Vendredi soir, la Montréalaise de 17 ans a poursuivi son travail de destruction en quarts de finale en liquidant la Française Julie Coin 6-1 et 6-2 en seulement 63 minutes. Âgée de 31 ans, Coin était la deuxième favorite du tournoi.

Challenger de Gatineau: Abanda poursuit son ascension

Plus le tournoi avance, plus Françoise Abanda malmène ses opposantes.
Les spectateurs du Challenger de Gatineau assistent à quelque chose de spécial cette semaine. Ceux qui prévoient passer par le parc de l'Île en fin de semaine ne devraient pas hésiter, car la vedette florissante du tennis québécois ne disputera plus beaucoup de tournois de type challenger au rythme où elle progresse.
Vendredi soir, la Montréalaise de 17 ans a poursuivi son travail de destruction en quarts de finale en liquidant la Française Julie Coin 6-1 et 6-2 en seulement 63 minutes. Âgée de 31 ans, Coin était la deuxième favorite du tournoi. Elle a déjà pointé au 60e rang mondial en 2009.
Coin est une des meilleures joueuses à faire partie du tableau de chasse de la jeune raquette québécoise. «Je commence à gagner des matches contre des filles qui sont classées autour de la 100e position. Julie est une très bonne joueuse. Elle était mieux classée que moi. Je savais que je devais jouer un gros match pour gagner et c'est ce que j'ai fait. J'ai l'impression de jouer mon meilleur tennis en carrière», a dit celle qui s'assure de 24 points ITF et de 1144 $US avec cette victoire.
De son côté, Julie Coin a montré des signes de frustration pendant son match. Elle se criait des bêtises à haute voix en plus de cogner sa raquette au sol quand elle n'arrivait pas à retourner les bombes de sa rivale.
«Mon match était nul. J'étais très déçu de mon niveau de jeu. Je n'ai pas réussi à jouer. [Abanda] est très bonne. Elle est rapide. Elle met de la pression. Elle n'a pas fait d'erreurs, mais jamais je n'aurais dû perdre 6-1, 6-2. Je n'avais pas de plan de jeu. J'étais un peu lente. J'ai mal servi. Il n'y a pas un endroit où mon jeu allait bien», a répondu celle qui revendique neuf participations dans des tournois du Grand Chelem.
Finalement, c'est la Franco-Ontarienne Élisabeth Fournier qui a donné le plus de fil à retordre à Françoise Abanda depuis le début de la semaine. L'Ottavienne a réussi à gagner six jeux contre seulement trois points chacun pour Coin et l'Américaine Alexandra Mueller.
Et sur son chemin?
Qui pourra bien arrêter ce diamant à l'état brut?
Hiroko Kuwata, septième tête de série, sera sa prochaine adversaire en demi-finale. Celle-ci a éliminé la Tawaïnaise Chieh-Yu Hsu 6-2, 6-4 vendredi. En cas de victoire, Abanda pourrait bien retrouver la favorite Risa Ozaki en finale. Celle-ci a démontré une belle capacité de retourner les balles dans son duel serré contre la Québécoise Stéphanie Dubois au premier tour. Ozaki n'a jamais été inquiétée depuis. Vendredi, elle a disposé de sa compatriote Maya Hibi en deux manches. Elle sera maintenant confrontée à la Française Stéphanie Foretz, qui a eu raison de la Japonaise Miharu Imanishi en deux manches de 6-4.
Classée 241e au monde, Françoise Abanda poursuit son ascension. Julie Coin représentait certainement son plus gros test cette semaine. Malgré ses succès, Abanda est resté de glace, ne montrant aucune émotion.
«À date, ça va bien. Je joue à un très haut niveau, donc je reste calme et détendue. Je joue en confiance. La surface dure est ma préférée. J'ai hâte de jouer la demi-finale. Plus ça avance, plus ce sera difficile.»
En double
Les dernières Canadiennes dans le tableau du double ont pour leur part subi l'élimination en demi-finale vendredi après-midi. Le duo de Carol Zhao et Erin Routliffe, qui boitait en plus de porter un bandage au mollet droit, a cédé en deux manches de 6-3 contre les Japonaises Hiroko Kuwata et Chiaki Okadaue.
Celles-ci affronteront la Japonaise Mana Ayukawa et de la Polonaise Justyna Jegiolka en finale samedi.
Le Canada, une destination cotée chez les joueuses nippones
Elles viennent de loin, mais elles sont omniprésentes au Challenger de Gatineau cette semaine. Le Canada était évidemment le pays le mieux représenté avec 11 joueuses dans le tableau principal de 32 joueuses, mais les Japonaises n'étaient pas loin derrière avec sept représentantes.
Quatre d'entre elles ont atteint les quarts de finale. Deux seront en demi-finale samedi. Trois des quatre joueuses de la finale du double sont originaires du pays du Soleil Levant. Pourquoi sont-elles si nombreuses en Outaouais cette semaine?
Premièrement, les joueuses font remarquer qu'elles ne voyagent pas régulièrement ensemble. Si elles représentent plus d'une joueuse sur cinq au Challenger de Gatineau, c'est pour une combinaison de raisons.
«Pour la beauté du paysage, signale d'abord Miharu Imanishi. Les gens sont vraiment très gentils et très accueillants au Canada», ajoute-t-elle.
Sa compatriote Mana Ayukawa abonde dans le même sens.
«Quand je consulte la liste des tournois, je mets beaucoup d'importance sur leur niveau de jeu. Au Japon, il y a beaucoup de bonnes joueuses et les places sont limitées dans nos tournois. Le Canada, c'est loin, mais il y a plusieurs belles villes et les gens sont ouverts. Ça nous donne la chance de pratiquer l'anglais parce qu'en Asie, on parle notre langue tout le temps. J'irai à Granby la semaine prochaine. Quelques bons tournois se suivaient ici», explique celle qui fera les frais de la finale du double aujourd'hui en compagnie de la Polonaise Justyna Jegiolka.
Miharu Imanishi sera aussi à Granby la semaine prochaine, puis à Vancouver la semaine suivante alors qu'Hiroko Kuwata, demi-finaliste en simple et finaliste en double samedi, fera le même chemin, mais en se dirigeant ensuite vers les États-Unis afin de jouer dans quelques tournois préparatoires du US Open.
Maya Hibi, éliminée par la favorite Risa Ozaki vendredi, pense pour sa part que la qualité du tennis est en progression au Canada, ce qui augmente la qualité des tournois. «Le tennis devient populaire ici. Il commence à y avoir de bonnes joueuses. J'avais l'occasion de faire deux Challengers de suite avant d'aller à Lexington, aux États-Unis. Pour des joueuses qui sont sur la ligne comme moi, c'est une bonne place pour amasser des points», raconte celle qui est classée 267e au monde.
Enfin, la favorite Risa Ozaki avait une raison bien simple de faire un détour vers Gatineau. La semaine prochaine, elle devra défendre les points qu'elle avait empochés en triomphant au Challenger de Granby en 2013.