Courtoisie

Jensen gagne au pied d’un volcan

À sa dernière compétition internationale de la saison, Sophia Jensen a pagayé au pied... d’un volcan en Équateur.

«C’était la première fois que je faisais ça. Habituellement, nos courses se déroulent au milieu de nulle part. C’était pas mal cool», relatait la canoéiste de Chelsea, lundi matin, au lendemain des championnats panaméricains de canoë-kayak de vitesse à Ibarra.

«J’ai pris beaucoup de photos. Le paysage était merveilleux.»

L’ado de 15 ans n’a pas seulement joué au touriste dans les alentours du volcan endormi Imbabura, mais aussi au rôle de favorite. Elle a participé à trois épreuves sur l’eau, gagnant l’or chaque fois.

«C’était une compétition différente des autres. Elle se déroulait en haute altitude. J’avais de la misère à respirer. L’oxygène semblait se faire rare», souligne Jensen au bout du fil.

«L’eau semblait différente. C’était une sensation bizarre quand venait le temps de pagayer. Ça bougeait plus lentement.»

Un peu comme si Jensen pagayait dans de la boue.

Dominante

Visiblement, ça ne l’a pas empêchée de dominer la compétition.

À l’image de ses compétitions précédentes, le produit du club Cascades s’est dessiné un tatouage temporaire. Cette fois-ci en rouge sur sa main gauche.

L’œuvre d’art est très visible sur les photos mises en ligne par Canoe-Kayak Canada.

«C’est devenu un peu un rituel pour moi lors de chaque événement. C’est une façon de relaxer tout en m’amusant. Puis le tatouage disparaît une semaine plus tard.»

Justement, Sophia Jensen s’est beaucoup amusée en 2017. Une année occupée et fertile en émotions.

En août, l’espoir olympique avait gagné cinq médailles en cinq courses, dont trois en or, aux Jeux du Canada, à Winnipeg. Quelques semaines auparavant, il y a eu cet arrêt à Pitesti, en Roumanie. L’athlète de l’Outaouais est devenu vice-championne du monde junior d’abord au C-1 500 mètres puis C-1 200 m. «Malheureusement, la saison est maintenant finie», avoue-t-elle.

Une saison qui a commencé tôt en juillet. «J’ai probablement eu seulement quatre jours entre chaque compétition (et camp d’entraînement)... Ce fut une saison exceptionnelle», ajoute-t-elle.

Dans quelques heures, le retour à la réalité l’attend. Ce sera adieu le canoë, l’eau, les voyages et les volcans. Ça sera remplacé par des pupitres, des tableaux et des livres.

Jensen va réintégrer ses classes en 11e année à l’école secondaire Philemon-Wright, à Gatineau. Les études meubleront son quotidien jusqu’au printemps prochain.

Jensen renouera avec l’entraînement en mars lors d’un camp d’entraînement en Floride.

«Mon objectif est de participer à nouveau aux championnats du monde juniors», souligne-t-elle.