L'Ottavienne Ivanie Blondin a gagné trois médailles aux championnats du monde depuis ses débuts au sein de l’équipe canadienne en 2010.

Ivanie Blondin voulait prendre une pause du patin

Ivanie Blondin aurait bien aimé prendre une année sabbatique loin des anneaux de glace après un dernier cycle olympique épuisant et même cruel. Mais l’ancienne championne du monde s’est résignée à enfiler ses patins pour un autre hiver.

L’athlète d’Ottawa se retrouve ces jours-ci à l’ovale de Calgary, site des championnats canadiens sur longue piste jusqu’à mardi. Et elle a connu une excellente première course, remportant le 1000 m féminin en 1:15,98, lundi. Ce temps lui a permis de respecter aisément le critère pour se qualifier pour la Coupe du monde.

« J’ai pensé prendre une pause. Ça m’aurait fait beaucoup de bien physiquement, mais aussi mentalement. Ne pas revenir des Jeux avec une médaille, c’était pesant sur le cœur », a reconnu Blondin, qui a fêté ses 28 ans le printemps dernier.

« Mais c’était impossible d’arrêter. J’aurais perdu tout mon soutien financier à mon retour. Je ne peux pas me permettre ça. Je n’avais pas vraiment le choix. »

Une situation qui l’agace visiblement. La rapide patineuse a gagné trois médailles aux championnats du monde depuis ses débuts au sein de l’équipe canadienne en 2010. C’est sans compter ses 28 autres médailles sur le circuit de la Coupe du monde.

« Ça ne veut rien dire... Même le fait que j’ai terminé trois fois au pied du podium aux derniers Jeux olympiques. Le patinage de vitesse souffre d’un manque de soutien financier en ce moment. J’ai donc décidé de prendre plus de temps de congé après la dernière saison. J’ai passé un mois en Hongrie et un autre mois chez mes parents à Ottawa. »

Blondin a renoué avec l’entraînement au milieu de l’été. Ce n’était l’idéal.

« Mais cela a quand même fait du bien... J’ai fait des choses que je voulais faire depuis longtemps. »

À la fin de la dernière saison, l’athlète franco-ontarienne était catégorique. Elle tenait à concourir pendant quatre autres années jusqu’aux JO en 2022, à Pékin.

Son discours a un peu changé. Pour la première fois, elle a évoqué indirectement la retraite avant le prochain rendez-vous olympique

« Je vise quatre autres années, mais je n’ai aucune idée ce que ça va me rapporter. Si ça ne va pas bien cette saison ou la saison suivante, ça sera peut-être le temps d’arrêter. »

Blondin dit traîner des petites blessures subies dans les dernières semaines. Puis le poids des années commence à se faire ressentir, elle qui patine depuis l’âge de sept ans.

« Je me sens plus vieille... Le corps ne répond pas comme il le faisait il y a quatre ans. Chaque jour, je m’en rends compte. »

Il reste que certaines choses la rendent quand même fébrile à l’approche des deux premières étapes de la Coupe du monde au Japon du 16 au 25 novembre.

D’abord, certaines courses auront lieu sur un anneau de glace extérieur. « C’est rare. Ça va être différent surtout selon les conditions météo, mais ça sera le fun aussi », a souligné Ivanie Blondin.

Puis elle se tapera plus d’épreuves cette saison.

Déjà une des plus rapides au 3000 m, 5000 m et au départ groupé, Blondin prendra des départs réguliers au 1000 m et 1500 m.

« J’ai un nouveau coach. Il pense que j’ai assez de vitesse pour bien faire dans ces courses. Je vais faire le test cet hiver. »

Ce n’est pas le seul changement à survenir dans son cas.

« Je m’entraîne moins souvent maintenant avec les hommes. C’est un peu bizarre. Mais des fois, le changement peut être bon. »

Toujours dans cette thématique de changement, Blondin aura moins de coéquipiers à ses côtés en compétition. Patinage de vitesse Canada a dû se serrer la ceinture et revoir ses dépenses. Résultat, les équipes canadiennes en Coupe du monde seront plus petites.

« Et habituellement avant la première étape de la Coupe du monde, nous allons en camp d’entraînement. Mais cette année, nous restons à la maison. Nous n’avons pas d’argent. »

Blondin gardait un bon moral.

« Ça reste une saison “après” olympique. J’essaie de ne pas trop me stresser avec toutes ces choses. »

Avec La Presse canadienne