Le Gatinois Danny Pion s’est exilé en Colombie-Britannique et au Manitoba avant de revenir à Ottawa cette saison.

Le long détour d’un Gatinois vers les Sens

Il était de l’autre côté de la rivière à Masson-Angers, mais Danny Pion a emprunté le plus grand détour pour aboutir chez les Sénateurs d’Ottawa où il s’est glissé dans la peau d’un champion de la Ligue centrale junior A (CCHL) en avril.

L’attaquant de 19 ans participe à la coupe Fred-Page avec les Sénateurs cette semaine dans l’espoir d’obtenir un billet vers le championnat canadien, mais son parcours vers le hockey junior n’a rien de traditionnel.

«Je n’ai jamais joué au niveau AA avant d’arriver à l’âge midget. J’ai été retranché partout. Chaque année. Des rangs atome à bantam, j’ai toujours évolué avec les Voisins de Papineau BB ou CC», dit celui qui a enfin pu percer la structure de l’Intrépide de Gatineau quand il fait le choix de laisser l’école secondaire Hormisdas-Gamelin pour se diriger vers la polyvalente Nicolas-Gatineau où il a été le deuxième compteur de l’équipe juvénile à 16 ans.

C’est là qu’il a pu être rappelé par l’Intrépide midget espoir et même midget AAA à l’occasion, mais à 17 ans, après avoir jonglé avec l’idée de joindre les Flames de Gatineau dans la Ligue junior AAA du Québec, il a opté pour le réseau collégial à Thetford Mines.

«Je n’ai jamais eu peur de partir de chez nous. J’aime l’aventure. J’adore ça»

Difficile de le contredire après avoir entendu son récit.

Son ascension a commencé après le pré-camp de son club collégial. Danny Pion fait la rencontre fortuite «d’un vieux monsieur» à la sortie de l’aréna.

«Il m’a appelé par mon nom. Il m’a dit qu’il m’avait regardé jouer et qu’il m’avait trouvé bon. Il a voulu savoir quels étaient mes plans d’avenir. Je lui ai répondu que mon but était de jouer au hockey dans la NCAA, mais que je ne parlais pas l’anglais ! C’est là qu’il m’a dit qu’il avait des contacts en Colombie-Britannique et qu’il pouvait me trouver une place. Dans ma tête, j’allais dominer le niveau collégial, finir mon diplôme et passer à autre chose, mais le téléphone a sonné deux semaines plus tard.»

En Colombie-Britannique

Le «vieux monsieur» lui disait qu’une équipe de la très solide BCHL était intéressée à ses services à Nanaimo sur l’île de Vancouver.

Le lendemain, Danny Pion était dans l’avion. Quelques jours plus tard, l’entraîneur lui serrait la main et lui souhaitait la bienvenue chez les Clippers. «C’est là que j’ai vu que la marche était haute entre le collégial et le junior A.»

Comme il ne jouait pas beaucoup là-bas, il a demandé une transaction. À Noël, il s’est retrouvé à Steinbach au Manitoba.

Au Manitoba

«Je ne m’attendais à rien. Ce fut l’une des plus belles expériences de ma vie ! Les Pistons sont toujours dans le top-10 canadien. Leur aréna est plein à tous les matches. L’organisation est superbe avec de très bons entraîneurs. Mon anglais s’est amélioré. J’ai bien fini la saison. J’ai eu 19 points en 23 matches là-bas. Notre club était fort, mais il était deux fois plus fort cette année.»

En décembre dernier, même s’il appréciait ses moments à Steinbach, il a demandé une autre transaction pour obtenir plus de temps de jeu. Il s’est retrouvé à Dauphin, toujours au Manitoba, dans une organisation où il produisait offensivement.

«J’ai joué mes émotions là-bas, mais on perdait toujours et les entraîneurs étaient moyens.»

C’est ainsi que de fil en aiguille, à la date limite des transactions du hockey junior, il a voulu se rapprocher de la maison et les Sénateurs ont fait son acquisition.

«Je suis arrivé ici et nous avons tout gagné. La vie est belle. Je vise encore la NCAA et je veux jouer ici à 20 ans. Dans le fond, j’ai eu une éclosion tardive parce que j’ai pratiqué tous les sports dans ma vie. À présent que je me concentre sur le hockey, qui sait où ça va me mener ? L’Europe ? Je n’ai peur de rien, je vous le dis !»

Autre gain des Sénateurs

Les Sénateurs ont gagné un deuxième match de suite à la coupe Fred-Page jeudi soir en prenant la mesure des Canadians de Carleton Place 3-2. Le Collège-Français de Longueuil a aussi signé une deuxième victoire de 6-3 contre le Blizzard d’Edmundston. Le tournoi se poursuit vendredi au Complexe Jim-Durrell avec le match pour un laissez-passer vers la finale entre Ottawa et Longueuil en soirée. Carleton Place et Edmundston vont se battre pour une place en demi-finale en fin d’après-midi.