La piste de BMX du parc Gilles-Maisonneuve, dans le secteur Masson-Angers, a été construite à l’occasion des Jeux du Québec de 2010.
La piste de BMX du parc Gilles-Maisonneuve, dans le secteur Masson-Angers, a été construite à l’occasion des Jeux du Québec de 2010.

L’héritage inattendu des Jeux du Québec de 2010 [PHOTOS]

Gatineau accueillait les Jeux du Québec pour seulement la deuxième fois de son histoire en 2010. Que reste-t-il, une décennie plus tard, du passage de cette compétition multisports qui a attiré près de 4000 athlètes en Outaouais pendant dix jours ?

Chef de mission de la délégation outaouaise à l’époque, Guy Arcand croit que les retombées ont été nombreuses. D’abord au chapitre du sentiment d’appartenance au sein de la population.

« Le timing était intéressant de présenter les Jeux du Québec. C’était la première fois pour Gatineau de réaliser quelque chose de majeur depuis la fusion », fait-il valoir au sujet du mariage forcé des anciennes villes de Hull, Aylmer, Gatineau, Buckingham et Masson-Angers, huit ans auparavant.

« Il y avait encore de la tension et des divergences dans divers secteurs jusqu’à ce moment-là », rappelle-t-il.

Un léger surplus de 20 000 $ avait aussi été réalisé par le comité organisateur des Jeux de 2010, dont le budget d’exploitations avait atteint 5,4 millions $. La somme avait été remise au Centre de développement du sport de Gatineau qui est devenu aujourd’hui Excellence Sportive Outaouais.

À LIRE AUSSI: Ces Jeux qui ont produit des vedettes féminines

> Jeux du Québec à Gatineau: dix jours fertiles en émotions

Mais l’impact le plus important s’est fait ressentir au chapitre des plateaux de compétitions qui servent toujours.

Oui, l’ouverture du centre sportif a coïncidé avec le début des Jeux du Québec. Mais la construction de l’édifice qui regroupe une piscine aux dimensions olympiques, des tours de plongeon, une immense palestre et son triple gymnase était déjà prévue, que Gatineau accueille le reste du Québec ou pas.

D’autres sites ont été retapés. Du parc Sanscartier à la piste d’athlétisme Mont-Bleu.

Mais le plus gros héritage physique de ces Jeux ? On le retrouve dans le secteur Masson-Angers. Plus précisément au parc Gilles-Maisonneuve où une piste de BMX avait dû être construite pour l’été 2010.

La piste de BMX du parc Gilles-Maisonneuve, dans le secteur Masson-Angers, a été construite à l’occasion des Jeux du Québec de 2010.

La facture s’était élevée à plus de 300 000 $.

« Je ne cacherai pas que l’une de mes plus grosses craintes, c’était que ça devienne un éléphant blanc, que rien ne se passe dessus une fois les Jeux terminés », avoue Guy Arcand.

Tout le contraire s’est produit. La piste en terre battue n’a jamais servi autant depuis dix ans. Le nombre de membres du club BMX Gatineau est passé de 57 à 159 de 2011 à 2019.

« On parle d’une augmentation de 179 % », souligne le porte-parole de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), Carl Vaillancourt.

La piste de BMX de Gatineau n’a jamais servi autant depuis dix ans.

Le club aimerait poursuivre sa croissance, mais elle se bute à un heureux problème. « Nous pourrions monter jusqu’à 200 membres, mais il nous manque des plages horaires », explique le président de BMX Gatineau, Jean Côté.

« La piste n’est pas éclairée comme c’est le cas pour les terrains de baseball. »

Des discussions ont eu lieu avec la Ville de Gatineau afin de doter l’endroit de lampadaires. « Ça permettrait d’attirer des gens jusqu’à 21 h 30-22 h chaque soir », indique Côté.

Trois courbes de la piste de BMX de Gatineau ont été asphaltées l'été dernier.

Des travaux importants ont été effectués sur la piste, l’été dernier. Trois courbes ont été asphaltées. Une nouvelle ligne plus technique a aussi été ajoutée au tracé.

Rehausser le départ et retaper quelques autres lignes existences font partie de la liste de souhaits.

« Même quand le club ne se sert pas de la piste, tu vois toujours 10 à 15 personnes rouler dessus », mentionne Jean Côté.

« Le fait que des jeunes pratiquent encore le BMX, que la piste sert autant, c’est un des éléments intéressants des Jeux, dix ans plus tard », ajoute pour sa part Guy Arcand, qui est aujourd’hui directeur du service des loisirs à la Ville de Windsor, en Estrie.

Sa consœur dans le même rôle à la Ville de Québec est Marie-Hélène St-Onge. Cette dernière était la directrice générale du comité organisateur des Jeux du Québec de 2010, à Gatineau.

Un événement qui a conservé une place dans son cœur. « Ce qui me revient en tête en premier, c’est comment la population s’est approprié les Jeux », dit-elle.

« Nous avions eu 5000 bénévoles. Je n’ai pas vu ça ailleurs. Les employés municipaux s’étaient aussi beaucoup engagés. Tu pouvais vraiment sentir une belle mobilisation du milieu. »

Le nombre de membres du club BMX Gatineau est passé de 57 à 159 de 2011 à 2019.

St-Onge a rappelé que divers organismes sportifs ont pu profiter de ces Jeux. « Tous les équipements qui avaient été achetés parce que Gatineau n’en possédait pas ont été légués par la suite. Je pense notamment à la voile, aux embarcations qui ont été achetées », énumère-t-elle.

« Puis les Jeux ont permis de former un club de BMX qui est très actif. Il n’y en avait pas avant les Jeux. »

L’entrevue avec l’ancienne DG de Gatineau 2010 s’est terminée avec une question au sujet des deux mascottes de l’événement. Qu’est-il arrivé de Camille l’espadrille et Simon les crampons ?

« Aux dernières nouvelles, elles se trouvent dans les entrepôts du service des loisirs et des sports, tout comme le soleil qui était la mascotte des Jeux de 1981. Nous l’avions notamment réutilisé pour un événement. »