à nouveau samedi aux championnats canadiens. Cette fois-ci, Carleton a eu le dernier mot en demi-finale.

Une victoire de 46-44 obtenue sur un panier de deux points à la dernière seconde de... Traer.

« Je ne ressentais pas de pression. J’ai lancé le ballon en me disant si ça rentre, tant mieux. Et si ça ne rentre pas, il y a quand même la prolongation qui nous attend. Et j’avais confiance que nous aurions été capables de gagner. »

Les Ravens se sont pointés dans les Prairies avec l’étiquette de grandes favorites. Elles avaient été parfaites depuis l’automne, ne perdant aucune partie.

Traer a rappelé que les succès de la formation n’étaient pas liés à la performance d’une seule joueuse. « Quand les prix de fin de saison ont été dévoilés, aucune des filles ne se trouvait sur l’équipe d’étoiles au Canada », a-t-elle fait valoir.

« Ça prouve que ce n’est pas une ou deux filles que tu dois arrêter quand tu joues contre nous. Les cinq joueuses sur le terrain représentent une menace. »

À preuve, une réserviste, Cynthia Dupont, a inscrit 14 points en finale. Elle avait entamé le match décisif sur le banc. Cela ne l’a pas empêché finalement de jouer pendant 27 minutes.

Quant au titre de joueuse par excellence du tournoi, il a été remis à Elizabeth Leblanc.

Il s’agissait d’un premier titre canadien pour les Ravens. Une performance qui permet à l’équipe féminine de sortir de l’ombre de la formation masculine qui a collectionné les conquêtes depuis une quinzaine d’années.

« Nous sommes aussi forts que les hommes à Carleton, même plus aujourd’hui », a soutenu Traer.

« Je suis fière d’avoir joué pour cette équipe. »

Ce sera maintenant le temps des grands choix pour l’athlète de l’Outaouais.

« Je n’ai pas décidé encore si je vais continuer à jouer sur la scène internationale. C’est une option. »

Il y a des ligues professionnelles notamment en Allemagne, en Espagne, en Russie, en France et aux États-Unis. « Le Canada est un des seuls pays qui n’a rien pour les femmes », s’est désolée Catherine Traer, qui a gagné l’argent aux Jeux de la Francophonie en 2017 en Côte d’Ivoire.

Cette dernière a aussi porté les couleurs de l’équipe canadienne lors des derniers championnats du monde universitaires à Taiwan.