Germain Bisson a fondé le club de karaté CAMA en février 1985. Il est toujours animé de la même passion à former de futurs adultes, 35 ans plus tard. Plusieurs athlètes sont devenus champions canadiens et panaméricains au fil des ans.

Toujours fort et debout, 35 ans plus tard

Un mur du dojo est recouvert en partie de photos et statistiques relatant les exploits de ses meilleurs karatékas depuis le milieu des années 1980. Un petit rappel à quel point le club CAMA a été une pépinière de champions en Outaouais au fil des décennies.

Il y a Nicole Poirier «la combattante» et Roch Laflamme «le guerrier», qui a déjà terminé cinquième aux championnats du monde seniors. Plus loin, on remarque Roxanne Côté «l’explosive», Jennifer Guillette «la dynamique» et Btissama Essadiqi «l’intellectuelle».

Ce sont 124 athlètes qui ont participé aux championnats canadiens depuis les débuts de CAMA, qui a fêté ses 35 ans en février. Un anniversaire dont s’avère fier son fondateur et entraîneur-chef.

«J’avais 21 ans quand j’ai parti ça à l’époque avec une amie, Martine Bélanger», s’est rappelé Germain Bisson, mardi soir, après une séance d’entraînement.

«Nous avons commencé avec 25 à 30 membres. Le nombre est monté jusqu’à plus de 400 à un certain moment. Là, nous sommes environ 300. »

CAMA a élu domicile à quatre endroits différents au fil des décennies, dont l’école St-Jean-de-Brébeuf. Depuis sept ans, le dojo se retrouve dans un local à l’arrière de l’encan Larose dont le propriétaire est le beau-frère de Bisson.

Le fil conducteur à travers les ans? Le club a toujours eu pignon à Masson-Angers.

«Je suis un petit gars d’ici. J’ai grandi sur la rue St-Louis qui s’appelle maintenant la rue des Servantes. J’habite maintenant de l’autre bord de la «track de train» (...) Je suis très attaché à Masson, à la ville de Gatineau.»

Bisson a toujours caressé le rêve «de vivre du karaté». «J’avais dit ça à un de mes instructeurs quand j’avais 16 ou 17 ans. Il s’était mis à rire en disant que personne ne gagnait vraiment sa vie de ça dans la région», s’est-il souvent.

Détenteur d’un baccalauréat en administration, le quinquagénaire s’avère fier de la longévité de son club. L’endroit où il a rencontré celle qui allait devenir sa conjointe et partenaire dans cette aventure du karaté, Lyne Laroche. Le couple a eu trois enfants qui ont tous baigné dans ce sport.

Ce qui arrache un sourire au père de famille? Le parcours de ses élèves.

«L’objectif premier demeure encore le même, 35 ans plus tard. Je veux former de jeunes adultes accomplis qui vont croire dans l’avenir. Ce sont nos leaders de demain, dit-il.

«Btissama est devenue cardiologue. Nous avons plusieurs athlètes qui sont devenus policiers. Je pense à Kamille Desjardins qui s’est souvent retrouvé dans les journaux pour le karaté. D’autres sont devenus ingénieurs, administrateurs et professeurs d’école.»

La plus belle reconnaissance?

«C’est quand les athlètes que j’ai eus comme Roch décident d’amener leurs enfants. C’est un vote de confiance. C’est comme s’ils me disent: donne-leur ce que tu m’as déjà donné.»

Bisson déborde de souvenirs. Comme une des premières compétitions du club.

«On était super content d’aller à Val-d’Or. Aujourd’hui, on se promène un peu partout dans le monde. On a visité 42 pays. La compétition a pris beaucoup de place, mais ça reste juste un passage.»

Le coach montre l’exemple de Laflamme, qui continue de se pointer au dojo même s’il a délaissé les championnats depuis une dizaine d’années. Il est maintenant entraîneur, à l’image de plusieurs autres anciens élèves.

«Germain, c’est le meilleur entraîneur au Canada, lance Laflamme, qui était parmi les premiers athlètes de CAMA. C’est un rassembleur. Il a toujours eu le tour de sortir le meilleur de nous. Il avait même parfois plus confiance en moi que j’avais confiance en moi-même. J’ai battu des athlètes bien meilleurs que moi parce qu’il me donnait de l’énergie en étant sur les lignes de côté.»

Un autre qui s’entraîne toujours au dojo, 35 ans plus tard? Jean Quevillon, un ami d’enfance de Bisson.

«Germain a un grand charisme. Il sait toujours trouver une façon de motiver tout le monde, que ce soit les jeunes, les vieux, que tu fasses de la compétition ou pas. Il se préoccupe toujours de ton bien-être. Il va te mettre un sourire au visage.»