Fara Jacques tente sa chance depuis le début de la saison au 100 m haies, un retour à ses premières amours.

Jacques passe du sprint aux haies

À deux ans des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, Farah Jacques a pris une décision importante. Elle a changé d’épreuve sur la piste d’athlétisme.

La sprinteuse de Gatineau tente sa chance depuis le début de la saison au 100 m haies. Un retour à ses premières amours pour la femme âgée de 28 ans.

«C’est ce que je faisais à mes débuts à l’école secondaire. J’ai gagné une médaille d’or aux Jeux du Québec aux haies», a-t-elle souligné au bout du fil.

Jacques revenait de Guelph lors de l’entrevue téléphonique. La représentante des Lions d’Ottawa avait participé au Speed River Inferno, une compétition réunissant 11 Olympiens de Rio, dont elle.

C’était sa sixième sortie de 2018 aux haies.

«Ça s’est bien passé. En fait, j’ai été surprise de mon résultat», a dit Jacques, qui a stoppé le chrono à 13,35 secondes.

«Ça me place déjà dans le top 4 au Canada.»

Surtout, elle se rapproche de sa cible de 12,97 secondes.

«C’est le standard afin de se qualifier en vue du NACAC», a-t-elle dit au sujet des championnats de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et des Caraïbes prévus à la mi-août à Toronto.

Il s’agit de la plus importante compétition à son horaire cette saison, tout juste devant les championnats canadiens qui se dérouleront justement à Ottawa pour une deuxième année de suite.

Le stade Terry-Fox, où elle s’entraîne à temps plein, recevra l’élite nationale du 3 au 8 juillet.

Ce sera une autre occasion pour Jacques de mesurer ses progrès aux haies.

Pourquoi changer de discipline? Surtout que la sprinteuse a participé aux Jeux olympiques en 2016, prenant le départ du relais 4x100 m. Elle s’est tapée aussi d’autres compétitions majeures au 200 m.

«Comme je disais, je faisais des haies au secondaire. J’avais arrêté tout ça pour me concentrer sur les sprints parce que je n’avais pas d’entraîneur pour enseigner la technique à l’époque.

«Mon entraîneur ici à Ottawa m’a dit en septembre dernier pourquoi ne pas essayer les haies. Que c’est le temps pour ça puisque ce n’est pas une grosse année en 2018. Il n’y a pas de Jeux, ni de championnats du monde.»

Puis il y a aussi que les opportunités seraient plus nombreuses aux haies pour elle.

À preuve, Jacques pourrait bien monter sur le podium aux championnats canadiens dans trois semaines.

Cette dernière adore ce retour aux sources, même si sa préparation s’avère plus exigeante.

«Au 100 m, je n’avais juste qu’à m’échauffer et donner tout ce que j’avais ensuite durant la course. Aux haies, je dois toujours penser à ma technique, comment ramener mes jambes, d’être toujours proche des haies, a-t-elle dit.

«Mais mes résultats m’encouragent jusqu’ici. Ça me rappelle mes premières années en athlétisme. Ça me motive.»

Faraj Jacques s’empresse de préciser qu’elle n’a pas totalement abandonné le sprint. Elle veut continuer à se taper le 200 m.

«Je veux garder ma place dans le relais 4x100 m», a-t-elle expliqué.

Aux championnats canadiens, on la verra par contre courir le 100 m.

«Parce que le 200 m a lieu la même journée que le 100 m haies, le samedi», a-t-elle précisé.

Farah Jacques a hâte de concourir chez elle. Ce sera la deuxième édition de suite des championnats nationaux qui aura lieu à Ottawa.

«C’était le fun l’an passé. Toute ma famille (de Montréal) était venue me voir. J’ai aimé ça.»

Ajoutez à cela que cette année, Jacques se pointera dans les blocs de départ en santé. Elle se remettait d’une déchirure à l’ischiojambier à pareille date l’été dernier.