À 17 ans, le Gatinois Sébastien Collard attaquera le deuxième tournoi Challenger de sa jeune carrière samedi. L’an dernier, il avait gagné une manche avant de s’incliner au premier tour. Il aimerait mesurer sa progression en affrontant un joueur plus âgé que lui en fin de semaine.

Du talent gatinois au parc de l’île

Les courts de tennis du parc de l’île ont reçu leurs premiers joueurs internationaux vendredi à la veille du début des qualifications du Challenger de Gatineau doté d’une bourse globale de 100 000 $US.

Si certains frappaient des balles afin de se familiariser avec les lieux en vue du tableau principal de lundi, d’autres avaient quelques papillons dans l’estomac à l’idée de se mesurer à des athlètes professionnels près de la maison dès samedi.

Sébastien Collard et sa sœur Mélodie ont reçu un laissez-passer pour le tableau des qualifications qui débutera samedi et pour la première fois, ils savent à quoi s’attendre parce qu’ils ont goûté à l’expérience l’an dernier. Les deux joueurs de Tennis Performance Outaouais (TOP) s’étaient très bien débrouillés à leurs premières armes chez les professionnels.

Sébastien et Mélodie avaient gagné une manche chacun malgré leurs défaites au premier tour. D’ailleurs, Ellen Perez, celle qui avait battu Mélodie en trois manches, avait fini par atteindre la finale du Challenger contre Aleksandra Wozniak.

Avec une année d’expérience de plus dans leurs bagages, les deux raquettes gatinoises attaqueront donc le tournoi avec un peu plus de confiance.

« Je suis passée bien près de battre la finaliste du tournoi l’an dernier. C’est complètement ouvert pour moi. C’est un peu moins énervant que l’an dernier », dit Mélodie, qui vient d’avoir 15 ans.

Se remettant d’une blessure qui l’a contraint à l’inactivité pendant près de quatre mois, Mélodie Collard n’a pas encore perdu chez les juniors depuis son retour au jeu en avril. Elle a gagné des tournois de qualifications aux Championnats canadiens U16 et U18 au cours des dernières semaines. Maintenant, elle s’apprête à échanger des balles avec des professionnelles pour la première fois en un an.

Unité de mesure

« Je me sens bien. Je suis vraiment excitée de voir où je suis rendue par rapport aux joueuses professionnelles. Je n’ai pas d’objectif précis pour le tournoi. Je veux juste jouer un bon niveau et me concentrer sur mon jeu », ajoute celle qui jouera vers 12 h 30 sur le court central.

Âgé de 17 ans, Sébastien Collard n’a pas d’attentes particulières pour ce tournoi disputé en sol gatinois.

« Le niveau de jeu est très relevé ici. Le tableau des qualifications est constitué de joueurs classés à partir du 300e rang mondial. À mon âge, je ne joue pas encore pour obtenir un classement et ce n’est pas dans un Challenger que je m’attends de faire mes premiers points du circuit ATP. Ça serait plus dans un tournoi Futures où j’ai gagné un premier match en double cette année. Mais bon, tout peut arriver. L’an dernier, j’ai gagné une manche même si je n’avais pas joué mon meilleur match. »

L’aîné de la famille Collard n’a pas l’intention d’attaquer le circuit professionnel immédiatement comme les surdoués que sont Denis Shapovalov (18 ans) et Félix Auger-Aliassime (17 ans). Pour lui, les études vont passer d’abord.

« Je vais terminer ma 12e année en anglais et viser le réseau universitaire américain en septembre 2019 », a avancé celui qui a été finaliste à une étape du championnat canadien U18 en plus d’ajouter une troisième place récemment.

Plus tard cet été, il participera à quelques tournois ITF chez les juniors en compagnie de sa sœur. Une présence aux Internationaux de Repentigny est dans les cartes.

Pour l’instant, il va savourer le moment de jouer devant parents et amis. « Je ne sens pas plus de pression parce que je joue à la maison. Je suis bien content d’avoir plus de monde pour venir me voir jouer. »

Autres locaux

Quelques autres joueurs de la région ont été admis dans le tableau des qualifications en soirée vendredi. C’est le cas de la Gatinoise Claudelle Labonté-Frey et des Ottaviens Malik Bhatnagar et Corina Spasojevic.

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LES CANADIENS ONT DES TITRES À PROTÉGER AU CHALLENGER DE GATINEAU

Le Challenger de Gatineau a eu de la chance au cours des dernières années.

De jeunes raquettes canadiennes ont profité de l’appui de la foule pour voler la vedette des tournois de 2016 et 2017. Chez les hommes, Peter Polansky et Denis Shapovalov sont les deux derniers champions alors que chez les dames, les dernières championnes ont également été des joueuses canadiennes. Bianca Andreescu a gagné le tournoi à 16 ans en 2016 et Aleksandra Wozniak a triomphé l’an dernier.

Rendu 25e au monde, Shapovalov n’a plus besoin de jouer des tournois de la série Challenger alors que Wozniak, blessée, ne défendra pas son titre cette année, mais d’autres Canadiens pourront prendre le relais.

Le succès des Canadiens à Gatineau a aidé aux guichets et les organisateurs espèrent que les favoris du public connaîtront un meilleur tournoi qu’à Winnipeg en ce moment où plusieurs Canadiens ont été éliminés dès le premier ou deuxième tour.

Premières têtes de série à Winnipeg, Polansky et Andreescu ont mordu la poussière rapidement et voudront se ressaisir à Gatineau où ils seront à nouveau les favoris.

« Il faut dire qu’ils reviennent de Wimbledon et que le décalage horaire a dû être difficile. Ils auront eu le temps de se reposer pour être frais et dispos à Gatineau », pense Mathieu Toupin, coprésident du tournoi gatinois.

Le Québécois Alexis Galarneau (19 ans) a été le seul à atteindre les quarts de finale chez les hommes à Winnipeg. L’Ontarienne Rebecca Marino jouera la demi-finale samedi. Felip Peliwo, Brayden Schnur et Frank Dancevic n’ont pas fait long feu alors que Katherine Sebov, troisième tête de série, a abandonné son match de premier tour même si elle était en avance 4-1. Aux dernières nouvelles, elle sera à Gatineau lundi. N’empêche, Mathieu Toupin est fier de la qualité des joueurs dans les deux tableaux du tournoi de 2018.

« Peter Polansky est rendu 110e au monde. Il frôle avec le top-100 et chez les femmes, nous avons plusieurs joueuses parmi les 200 meilleures au monde. Il faudra surveiller la jeune Leylah Fernandez de Laval qui a fait une demi-finale junior à Roland-Garros. Elle n’a que 14 ans, mais elle est promise à un bel avenir. »