Mélodie Collard a mené la vie dure à Leylah Annie Fernandez dans un match des huitièmes de finale du Challenger de Saguenay jeudi après-midi, mais la championne du Challenger de Gatineau s’est imposée en deux manches de 6-4 et 6-3. Collard et Fernandez ont ensuite gagné leur match en double pour atteindre la demi-finale.

«L'immobilisme» de Gatineau nuirait à Mélodie Collard, selon son entraîneur

Loin de chez elle, mais au royaume de ses grands-parents, Mélodie Collard a reçu l’accueil d’une reine cette semaine au Saguenay.

Parce que le « sang bleuet » de son père Denis coule dans ses veines, la Gatinoise de 16 ans a d’abord procédé à la mise en jeu protocolaire du match des Saguenéens de Chicoutimi vendredi dernier. Saguenéenne d’adoption, elle a contribué à remplir les estrades et les loges du Challenger de Saguenay où elle a goûté à sa première victoire professionnelle en simple tout en signant ses deux premières victoires en double avec sa partenaire Leylah Annie Fernandez.

L’étoile montante du tennis québécois a toutefois mis fin au parcours en simple de Collard jeudi après-midi en s’imposant en deux manches de 6-4 et 6-3, mais l’adolescente de Gatineau a tenu son bout.

C’était 4-4 en première manche et elle avait pris une avance pour briser le service de Fernandez, mais l’expérience de la Lavalloise lui a permis de se ressaisir et de partir avec la manche.

Débordant de fierté envers sa protégée qui ne cesse d’accumuler les pas de géants en 2019, Mathieu Toupin a quand même tenu à se vider le cœur jeudi.

« Je suis fier et frustré en même temps par ce qui se passe. Mélodie est de Gatineau, mais elle reçoit plus d’attention au Saguenay où les gens l’ont tout de suite adopté parce que son père est né ici. Les gens sont fiers d’elle. Le tournoi compte sur de gros commanditaires et ils ont deux fois plus de loges que nous avions à Gatineau. Leylah Fernandez a été présentée comme la championne du Challenger de Gatineau et Françoise Abanda comme une demi-finaliste à Gatineau, mais parce que notre région n’a pas réagi, Mélodie n’aura jamais la chance de gagner ce tournoi. Je suis prêt à accepter la mort du Challenger de Gatineau, mais je n’accepterai pas que le rêve de Mélodie soit compromis par le climat d’immobilisme à Gatineau... »

Mathieu Toupin dit avoir été critiqué pour ne pas avoir lancé d’alerte avant d’annoncer la fin du Challenger de Gatineau il y a quelques semaines. Il n’a clairement pas l’intention de répéter la même erreur envers la 40e raquette mondiale chez les juniors.

« Soyons clairs, Mélodie reçoit de l’aide. Construction Gérik lui a même offert 5000 $ cette année, mais mon téléphone devrait sonner devant tous ses succès. Ce qu’elle a fait cette année, c’est de l’inédit à Gatineau. Ce n’est pas normal que je doive courir après les commandites. Gatineau a besoin d’une locomotive comme Mélodie. Elle doit être une source de fierté. Elle va donner confiance à un paquet d’athlètes. Nous avons une jeune fille qui pourrait aller au centre national d’entraînement à Montréal, mais elle choisit de rester à Gatineau parce qu’elle est entourée d’une superbe équipe pour poursuivre sa carrière internationale. »

Non seulement Mélodie Collard a du talent, mais elle s’implique elle-même dans sa communauté en donnant des conférences dans des écoles et en se prêtant à toutes les activités caritatives possibles.

Elle va redonner

« Mélodie est une athlète de calibre international et je suis convaincu qu’elle va finir par redonner à sa communauté quand elle n’aura plus besoin d’aide. Ça serait son genre de faire construire un centre de tennis de première classe à Gatineau ou de lancer un programme pour aider les jeunes joueurs de tennis comme le fait Félix Auger-Aliassime. »

En attendant des appuis moins timides, Mélodie Collard va poursuivre son tournoi en double vendredi où elle est rendue en demi-finale.

Lundi prochain, elle obtiendra son premier classement professionnel de la WTA grâce aux huit points acquis avec sa victoire en simple. En double, elle est assurée de 29 points. Elle mettra aussi la main sur son premier chèque chez les professionnelles. Il sera d’une valeur minimale de 1353 $ US, ce qui couvrira à peine les frais de sa semaine au Saguenay avec son entraîneur.