Kalina Alexander-Renaud est devenue la première joueuse de la région à remporter le titre de recrue de l'année en première division du circuit québécois féminin de basket-ball collégial.

Le «13» a porté chance à Kalina

Superstitieuse? Pas vraiment. Talentueuse? Oh que oui.
Faites la connaissance de Kalina Alexander-Renaud. La numéro 13 de l'Arsenal, l'équipe de basket-ball du collège Nouvelles Frontières de Gatineau.
Une centre de 6'1" qui vient de passer à l'histoire. Elle est devenue la première joueuse de l'Outaouais à remporter le titre de recrue de l'année en première division du circuit féminin québécois.
Le choix des dirigeants de la ligue provinciale a été facile à effectuer.
La jeune femme, qui vient de fêter ses 17 ans, a été la meilleure pointeuse de la ligue, marquant en moyenne 16,8 points par partie. Tout ça contre des adversaires qui étaient deux ou trois ans plus vieilles qu'elle. Tout ça aussi contre des équipes qui doublaient leur couverture à son endroit.
Surprise de l'honneur
«Finir première pointeuse, ça me surprend. Je ne connaissais pas les autres joueuses dans la ligue en arrivant ici», a soutenu Alexander-Renaud.
Son coach, lui, était un peu moins surpris. Patrick Bibeau a vu l'athlète d'Aylmer grandir, peaufiner son jeu et s'amuser sur un terrain de basket-ball lors des trois dernières années.
Il l'avait dirigée les deux saisons précédentes au sein du Phénix de Nicolas-Gatineau, ce puissant programme scolaire AAA.
«Elle réalise beaucoup de choses sur un terrain que d'autres filles de 6'1» ne font pas, a mentionné Bibeau. Nous avons développé avec elle son dribble. Elle peut attaquer une joueuse de partout sur le terrain. Parfois, les grandes joueuses sont limitées autour de l'anneau.»
Pas Alexander-Renaud, qui excelle de la ligne des lancers de trois points.
«Kalina est un peu comme Lucky Luke. Elle est plus vite que son ombre quand elle shoote», a imagé l'entraîneur-chef de l'Arsenal.
Performante et modeste
Il y a ses performances sur le terrain qui l'épate, mais aussi son attitude.
«Une fille modeste qui est très appréciée de ses coéquipières. Elle a un bon sens de l'humour, une joie de vivre... Une fille dynamique qui n'est pas imbue d'elle-même.»
Durant l'entrevue, la principale intéressée a parlé plus souvent des performances de l'équipe que les siennes.
L'Arsenal a connu la meilleure saison de ses cinq ans en première division, conservant une fiche de 5-11. Il a participé aux éliminatoires pour une première fois.
Tout ça malgré des effectifs réduits. Seulement huit joueuses étaient à la disposition des instructeurs.
«Nous étions deux équipes différentes en 2013-2014. Nous étions douteuses au début de la saison. Nous étions moins motivées», a commencé par expliquer Alexander-Renaud.
À un certain moment, ses coéquipières et elle ont commencé à gagner. Des victoires qui ont permis de refaire le plein de confiance.
Des gains qui ont fait oublier les deux saisons précédentes durant lesquelles Nouvelles Frontières n'a récolté qu'une victoire.
«L'arrivée de Patrick en tant qu'entraîneur-chef a tout changé. Le programme s'en allait nulle part», a souligné le directeur du collège, Michel Paiement. «Patrick, c'est un gagnant. Un gars qui gagné partout où il est passé. Mais surtout un gars passionné et créatif durant les entraînements.»
Un commentaire qui a flatté Bibeau, qui a rapidement tenu à apporter un bémol.
«Je veux souligner que c'est un projet de groupe et non d'un seul homme. Ce n'est pas moi qui marque des points», a-t-il mentionné.