Les Vikings de Casselman miseront sur 13 nouveaux visages dans la défense de leur titre.

Sixième coupe de suite pour les Vikings ?

Indélogeables depuis cinq ans au sommet de la hiérarchie de la Ligue de hockey junior B de l’Est ontarien (CCHL2), les Vikings de Casselman pourront-ils pousser l’audace à ajouter un sixième championnat consécutif ?

Les 15 autres clubs de la ligue feront tout ce qui est possible pour les empêcher de réaliser cet exploit inédit dans l’histoire du circuit né en 1967. « Juste à regarder Twitter, on voit bien que nous sommes l’ennemi à abattre. Tout le monde veut notre peau. Tout le monde nous déteste, mais ce n’est pas grave. Nous sommes prêts à vivre avec ça », a avancé le directeur général du club Raymond Lavergne.

Les Vikings ont lancé leur saison 2018-19 avec trois victoires en quatre matches, mais pour une rare fois, ils ne seraient pas les favoris pour parader avec la coupe Barkley. Le Canadien junior d’Ottawa, dernier club à avoir remporté la coupe avant le règne de cinq ans des Vikings en 2013, a amorcé sa saison en gagnant ses cinq premiers duels.

« Tout le monde dit que le Canadien est le meilleur club de la ligue sur papier. Ils ont une équipe à maturité. Nous allons jouer contre eux jeudi. Nous allons voir où nous en sommes et faire les ajustements à partir de là », a indiqué Lavergne, qui a vu partir une douzaine de joueurs de sa dernière édition championne.

Un de ceux-là, Danyk Drouin, a fait le saut dans la Ligue de l’Ontario (LHO) avec les Generals d’Oshawa. « Nous sommes fiers de ce garçon de Casselman. Il mérite pleinement ce qui lui arrive. C’est le deuxième joueur en quatre ans qui passent de chez nous à la LHO après Oliver Castleman (Niagara). Personne d’autre dans la ligue n’a pu faire ça. »

Il y a 13 nouveaux visages chez les Vikings cette saison. C’est énorme pour cette franchise habituée à construire ses succès autour de ses vétérans. « Nous sommes censés être dans une année de reconstruction, mais nous visons plus haut que ça. Nous sommes contents des joueurs que nous avons. Nos quelques vétérans devront montrer du leadership sur la glace autant qu’à l’extérieur. Nous n’en avons pas beaucoup. Certains ont été excellents, d’autres non. Ils devront se réveiller s’ils ne veulent pas avoir de mauvaises surprises. À mon âge, j’ai moins de patience ! »

L’édition actuelle des Vikings sera menée par le capitaine Brady Cloutier ainsi que les vétérans Joel Hunt, Yanick Dicaire, Jason Cossette, Shane Spencer et Gabriel Rousselle.

Alexandria et Embrun

Ailleurs dans les équipes de l’Est ontarien à forte présence francophone, les Glens d’Alexandria (2-2-0) devraient faire partie de l’élite, surtout qu’ils comptent sur Mikael Gibeault, un des meilleurs marqueurs naturels de la ligue. La défensive, menée par Nicholas André, sera redoutable et le gardien Nicolas Rousseau est précédé d’une bonne réputation.

De leur côté, les Panthères d’Embrun (0-3-1) risquent d’avoir plus de difficulté que l’année dernière où ils avaient surpris plusieurs observateurs après avoir fait le saut du junior C au junior B. Plus de la moitié de leurs joueurs sont allés jouer ailleurs cette saison, dont quelques-uns au niveau junior C. Ils ont six nouveaux défenseurs et aussi deux nouveaux gardiens.

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DUR LENDEMAIN DE VEILLE POUR LES PETITS SÉNATEURS

Dans le cycle perpétuel du hockey junior, il y a un prix à payer après trois présences consécutives en finale.

Champions de la Ligue centrale junior A (CCHL) en 2018 après avoir été finalistes en 2016 et 2017, les « petits » Sénateurs d’Ottawa amorcent une période de transition cette année. L’entraîneur-chef Martin Dagenais peut déjà sentir les effets de la perte de 14 de ses 23 joueurs champions des coupes Bogart et Fred-Page puisque la CCHL a lancé ses activités il y a trois semaines.

