Alexandre Gaumont, surnommé « Monsieur KO » a remporté la finale des gants dorés dimanche à Lévis.

Le boxeur buckinois Alexandre Gaumont dans les traces de Gaétan Hart

Un autre boxeur de Buckingham se fait tranquillement un nom, quatre décennies après les débuts de l’ancien champion Gaétan Hart.

Son nom ? Alexandre Gaumont. Il a gagné la finale des Gants dorés chez les 165 livres contre Vladislav Cutijinsky, dimanche, à Lévis.

Tout ça un an après avoir remporté l’or aux Gants d’argent.

Le droitier âgé de 23 ans a aussi été choisi le boxeur élite du tournoi pendant le week-end par la Fédération québécoise de boxe olympique.

« C’est gros. Je suis très fier de l’exploit, surtout qu’il y a deux ans, je voulais tout arrêter », confie Gaumont.

« Je faisais des crises d’anxiété avant les combats. Je me disais que ce n’était pas pour moi la boxe. Je pensais que je n’étais pas assez bon. J’avais peur de perdre. »

Sa famille, que ce soit son père Marcellin, sa mère Julie et sa sœur Marie-Soleil, n’a jamais cessé de l’encourager, de l’appuyer à travers cette épreuve avec lui-même.

« C’est beaucoup mieux maintenant. En fin de semaine, je n’avais aucun stress. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais calme avant mes deux combats. Je savais que j’étais à ma place. »

Gaumont s’est amusé. Il a aussi fait écarquiller des yeux au sein des clubs rivaux.

Mine de rien, il a maintenant enfilé 16 victoires de suite après avoir encaissé un revers à ses débuts dans les rangs amateurs. À un certain moment durant cette séquence, il a triomphé huit fois consécutives par knock-out.

Ce qui a poussé certains acteurs de la boxe québécois à le surnommer « Monsieur KO ».

Gaumont, lui, n’a rien d’un type flamboyant. Ses victoires ne sont pas suivies de célébrations dans le ring.

À Lévis, il s’est simplement dirigé dans son coin avec un gros sourire après le combat. Son père, qui s’avère aussi un de ses entraîneurs, l’attendait pour lui retirer ses gants.

« J’essaie d’être respectueux avec mes adversaires. Je ne vais pas sauter dans les airs. Le gars vient de perdre. J’essaie de garder ça pour plus tard dans le vestiaire. »

Alexandre Gaumont a enfilé des gants de boxe pour la première fois à l’âge de « trois ou quatre ans » dans le sous-sol de la résidence familiale. Il a commencé à s’entraîner régulièrement, il y a presque six ans, lorsque sa famille a fondé le club BG Buckingham dont il défend les couleurs en compétition.

Ces dernières semaines, le nouveau champion a pu échanger des coups à l’entraînement avec Harley-David O’Reilly, ce boxeur gatinois qui a gagné le bronze aux Jeux du Commonwealth.

De son propre aveu, le dernier mois a été très taxant. Gaumont avait fait la finale d’un gala amateur à Ripon le 13 octobre.

Une semaine loin du ring, mais pas du boulot l’attend dans les prochains jours, lui qui travaille dans le domaine de la construction. Il était fidèle à son poste lundi.

« Je démolissais des murs de brique aujourd’hui », précise Gaumont, dont le patron est un mordu de boxe.

« Il vient voir tous mes combats. Il m’a donné deux jours de congé avant les Gants dorés pour que je puisse me reposer. C’est le fun ça. »

Gaumont participera maintenant au Défi des champions à la fin de l’hiver. Il s’agit de la qualification en vue des championnats canadiens.

Boxer éventuellement sur la scène internationale lui a trotté en tête, tout comme dans les rangs pros. Mais il est vite à lancer le fameux cliché « un combat à la fois » lors de l’entrevue.

Alexandre Gaumont n’est pas le seul boxeur du club BG Buckingham qui a ramené une médaille des Gants dorés. Alexis Ledoux a obtenu l’or chez les cadets de 60 kg tandis que Guillaume Lortie et Jessy Bégin Prégent ont récolté l’argent respectivement chez les élites de 91 kg et plus et les cadets de 34 kg.

+

CROTEAU OBTIENT UN COMBAT À MONTRÉAL

Danyk Croteau remontera dans le ring,  11 mois après avoir subi sa deuxième défaite en carrière dans les rangs pros.

Le nom du boxeur de Gatineau a été ajouté au gala du 24 novembre organisé par le Groupe Yvon Michel (GYM) au Casino de Montréal. Il affrontera un autre droitier québécois, Tommy Houle, de Sainte-Beatrix.

Un affrontement dans la catégorie de poids super-moyen qui sera prévu pour quatre rondes.

Croteau (3-2, 2 KO) avait combattu la dernière fois le 8 décembre 2017, s’inclinant par décision unanime contre Marco Parente. «Ça fait longtemps», a-t-il reconnu.

Qu’il mette autant de temps à renouer avec la compétition n’est pas le fruit du hasard.

«C’était un peu voulu en raison du travail. J’avais notamment une formation à suivre», a expliqué le pugiliste âgé de 28 ans qui occupe un emploi au service de protection parlementaire.

Croteau a hâte d’échanger des coups à nouveau. Surtout que ça se passera à Montréal où il n’a jamais boxé auparavant.

«Ça donne de la bonne visibilité. Ça devrait aussi être un bon combat.»

À 33 ans, Houle (4-0) est plus âgé que lui. En revanche, il a été plus actif que lui dans les sept derniers mois, se battant à trois reprises. Il a infligé une défaite au Mexicain Rafael Ortiz, il y a 10 jours, au Casino de Montréal.

Croteau n’a pas l’intention de revivre le même scénario que lors de sa dernière sortie contre Parente.

«Ça avait été mauvaise soirée pour moi. J’espère qu’il ne s’attend pas à ça de ma part... Il va avoir une mauvaise surprise.»

Sept combats sont prévus à ce gala de GYM dont la finale qui opposera Francis Lafrenière (17-6-2, 10 KO) à l’ancien champion du Mexique, Gabriel Martinez (29-11-1, 16 KO).