L’entraîneur franco-ontarien Patrick Marcil, en compagnie de son combattant Dave Leduc
L’entraîneur franco-ontarien Patrick Marcil, en compagnie de son combattant Dave Leduc

Sifu Patrick Marcil: le faiseur de champions

Dans un coin de ce dojo de la rue Notre-Dame, il y a une cage d’arts martiaux mixtes. Plus loin, on retrouve un mur tapissé de coupures de journaux qui relatent les exploits des élèves qui ont défilé depuis deux décennies.

Dave Leduc est devenu une vedette en Asie. Il possède plusieurs titres de champion du monde de lethwei, considéré un des sports les plus violents au monde. Tous les coups sont permis, que ce soit avec la tête, les coudes ou les genoux.

Puis il y a Marc-André Barriault, qui vient de récolter sa première victoire dans un octogone de l’UFC. C’est sans compter quelques écrits sur des espoirs que sont Serge Dancos, Zackery Powell et Isaac Blais, tous âgés de la jeune vingtaine.

Ces combattants partagent le même entraîneur. Sifu Patrick Marcil est un des secrets les mieux gardés de la scène sportive des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Le Franco-Ontarien de Casselman a fondé l’école d’arts martiaux Patenaude de Gatineau en 1998 à l’âge de 22 ans.

Un père de deux jeunes filles qui forme des champions.

L’entraîneur d'arts martiaux mistes, Patrick Marcil

Un homme qui rêvait déjà sur les bancs de l’école secondaire catholique de gagner sa vie plus tard dans les arts martiaux. Un sport qui lui aura aussi permis de rencontrer sa femme Christine. « On faisait partie de la même classe d’enfants au club à Casselman. J’avais neuf ans, elle en avait cinq», relate Marcil.

Et son coach était Jacques Patenaude. Le papa de sa future conjointe. Un individu qui a marqué sa vie par ses enseignements, mais aussi sa personnalité.

La photo de son défunt beau-père est bien présente dans le bureau au dojo.

« Mon intensité vient de lui. Il était aussi très perfectionniste. Il demandait l’excellence de sa famille. Il n’y avait pas de deuxième place. Je suis la même chose avec les gars ici », dit-il.

« Je leur dis que ce n’est pas un jeu quand tu vas te battre. Ça ne finit pas comme une partie de tennis ou de badminton où tu n’es pas couché à terre avec la face déformée ou pire à l’hôpital. Tu mets ta santé en jeu chaque fois. Donc, battez-vous avec intensité et la même discipline que vous démontrez à l’entraînement. »


« Faire de l’entraînement intense comme ça avec son coach, je n’ai pas vu ça ailleurs. »
Marc-André Barriault

Le mot intensité reviendra souvent dans la discussion. Autant avec lui que ses deux protégés les plus connus.

« Il met encore les gants avec nous à l’entraînement, souligne Leduc, qui le connaît depuis plus d’une décennie. Je n’ai pas peur de dire qu’il me brasse encore ! J’ai 28 ans et lui il en a 45 ans. Il serait capable de donner du fil à retordre à beaucoup de monde. »

Ce que confirme Barriault, qui compte quatre combats dans l’UFC.

« Il m’a déjà donné une volée ! Faire de l’entraînement intense comme ça avec son coach, je n’ai pas vu ça ailleurs. Et j’ai eu la chance de me promener un peu partout. Je lui ai déjà dit que j’aimais ça, que c’était important pour moi qu’il me fasse sentir et subir ce qu’il veut que je fasse. Il a tout mon respect. »

À quel point Barriault croit-il en Marcil ? Établi à Québec depuis plusieurs années, il est revenu pendant trois semaines à Gatineau, le mois dernier, afin de préparer son récent combat au Nevada. Puis il tenait à l’avoir dans son coin lors de son affrontement pour le guider vers la victoire.

Même discours pour Leduc, qui se trouve en Outaouais depuis janvier.

« Pour être plus proche de sifu, je me suis acheté un condo sur le Plateau. J’étais à Chypre où j’ai une maison. Mais je sentais le besoin de revenir pour avoir accès au meilleur entraîneur possible. »

Le champion décrit son coach comme « une encyclopédie qui connaît toutes les techniques d’arts martiaux mixtes ». Un type qui lui a fait découvrir le lethwei en lui montrant des vidéos sur YouTube. Une personne qui lui a enseigné à « devenir imprévisible dans l’arène », de « se fier surtout à ses instincts et toujours demeurer agressif ».

L’entraîneur de Casselman Patrick Marcil a fondé l’école d’arts martiaux Patenaude de Gatineau.

Patrick Marcil répond avoir appris à la bonne école. Que son entraîneur à l’époque tenait à ce que ses élèves deviennent des combattants complets, à maîtriser tous les styles possibles, notamment du judo à la boxe thaï et la lutte.

« J’ai grandi à être capable de donner un coup de pied, un coup de poing ou à me battre au sol. À utiliser n’importe quoi qui peut fonctionner. »

Ce dernier a été brièvement combattant au début des années 2000. « Quand les arts martiaux mixtes étaient connus comme des combats extrêmes. Quand c’était moins structuré que maintenant. Quand c’était moins payant aussi », note-t-il en riant.

« J’ai été payé 100 $ pour le premier combat et 400 $ pour le second. »

Ce fut assez pour le convaincre d’arrêter, se concentrer sur sa famille et son école à Gatineau. On peut le trouver aussi quelques jours par semaine à l’école de sa belle-famille à Casselman.

« J’ai un grand amour des arts martiaux mixtes. Je veux partager. Je suis là pour aider autant les gens qui veulent devenir champion du monde ou ceux qui veulent perdre un peu de poids ou retrouver confiance en eux-mêmes. Tous les buts sont importants. »