Le Norvégien Petter Soleng Skinstad et l’Aylmerois Dominique Moncion-Groulx se sont livré une chaude lutte lors de la 40e édition de la Loppet.

Or norvégien à la Loppet

Son papa Age avait participé, il y a trois décennies, à la Gatineau Loppet. Le plus grand événement de ski de fond au Canada s’appelait à l’époque la Gatineau 55.

« Il n’avait pas gagné. Nous lui avions promis que nous étions pour y participer à notre tour et finir ce qu’il avait commencé », a confié Petter Soleng Skinstad, grande vedette de la 40e édition de la Loppet disputée le week-end dernier dans le parc de la Gatineau. Le skieur de fond norvégien n’a pas seulement remporté le 51 km libre dimanche. Il en avait fait de même la veille lors de l’épreuve de 51 km de style classique.

En prime, son frère Maarten avait terminé non loin de lui en troisième place.

« Ça m’a surpris. Il est plus jeune que moi et c’est avant tout un sprinteur, et non un gars de longue distance », a relaté l’aîné des Soleng Skinstad.

Ce dernier a fêté son doublé en compagnie de plusieurs amis qui l’attendaient à l’arrivée. Mais le paternel, qui a dirigé la fédération norvégienne de ski de fond pendant neuf ans, n’était pas sur place.

« Il est à PyeongChang dans un rôle d’analyste à la télé pendant que nous sommes ici à skier », a soutenu Petter Soleng Skinstad.

Sa victoire la plus spectaculaire aura été celle en style libre. Seulement deux secondes le séparaient du favori local, Dominique Moncion-Groulx. Le fondeur d’Aylmer se trouvait en Europe le mois dernier où il a participé à des épreuves du circuit de la Coupe du monde.

« J’aurais bien aimé gagner et toucher plus d’argent... Tu connais la réalité des athlètes amateurs », a lancé, sourire en coin, Moncion-Groulx.

L’athlète âgé de 24 ans était quatrième avant de grimper au deuxième rang lors du dernier virage. « Je pensais alors avoir de bonnes chances au sprint, mais mes jambes ont crampé. Je me suis dit à ce moment-là : reste sur tes skis ! »

Le champion en titre et ancien membre de l’équipe canadienne, Andy Shields, a terminé troisième. La veille, il avait pris le second rang entre les frères Soleng Skinstad.

Chez les femmes, l’Albertaine Zina Kocher a remporté la couronne du 51 km libre, devançant notamment la Gatinoise Véronique Fortin, médaillée de bronze. La Tchèque Kamila Borutova a été la plus rapide samedi sur la même distance, mais en style classique. Annie Jean, de Chelsea, avait la meilleure skieuse locale en prenant le quatrième rang.

Certaines des courses à l’horaire pendant les deux jours de la Loppet se sont déroulées au-dessus du point de congélation.

« Nous avons l’occasion de participer à plusieurs courses de ski de fond. Les conditions de courses ont été parmi les meilleures que nous avons vues », a soutenu Maarten Soleng Skinstad.

Un commentaire que son frère et lui ont répété aux organisateurs. Le président de la Gatineau Loppet, Claude Laramée, a tenu à rendre hommage notamment aux préposés à l’entretien des pistes qui ont travaillé de longues heures dans la nuit de vendredi à samedi. Même chose le lendemain.

« Nous avons encore une journée ensoleillée. Il ne fait pas trop froid. Nous avons de bonnes conditions... Nous avons une neige qui est rapide pour la technique libre. Nous ne pouvons pas demander mieux. Tout le monde est content », a soutenu Laramée.

Au total, plus de 2300 personnes ont participé à la dizaine d’épreuves au menu de la Gatineau Loppet.

DU SKI DE FOND À ROI DE LA RAQUETTE

Appelez-le « La Machine ».

Maxime Leboeuf a commencé son dimanche à la Gatineau Loppet en se tapant le 51 km de style libre, terminant au pied du podium en quatrième position. Deux heures après avoir skié, il a été courir dans la neige.

L’analyste financier à la Banque du Canada a pris le départ des championnats canadiens de raquette. Une course de 10 km qu’il a gagnée.

Pas moins de 93 personnes ont participé aux championnats canadiens de raquette présentés ce week-end pour la première fois pendant la Gatineau Loppet.

« J’avais un peu d’énergie encore dans les jambes pour faire de la raquette... Puis la raquette, c’est ma force », a rappelé l’ancien membre de l’équipe nationale de biathlon.

Leboeuf a gagné les championnats du monde de raquette en 2015 à Québec. Ajoutez à cela que le Hullois âgé de 30 ans se tape des triathlons d’hiver.

La petite bedaine de bière, ce n’est pas pour lui.

L’été, on le voit courir sur le bitume. Il a réalisé le troisième meilleur temps canadien, il y a trois ans, au Marathon de Boston.

« Une heure en raquette passe tellement vite... tu as l’impression que c’est 20 minutes », a soutenu Leboeuf, qui se tape des courses de sentier durant l’été.

« La raquette, c’est l’équivalent de ça l’hiver. »

Sa conjointe Marika Laprise-Mougeot pratique aussi ce sport. Elle a été couronnée vice-championne nationale chez les femmes. Tout ça en présence de fiston Éli, âgé de seulement cinq mois.

« Ce n’est pas parce que j’ai fait deux courses que lui va dormir aussi bien que moi la nuit prochaine », a lancé en riant Maxime Leboeuf.

Ce sont 93 personnes qui ont participé aux championnats canadiens de raquette présentés pour la première fois pendant la Gatineau Loppet.

« C’est notre meilleur taux de participation pour une édition au Québec », a soutenu le président de Raquette Canada, David Robinson.

« Certaines des personnes que tu vois ici participeront aux prochains championnats du monde en Espagne », a-t-il ajouté.

Ce dernier a rappelé que la pratique de ce sport a beaucoup évolué dans les dernières décennies. À commencer par l’équipe.

Finies les raquettes en bois et babiche. « La nouvelle génération est faite en aluminium et en composite », a souligné Robinson en montrant la paire accrochée à ses pieds.

« Ça ne pèse que quelques livres et ça peut te coûter entre 200 et 300 $. »

Ce n’est pas la première année que la Gatineau Loppet tient des courses de raquette, a rappelé le président du comité organisateur, Claude Laramée. Mais jamais auparavant l’élite nationale ne s’était donné rendez-vous en Outaouais.

Des épreuves en vélo sur neige ont aussi été disputées durant le week-end. « Nous avons des gens qui ont fait les trois... le ski de fond, la raquette et le fat bike », a indiqué Laramée.