Jean Michel Ménard a mené son quatuor à un sixième championnat québécois de curling masculin, hier, le jour de son anniversaire de surcroît.

Ménard égale un record

Jean-Michel Ménard possédait trois bonnes raisons de célébrer, hier, en Abitibi.
Son quatuor venait de remporter à nouveau le championnat québécois de curling masculin qui se déroulait depuis huit jours à Val-d'Or. Du même coup, le père de famille d'Aylmer a égalé le record du plus grand nombre de titres provinciaux par un skip, une marque détenue par Jim Ursel, qui avait gagné six fois de 1974 à 1980.
Mais surtout, c'était son anniversaire.
Ménard a fêté ses 38 ans sur une glace de curling, son terrain de jeu de prédilection.
«C'était la première fois que je jouais une finale des championnats le jour de ma fête. Habituellement, ce tournoi se déroule au début du mois de février. En raison des Jeux olympiques, il a été devancé cette année, a-t-il raconté au bout du fil.
«C'est le fun mais en même temps, c'est stressant. Tu veux vraiment connaître une bonne journée lors de ta fête!»
Son dimanche avait pourtant mal commencé.
Ses coéquipiers Martin Crête, Éric Sylvain, Philippe Ménard et lui ont peiné à atteindre le match ultime. En demi-finale, ils ont eu besoin de trois points au 10e et dernier bout pour vaincre le quatuor de Mike Fournier, l'emportant 7-6.
«Honnêtement, ce fut une drôle de journée. En demi-finale, rien ne fonctionnait. Nous avions eu deux chances de mettre le clou dans le cercueil de l'autre équipe. À un certain moment, nous pouvions prendre trois points. Nous avons dû nous contenter d'un point. Lors d'un autre bout, une de mes pierres a pogné une cochonnerie sur la place. Nous étions destinés à perdre...
«Ce fut le jour et la nuit en finale par rapport à ce qui s'était passé le matin. Tout a cliqué. Tous les gros shots, on les réussissait.»
Renouer avec le Brier
Ménard et sa bande ont eu le meilleur 7-4 en neuf bouts contre l'équipe de Philippe Lemay, de Trois-Rivières, dans cette partie pour le titre québécois. C'était le troisième affrontement entre ces deux quatuors en trois jours.
Lemay était sorti victorieux les premières fois par des pointages de 6-1 et 10-6.
«Le score était représentatif des parties. On s'était fait geler, a reconnu Ménard en riant.
«Mais en finale, chaque fois que nous avions besoin d'un gros coup, on l'a eu. Ça mine la confiance de l'adversaire.»
Ce gain lui permet de renouer avec le Brier, qui se déroulera du 1er au 9 mars à Kamloops. Un championnat canadien qui a déjà été son affaire en 2006, année qu'il avait été aussi couronné vice-champion du monde.
«Ça vient de plus en plus difficile de le gagner le Brier», a reconnu Ménard, dont la formation a terminé sixième l'an dernier à Edmonton.
Mais il avoue que la donne pourrait changer cette fois-ci.
«C'est une année olympique. Toutes les grosses équipes se sont défoncées avant les Fêtes pour essayer de se qualifier pour aller aux Jeux.»
Jean-Michel Ménard en sait quelque chose. Sa conquête du Brier s'est justement produite quelques semaines après les JO de Turin, il y a huit ans.