Le skieur alpin Alexis Guimond s’est illustré cette saison avec une médaille de bronze aux derniers Jeux paralympiques.

Guimond triomphe au Gala

Les membres du jury avaient l’embarras du choix. Pour le titre très convoité d’athlète international de l’année, au Gala Excellence Outaouais, on trouvait trois hommes qui ont passé une partie de l’hiver dernier à PyeongChang.

Ils ont décerné le prix et la bourse qui l’accompagne à Alexis Guimond.

Il s’agit, en quelque sorte, d’une belle victoire pour le mouvement paralympique.

Le jeune Gatinois de 18 ans, qui souffre d’hémiparalysie, a été préféré aux Olympiens Olivier Rochon et Dustin Cook.

Ces deux skieurs ont pourtant fait honneur à leur région, en février. Rochon a pris le cinquième rang à l’épreuve des sauts acrobatiques. Cook a percé le top-10 en Super-G.

Guimond a cependant été le seul représentant de sa région à monter sur le podium. Il est rentré de son voyage en Corée du Sud avec une médaille de bronze dans sa valise.

« Moi, j’ai eu l’impression que j’ai quitté les Jeux avec la mauvaise médaille », a déclaré le jeune homme, lorsque croisé jeudi soir au Palais des congrès de Gatineau.

« Je suis juste de nature compétitive. Je cherche toujours le meilleur. Dans mon corps, je sentais que je pouvais en chercher plus. »

« C’était ma première expérience. J’ai appris. À Pékin, dans quatre ans, je viserai l’or. »

La participation aux Jeux paralympiques aura eu un bel effet sur la carrière de ce jeune athlète de 18 ans. Il a ressenti, durant son passage en Asie, une attention qu’il n’avait jamais ressentie auparavant.

« C’était bien. L’attention portée à nos disciplines n’est pas toujours aussi grande qu’elle pourrait. Moi-même, quand j’ai commencé, je n’entendais pas trop souvent parler d’autres personnes handicapées dans le sport. En obtenant de bons résultats, sur la scène internationale, je sens que je peux avoir un impact. »

Le boxeur amateur Harley-David O’Reilly, médaillé de bronze aux récents Jeux du Commonwealth en Australie, s’est également retrouvé parmi les finalistes, en compagnie des trois spécialistes des sports de glisse.

Jensen impressionnée
Chez les dames, le titre d’athlète internationale de l’année a été décerné à la jeune spécialiste de canoë de vitesse, Sophia Jensen.

La jeune femme de Chelsea a l’habitude de gagner. Elle a passé la saison 2017 au grand complet sur le podium, réalisant notamment un triplé lors des Championnats panaméricains, en Équateur. Elle a remporté l’or sur 200, sur 500 et sur 1000 mètres.

« Je ne m’attendais honnêtement pas à gagner ce soir », a-t-elle déclaré, gênée, avec son trophée entre les mains.

« Toutes les filles qui sont ici sont de super athlètes. Je suis vraiment juste honorée de me trouver ici. C’est super excitant », d’ajouter celle qui s’entraîne présentement en vue d’une participation aux championnats mondiaux juniors, en Bulgarie, à la fin du mois de juillet.

La cycliste Ariane Bonhomme, la joueuse de basket-ball universitaire Catherine Traer et la joueuse de tennis Mélodie Collard étaient aussi finalistes.

En tout, des bourses totalisant plus de 28 000 $ ont été remises aux différents acteurs du sport régional, en marge du gala.

Les membres du jury ont étudié 130 candidatures pour les différents prix qui ont été remis durant la soirée.

La fondeuse Katherine Stewart-Jones a remporté le prix d’athlète nationale féminine pour une deuxième année consécutive.

Chez les hommes, ce prix a également été remis à un athlète de ski de fond, Antoine Cyr.

Frédérique Bell, une coureuse, a remporté le prix d’athlète provinciale de l’année. Le gymnaste Benoît Tremblay a remporté ce prix du côté masculin.

Les Griffons du Collège de l’Outaouais en badminton ont reporté le prix d’équipe de l’année.

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LE GALA EN BREF

Des visages connus...

Le Gala Excellence Outaouais sert, entre autres, à honorer des gens qui s’investissent depuis plusieurs années à faire grandir le sport amateur dans la région. Le responsable du programme sport-études hockey de la polyvalente Nicolas-Gatineau, Alain Sanscartier, a ainsi remporté le titre de Gestionnaire de l’année. Il succède à Johanne Demers, une des têtes dirigeantes des Internationaux de tennis de Gatineau. La petite communauté du tennis n’a pas été oubliée, en 2018. Responsable du programme Tennis Outaouais Performance, Mathieu Toupin a remporté le titre d’entraîneur de l’année. « Je suis surpris. Les entraîneurs qui ont remporté ce prix dans le passé ont des CV très étoffés », a réagi M. Toupin. Ce dernier a pourtant mené deux de ses protégées au prestigieux tournoi Orange Bowl...

... et des nouveaux

Les organisateurs du Gala ont vraiment pensé à tout le monde. En plus de décerner des prix aux athlètes d’élite, ils ont cru bon honorer deux « découvertes de l’année ». Matilde Juneau est devenue jeudi la deuxième plongeuse à remporter ce prix, chez les filles. Chez les garçons, le prix a été remis à un jeune sprinteur, Alexandre Courchesne. De jeunes athlètes de squash, de baseball, de badminton, d’escrime, de ski de fond et de gymnastique artistique ont reçu des mentions d’honneur dans cette catégorie. Des prix d’excellence académique ont aussi été remis à des élèves des programmes sport-études des écoles secondaires Mont-Bleu et Nicolas-Gatineau. La joueuse de soccer Gabrielle Bertrand et le triathlète Cédric Beaulieu ont su combiner réussite académique et attitude positive.

À titre posthume

Le prix Lise-Waters, anciennement connu sous le nom d’hommage au bâtisseur, a été remis cette année à deux hommes qui nous ont quittés. Claude Quesnel et Serge Sabourin, deux entraîneurs qui ont longtemps travaillé au développement du sport dans la Petite-Nation, ont reçu le prix à titre posthume. M. Quesnel, ancien coureur de fond, participant notamment au prestigieux Marathon de Boston, a contribué aux nombreux succès du club d’athlétisme de la Petite-Nation. M. Sabourin, ancien footballeur de niveau universitaire, a fondé le club de gymnastique de Chénéville à la fin des années 1970. Ce club, toujours actif aujourd’hui, compte désormais plus d’une centaine de membres. Lise Waters a dirigé pendant trois décennies l’organisme Loisir Sports Outaouais.