Les Ravens de de l’Université Carleton recevront les joueurs de l’Université Queen’s samedi après-midi, à Ottawa.

Edouard s’amuse, les Ravens aussi

La saison de football universitaire s’avère jeune, mais les Ravens de Carleton alignent déjà une défensive vorace.

L’unité du nouveau coordonnateur défensif Paul Eddy Saint-Vilien mène la conférence ontarienne au chapitre des revirements provoqués lors des trois premières semaines du calendrier régulier. Elle a réussi quatre interceptions et en plus de récupérer trois ballons échappés par l’adversaire.

Un des oiseaux les plus menaçants ?

Le secondeur Jonathan Edouard, qui a déjà une paire d’interceptions. La semaine dernière, il a aussi ajouté neuf plaqués.

Pas vilain pour ce joueur américain — né de parents haïtiens — qui effectue ses premiers pas dans les rangs universitaires canadiens après un séjour à Henderson State dans la deuxième division de la NCAA.

Jonathan Edouard

« Il est bon aussi pour effectuer des retours de botté, même si nous ne l’avons pas encore utilisé pour ça jusqu’ici », a souligné un autre entraîneur des Ravens, Jean-Philippe Asselin.

Edouard, 22 ans, a plié bagage vers le nord de la frontière l’an dernier. Il avait besoin d’un changement d’air.

C’est lui qui a contacté l’instructeur-chef des Ravens, Steve Sumarah, afin de lui offrir ses services. Règlements obligent, il n’était pas admissible à jouer la saison 2017.

« Ce n’était pas facile de rester assis et regarder l’équipe jouer. C’était la première fois en 12 ans que je ne jouais pas une saison. Ça m’a rendu encore plus affamé », raconte Jonathan Edouard, qui dit se sentir de plus en plus à l’aise sur le terrain.

Ça semble être le cas pour le reste de ses coéquipiers aussi.

Tiens le secondeur gatinois Trevor Hoyte a provoqué deux ballons échappés en l’espace de quelques minutes, la semaine dernière, dans le gain de 21-18 contre Waterloo. Deux autres secondeurs, Jack Cassar et le Gatinois Joshua Denis Walsh, ont réussi 26 et 23 plaqués depuis le début de la saison, ce qui leur confère respectivement le premier et troisième rang à ce chapitre dans la conférence.

Edouard ne s’est pas pointé seul à Ottawa. Un de ses amis d’enfance à Orlando, le receveur Dominic Walker, l’a suivi, transférant aussi de la NCAA.

Le genre de « deux pour un » qui s’avère payant pour les Ravens.

Walker, qui évoluait auparavant à Troy University, a été choisi le joueur offensif de la dernière semaine en Ontario après avoir capté deux passes de touché du quart-arrière gatinois Mike Arruda, dont une de 95 verges.

« Dominic a grandi à quatre maisons de chez moi. Une fois qu’il a su que je me joignais à Carleton, je lui ai lancé l’idée qu’il devrait venir ici à son tour », a relaté Jonathan Edouard.

Ce dernier ne regrette pas sa décision de déménager loin des siens. « La première décision de ma vie que j’ai prise par moi-même. Mes parents m’ont appuyé, même s’ils étaient un peu nerveux au début », a-t-il précisé.

Les Ravens montrent une fiche de 2-1 en trois sorties en 2018. Pas pire pour un club qui faisait partie des négligés avant le début de la saison. Il avait perdu plusieurs vétérans depuis deux ans, dont le secondeur Justin Howell qui s’aligne maintenant chez le Rouge et Noir dans la LCF.

Carleton disputera son prochain match chez lui samedi après-midi, recevant Queen’s.

« Nous avons plusieurs morceaux intéressants ici. Si nous pouvons mettre ce casse-tête ensemble, nous pourrons être des aspirants à la Coupe Vanier, surtout si les autres équipes nous sous-estiment », a prédit Edouard.