Simonne Poulin, 73 ans, se prépare à prendre le départ du demi-marathon de la Fin de semaine des courses d’Ottawa.

La gazelle de 73 ans

Ses coéquipiers chez les Courailleux de Saint-Georges l’ont surnommé la Gazelle.

Parce que la dame âgée de 73 ans ne cesse de les dépasser à l’entraînement. Ça fait rire Simonne Poulin, qui se prépare ces jours-ci à prendre le départ du demi-marathon de la Fin de semaine des courses d’Ottawa.

« Je suis la plus vieille du club », lance-t-elle au bout du fil.

L’entrevue se passait jeudi. L’infirmière à la retraite revenait de prendre un bon repas avec des amies en Beauce.

Plus tôt en matinée, elle s’était tapé 10 km. Une de ses dernières sorties avant de mettre le cap vers la capitale nationale, un de ses 14 arrêts de la saison 2018.

Le demi-marathon est prévu dimanche. La veille, Mme Poulin encouragera une de ses trois filles, Mylène Lemieux, qui prendra le départ de l’épreuve de 10 km.

Une des personnes derrière son choix de délaisser sa passion pour les plantes de même que le confort de sa maison pour le bitume et les espadrilles, il y a quatre ans.

« J’ai commencé à faire mes premiers pas à l’âge de 69 ans, relate-t-elle. J’étais jusque-là une femme plus stationnaire. J’étais très heureuse assis sur mon divan. Je faisais aussi beaucoup d’horticulture. Puis à un moment, j’ai décidé de commencer à courir parce que mes filles couraient. »

La grand-maman a vite dû apporter des changements. « Courir me causait des ennuis au niveau physique. Je fais donc plutôt de la marche rapide », explique-t-elle.

À sa première saison, Simonne Poulin s’est tapé deux courses. Un chiffre qui a grimpé à 10 l’année suivante.

« L’an dernier, j’ai participé à 12 événements. Cette année, j’en ferai 14. Ça augmente toujours. Mon chum me dit que si ça continue comme ça, je vais être prise tous les week-ends ! »

En octobre, ce sera son premier marathon. Celui de Toronto disputé en bordure du Lac Ontario.

Simonne Poulin rêve de prendre le départ du Marathon de Paris en 2019. Des amies lui ont vanté le paysage qui l’attend là-bas durant les 42 km de la course.

Même des petits problèmes de santé ne peuvent pas stopper la Gazelle.

Tiens au début du mois, un médecin lui a suggéré d’arrêter la marche rapide, question de lui permettre de guérir une tendinite à un pied. Il a vite frappé un mur.

« J’ai dit no way », confie-t-elle en riant.

Du même souffle, elle avouera que la blessure l’a ralentie un peu. Particulièrement cette douleur sous le pied.

Puis il y a eu cette frousse en janvier 2017.

Mme Poulin s’était effondrée chez une de ses filles. Des tests ont décelé un problème au cœur. « Un trouble électrique », précise la septuagénaire.

On lui a installé un stimulateur cardiaque.

« Quatre jours plus tard, je faisais un 10 km », souligne-t-elle fièrement.

Après son passage à Ottawa, Simonne Poulin perdra peu de temps pour renouer avec l’action. Une épreuve de 10 km l’attend à Laval.

« Je devais faire initialement le demi-marathon. Mais je me suis rendu compte que c’était trop rapproché du demi-marathon d’Ottawa. Je dois me modérer un peu ! »

Surtout que son entraînement en vue du Marathon de Toronto doit commencer le 5 juin.

« C’est une préparation de 20 semaines », souligne-t-elle d’un ton enthousiaste.