Le skieur de fond de Hull, Simon Lapointe n’a pu se qualifier pour les Jeux olympiques de Pyeongchang vendredi dernier, alors qu’il a pris le 26e rang à l’épreuve des sprints classiques aux sélections nationales à Mont Sainte-Anne.

Fin d’un rêve olympique

Les Jeux olympiques, Simon Lapointe devra se résigner à les regarder au petit écran et non les vivre comme athlète.

Le skieur de fond de Hull espérait décrocher la dernière place disponible au sein de l’équipe canadienne masculine qui se rendra en Corée du Sud le mois prochain. Mais il n’a pu faire mieux qu’une 26e place vendredi dernier à l’épreuve des sprints classiques aux sélections nationales qui se déroulent à Mont Sainte-Anne.

Un résultat qui a scellé son sort dès la première journée des essais.

« J’ai totalement raté mon coup. J’essaie de ne pas trop y penser depuis les derniers jours », laisse-t-il tomber au bout du fil.

Au point où Lapointe a décidé de faire l’impasse sur le skiathlon qui se déroulait lundi. On le reverra en piste mercredi lors d’une dernière course.

« J’ai décidé de passer le week-end au chalet de ma copine. J’avais besoin de décrocher, elle aussi. Ce fut stressant autant pour moi qu’elle. Les Jeux, c’était le dernier gros objectif de ma carrière », a relaté l’athlète âgé de 24 ans.

Lapointe croyait dans ses chances. Il comptait huit départs en Coupe du monde ces derniers hivers. Puis il a toujours excellé aux sprints. On le voyait régulièrement terminé parmi les trois premiers lors des qualifications sur le circuit Nor-Am.

« Je suis allé à PyeongChang l’an passé pour une course de la Coupe du monde, a-t-il rappelé, lui qui avait alors terminé 27e aux sprints classiques.

« Je voulais retourner à PyeongChang cette année, mais en portant le dossard olympique », a-t-il ajouté.

Quatre dents en moins

Lapointe était confiant en début de saison de remettre les pieds en sol sud-coréen. L’entraînement se déroulait bien. La santé était au rendez-vous.

Puis la malchance a commencé à le frapper le lendemain de Noël. Il a perdu quatre dents lors d’un match de hockey amical avec sa belle-famille, recevant un coup de bâton accidentel à la bouche.

« Mes quatre dents à l’avant, a-t-il précisé. J’ai passé 12 heures à l’urgence. Je n’ai pas pu skier quelques jours en raison du froid. Ça me faisait mal. Cela a rendu la fin de ma préparation difficile pour les essais. »

Puis les sprints des sélections olympiques qui devaient se dérouler initialement le samedi ont été devancés au vendredi en raison du froid.

« Perdre une journée de préparation, ça n’aide pas. Mais c’était la même situation pour mes adversaires », a avoué Lapointe, qui se penchera sur son avenir dans les prochaines semaines.

Il n’est pas le seul skieur de l’Outaouais qui a vu son rêve olympique mourir dans les derniers jours.

Son amie Sophie Carrier-Laforte, qui a grandi à ses côtés au sein du club Skinouk, a été malade dans la dernière semaine. Elle n’a pas participé au skiathlon lundi. Trois jours auparavant, elle a dû se contenter du 25e rang aux sprints.

Quant à Katherine Stewart-Jones, du club Nakkertok, elle est aussi en danger d’être écarté de l’équipe olympique. Il lui reste une course pour forcer la main de Ski de fond Canada.

Stewart-Jones a aidé le Canada à terminer en 10e position au relais féminin 4x5 km aux championnats du monde à Lathi, en Finlande, en 2017. Ses coéquipières Cendrine Browne, Émily Nishikawa, Dahria Beatty et elle ont obtenu le troisième meilleur résultat de l’histoire du pays à cette épreuve.

Antoine Cyr s’est qualifié lundi matin en vue des championnats du monde juniors de ski de fond qui auront lieu à la fin du mois de janvier en Suisse. Cyr dompte sa bête noire au bon moment

CYR DOMPTE SA BÊTE NOIRE AU BON MOMENT

Sa mère Nathalie l’attendait au fil d’arrivée, lundi matin, à Mont Sainte-Anne. Sa sœur Delphine aussi. Les deux femmes lui ont servi une longue accolade après l’avoir vu terminer premier.

Antoine Cyr venait non seulement de gagner un skiathlon de 20 km réservé à la relève du ski de fond au Canada. Il venait aussi de se qualifier en vue des championnats du monde juniors de ski de fond qui auront lieu à la fin du mois de janvier en Suisse.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça aujourd’hui. S’il y a une épreuve sur laquelle je ne miserais pas sur moi, c’est bien celle-là », a lancé le fondeur de Hull en riant.

La portion en style libre de cette course lui a causé des problèmes dans les dernières semaines. « C’est ma bête noire », a-t-il fait valoir.

Ses entraîneurs et lui ont finalement décidé de se montrer agressifs. Cyr allait mettre le paquet dès les 10 premiers kilomètres disputés en style classique.

« Je me suis échappé et j’ai pris une bonne trentaine de secondes sur le peloton, a relaté le vainqueur.

«J’avais de la misère à croire quand j’ai effectué la dernière descente du parcours que j’avais réussi à garder cette avance, que j’avais réussi à rester devant tout le monde.»

Membre de l’équipe nationale junior depuis deux saisons, Cyr s’est fixé comme objectif de participer aux Mondiaux en 2018. Il avait raté le rendez-vous l’an passé.

«Je tenais à affronter les meilleurs au monde», a-t-il soutenu.

En prime, le skieur âgé de 19 ans participera aussi à des épreuves de la Coupe d’Europe. Un arrêt est prévu en Allemagne. Ce qui fera en sorte que son séjour sur le Vieux-Continent sera long.

«Je pars dimanche prochain et je vais revenir seulement le 20 février. Après ce seront les championnats canadiens», a noté Antoine Cyr, qui poursuivra une tradition d’excellence en Outaouais.

La région a vu plusieurs de ses fondeurs participer aux championnats du monde juniors durant la dernière décennie. Des Turgeon et Lapointe aux Carrier-Laforte et les jumelles Stewart-Jones.

Les célébrations allaient être de courte durée pour Cyr. Deux autres courses en deux jours se trouvent à son horaire à Mont Sainte-Anne.

Des sprints l’attendent mardi. Puis mercredi, ce sera place à une course individuelle de 10 km en style classique.

«Même si ma place au sein de l’équipe canadienne en vue des championnats du monde juniors est assurée, je veux connaître de bonnes courses. En plus, j’aurai un gros poids en moins sur mes épaules.»

Cyr avait une pensée pour son père Bruno, qui a l’habitude d’assister à ses courses. «Il ne pouvait pas être là aujourd’hui. Il devait travailler», a-t-il expliqué.