L'athlète de Rockland Jean-Nicolas Carrière est finalement sortie de son mutisme après avoir appris qu'il était laissé de côté par Bobsleigh Canada en vue des Jeux olympiques.

Carrière fait son deuil des JO

Un mois après avoir été laissé de côté en vue des Jeux olympiques, un athlète de Rockland brise son silence.
Le freineur Jean-Nicolas Carrière a livré un témoignage émouvant sur son site web en milieu de semaine. Il parle «d'échec», de sa fierté qui a été écorchée tout en ayant eu l'impression d'avoir laissé tomber les gens qui l'appuyaient depuis le printemps 2012.
Bobsleigh Canada a dévoilé en décembre la liste des 16 athlètes qui représenteraient le pays à Sotchi. Le nom de Carrière, un ancien joueur de football professionnel, ne s'y trouvait pas.
À l'époque, il n'avait pas donné suite aux demandes d'entrevues.
«Ça m'a pris un bout de temps pour avoir le courage d'écrire ce message-ci. J'ai eu quatre journées à rouler à travers le pays, le mois passé, pour réfléchir, affronter la réalité et penser à ce qui m'attend maintenant, peut-on lire sur le site myridetoslide.ca.
«J'utilise le mot courage, car pour moi, c'est un constat d'échec que d'écrire ces mots.»
Carrière a rappelé qu'il y a deux ans, il s'était fixé l'objectif de se qualifier en vue des Jeux. Il avait épaté l'hiver dernier à sa saison recrue, participant notamment aux championnats du monde en plus de terminer septième lors d'une épreuve de la Coupe du monde à... Sotchi.
«Je suis passé proche, mais la réalité, c'est que j'ai échoué. C'est aussi simple que ça. Sinon, je serais en Europe en ce moment à participer à des compétitions avec mes amis», a affirmé l'athlète âgé de 28 ans, qui avait délaissé un emploi dans le milieu financier afin de déménager à Calgary où se trouve le centre d'entraînement de Bobsleigh Canada.
Son sort olympique a été décidé, ou presque, en septembre lors de tests annuels. Ses résultats avaient déçu les entraîneurs, qui l'ont retiré de l'un des trois équipages canadiens.
Accepter la défaite
«La seule façon dans ce sport de s'assurer d'un poste, c'est d'obtenir de bonnes performances. Malheureusement, les miennes n'étaient pas assez bonnes», a écrit Carrière. Ce dernier a insisté sur une chose. Il accepte cette «défaite personnelle».
«D'autres athlètes ont connu tout simplement de meilleures performances que moi. Ils sont parmi les meilleurs athlètes avec lesquels j'ai eu la chance de m'entraîner. De perdre aux mains de ces grands athlètes, qui sont également mes amis, s'avère une consolation (...) Une chose qui m'aide à passer à travers tout ça, c'est que je sais que j'ai donné tout ce que j'avais tout en restant fidèle à mes valeurs durant ces deux années.»
Jean-Nicolas Carrière a remercié les gens qui se sont rangés derrière lui dans cette aventure. Il a aussi senti le besoin de s'excuser auprès de ces mécènes.
«J'ai échoué à porter fruit votre investissement financier et émotionnel à mon endroit. J'ai l'impression d'avoir volé la confiance que vous aviez placée en moi dans les dernières années puisque je ne pourrai pas vous remercier de la seule façon dont il m'était possible, soit en participant aux Jeux olympiques à Sotchi (...) Je suis sincèrement désolé. La seule consolation que je peux vous offrir, c'est ma parole, que j'ai tout donné dans cette aventure, que votre aide n'a pas été gaspillée.»
L'aventure du bobsleigh terminé, Carrière se donnera un peu de temps afin de se reposer et dénicher un nouvel emploi. Mais surtout, il compte encourager ses coéquipiers durant les Jeux.
Un de ces bobeurs, James McNaughton, lui a rendu hommage via les médias sociaux.
«Je peux dire qu'il (Jean-Nicolas) n'a pas échoué, il a tout donné ce qu'il avait, il a rencontré des personnes exceptionnelles sur sa route et il peut dire qu'il a fait une bonne impression auprès d'une tonne de gens!»