Près de 2500 participants provenant de plus de 20 pays sont attendus à la Gatineau Loppet dont les diverses courses auront lieu samedi et dimanche.

La Gatineau Loppet suscite l’envie

La Gatineau Loppet résiste au temps. Littéralement.

Parlez-en à la cheffe de direction de la ligue de la Worldloppet qui s’est tapé le voyage entre son patelin en Estonie et l’Outaouais ces derniers jours. Epp Paal participera même à l’épreuve de 27 km de style classique, samedi matin.

« C’était plaisant de voir toute cette neige durant notre trajet entre l’aéroport et l’hôtel. En plus, nous avons eu droit à une tempête dans les dernières heures », lance-t-elle, sourire aux lèvres.

Cinq étapes de ce circuit de 20 courses de longues distances en ski de fond ont déjà été annulées depuis le début de l’hiver. Autant en Europe qu’en Asie.

« Du jamais vu, avoue Paal. Habituellement, c’est un ou deux événements par année. »

Le nombre pourrait continuer de grimper avec des compétitions prévues en mars en Pologne, Russie, Suisse et Norvège.

La raison ? « Le manque de neige. Par exemple la Tartu chez nous en Estonie, il n’y en a tout simplement pas. Nous n’avons même pas eu de vagues de froid. Il n’a jamais fait aussi chaud depuis les 59 dernières années », souligne Paal.

Il suffit de consulter le site web de la Worldloppet. Une annulation après une autre alimente les manchettes. Les photos illustrant le tout se ressemblent. On voit du gazon ou des feuilles mortes au sol.

Les organisateurs de la Finlandia Hiihto, qui devaient avoir lieu le week-end prochain, ont été les derniers en lice à déclarer forfait. Les autres événements qui ont écopé ? La König Ludwig, en Allemagne, suivi de la Sapporo au Japon, la Transjurassieenne en France, la Tartu Maraton en Estonie.

Les courses de ski de la Tartu ont été remplacées par des randonnées pédestres...

Tout ça inquiète Epp Paal.

« La Sapporo n’avait jamais été annulée en 40 ans », note-t-elle.

Un peu comme la Gatineau Loppet qui a toujours eu lieu depuis 1977. Ses organisateurs aiment bien le rappeler lors de chacune de leur conférence de presse.

« Il y a toujours de la neige naturelle ici. Mais surtout, la Gatineau Loppet est réputée pour son temps froid et même le vent », souligne Paal, de bonne humeur.

Il y a cinq ans, la température ressentie était de moins 36 degrés Celsius lors du coup de départ de l’épreuve reine de 51 km de style libre.

Un ciel partiellement ensoleillé et un mercure de moins 13 degrés sont prévus ce samedi matin lors des premiers départs. Le lendemain, ce sera plus doux avec deux degrés pour conclure le plus grand événement international de ski de fond au Canada.

Les organisateurs de la 42e édition de la Gatineau Loppet avaient préparé un plan B en cas de manque de neige. De l’argent avait été mis de côté afin de produire un tapis blanc artificiel.

« Tu ne voyais pas ça il y a cinq ans», souligne la dirigeante de la Worldloppet.

« Les comités organisateurs n’ont plus le choix. Il reste que ce n’est pas la même chose disputer une course sur de la neige artificielle. Quand tu skies, tu as juste assez de neige sur le sentier qui sera plus étroit, mais il n’y a rien autour. Le décor n’est pas le même. Il n’y a pas de tapis blanc dans la forêt. »

Ce n’est pas la neige qui manquera dans le parc de la Gatineau avec la récente bordée de jeudi.

Mais même avoir un plan B pourrait ne pas être suffisant à l’avenir. Ce fut le cas cette année en Estonie.

« Même avec tout l’équipement sur place, il faisait trop chaud pour produire de la neige », mentionne Paal.

Près de 2500 participants provenant de plus de 20 pays sont attendus à la Gatineau Loppet dont les diverses courses auront lieu samedi et dimanche. La présidence d’honneur a été confiée à l’ancien triple champion du monde Alex Harvey.