Malgré des signes encourageants au cours des derniers matches, les Sénateurs montrent un dossier de 3-4-0 après sept matches.

« J’ose espérer que nous allons nous battre pour obtenir l’avantage de la patinoire au premier tour des séries (positions 1 à 4), mais compte tenu de tous nos nouveaux visages, nous aurons plus de chances de finir autour de la 5e ou 6e place. Notre équipe était vieille l’an dernier après trois participations consécutives en finale. On se retrouve maintenant dans la moyenne d’âge de la ligue. Je sais que nous allons nous améliorer, mais il va falloir être patient », a mentionné Dagenais, dont l’équipe a perdu ses quatre matches par la marge d’un seul but (en excluant les filets déserts) jusqu’à présent.

S’il y a un endroit où les Sénateurs n’auront pas à s’inquiéter, ce sera devant le filet avec le retour de Francis Boisvert que Dagenais considère comme un des meilleurs de la ligue.

« Nous avons du travail à faire en défensive. Adrien Bisson sera notre général. Notre attaque va passer par Darcy Walsh et Élie Boulerice (de Casselman). Ethan Manderville est un autre gros morceau. Samuel Hatto (l’ancien des Olympiques) va nous aider même s’il peut en donner un peu plus », a ajouté Dagenais au sujet de Hatto, qui a récolté sept points en sept matches.
Comme c’est souvent le cas, les Canadians de Carleton Place (6-2-1) convoiteront à nouveau le championnat de la saison régulière. Les Hawks de Hawkesbury (6-1-0) semblent partis pour leur faire une chaude lutte. À la recherche d’un premier titre depuis 2006, ils misent sur le retour de plusieurs vétérans et ils ont fait du bon recrutement. Jérémie Lavallée et Luke Grainger, deux Québécois qui arrivent d’écoles américaines, sont déjà les meilleurs compteurs du club.

À Rockland, les Nats (4-5-1) ont une équipe très jeune avec 11 joueurs de 16 ou 17 ans. Ils devraient occuper la deuxième portion du classement, mais ils auront un solide noyau pour faire du bruit dès la saison prochaine.

À Cornwall, les Colts (2-6-0) vont devoir se battre pour une place dans les séries et ce sera la même chose à Navan où les Grads (2-7-1) sont en probation après avoir joué sous la barre de ,250 l’an dernier. S’ils devaient gagner moins de 25 % de leurs matches pour une deuxième saison consécutive, les gouverneurs de la ligue auraient le droit de racheter le club pour le dissoudre ou le déménager. Les Grads n’ont jamais gagné une série éliminatoire depuis leur entrée dans la ligue en 1991.

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JUNIOR C : DEUX CLUBS DE MOINS

Les champions de la Ligue de hockey junior de la capitale nationale (junior C) ne défendront pas leur titre cette saison. Les Vikings de Papineau ont fermé boutique après avoir été achetés par un groupe de Stittsville qui a décidé de se donner un an avant d’intégrer le circuit. La fermeture de l’aréna de Papineauville aura sonné le glas de cette équipe sans domicile fixe. Pendant la dernière finale de la ligue, les Vikings avaient dû disputer leurs matches locaux dans quatre amphithéâtres différents. Le Hull-Volant de Gatineau sera donc la seule formation québécoise de ce circuit qui comptera 10 équipes en 2018-19, soit deux de moins que l’année dernière.

Les équipes de Blackburn et Cumberland ne sont également pas de retour. Ces derniers (les Bandits) ont préféré se concentrer sur la nouvelle Ligue senior A de l’Outaouais. Une équipe de West Carleton fera toutefois ses débuts dans le circuit qui compte toujours des franchises à Vanier (Bytown), Vankleek Hill, St-Isidore et Clarence notamment. Ces deux derniers, les Castors et les Aigles, ont d’ailleurs remporté leurs premiers duels de la saison la semaine dernière.