La planchiste gatinoise Caroline Calvé a annoncé hier qu'elle allait être de retour sur les pentes l'an prochain.

Caroline Calvé a encore le feu sacré

Près d'un mois après des Jeux olympiques qui ne se sont pas passés comme elle l'aurait souhaité, Caroline Calvé est de passage dans son patelin ces jours-ci.
Une tournée médiatique était à son programme hier, mais la surfeuse des neiges originaire du secteur Aylmer de Gatineau n'était pas venue annoncer qu'elle était prête à ranger ses planches, ses bottes et ses combinaisons de lycra une fois pour toutes, à l'âge de 35 ans. Au contraire.
Sans être prête à se rembarquer pour un autre cycle de quatre ans menant à Pyeongchang en 2018, celle qui était un espoir de médaille à Sotchi pense être au moins de retour pour une autre saison sur le circuit de la Coupe du monde de surf des neiges.
«Quand je suis revenue de Sotchi, et même là-bas, je me disais, j'arrête après ça. Toute ma préparation des trois années précédentes me menait là. C'était malgré ce que j'entendais autour de moi, dans mon entourage. Mon psychologue sportif, par exemple, me suggérait de faire une autre année, pour que les Jeux ne soient pas l'ultime objectif, ou peut-être pour alléger la pression un peu», confiait-elle hier lors d'un passage aux bureaux du Droit.
«En revenant, c'est certain que je ne voulais rien savoir de faire du snow encore, j'étais un peu fâchée de mes résultats, un peu déçue, toutes sortes d'émotions. Mais depuis quelques semaines que je suis revenue chez moi, que j'ai participé aux championnats canadiens et que je suis encore championne canadienne, ça m'a comme redonné le goût au snowboard. Mon chum me dit, pourquoi tu ne te rends pas aux championnats mondiaux? J'ai eu une belle carrière... mais je n'ai jamais bien fait à des grosses courses comme les Jeux et les championnats du monde, et ça, ça me manque», ajoutait-elle.
Un 6e titre national
Calvé, rappelons-le, a terminé en sixième place du slalom géant parallèle à Sotchi, éliminée en quarts de finale. Elle a ensuite été 26e lors des qualifications du slalom parallèle, n'obtenant donc pas sa place pour la ronde finale. Mauvais coup du sort, sa semaine a été gâchée notamment par un vilain virus qui l'a affaiblie, et qui l'a attaquée à nouveau à son retour à la maison.
Aux championnats canadiens tenus en fin de semaine au Mont-Tremblant, elle s'est réconciliée avec son sport en l'emportant en slalom géant, son sixième titre national, en plus de finir deuxième au slalom parallèle.
Il y a encore quelques conditions qui doivent être remplies avant qu'elle ne prenne une décision finale. En cette année olympique, elle avait plusieurs commanditaires (RBC, Sanofi Canada, Groupe Montclair, Ropack et Bio K-plus) et elle devra voir lesquels seront de retour pour l'appuyer pour une saison post-olympique. Il y a aussi son sport qui parle d'effectuer un changement de formule, soit que le slalom géant soit disputé sur deux descentes plutôt qu'une seule, et que seul le chronomètre détermine le gagnant.
«On se fait souvent demander quelle est la différence entre le slalom géant et le slalom parallèle, car les deux sont disputés en parallèle. Si ce changement est apporté, on reviendrait comme aux débuts de notre sport aux Jeux, à Nagano en 1998. Je m'en voudrais de ne pas vivre ça, je ne l'ai jamais vécu, car ils ont arrêté ça avant que je commence. S'ils font ça, j'ai vraiment le goût de faire une autre saison, ça me permettrait de faire une meilleure transition», dit Calvé.
Une carrière en télé?
Gagnante de trois épreuves de la Coupe du monde, dont une au début de la dernière saison en Italie, Caroline Calvé prépare son après-carrière en prenant des cours de communications par correspondance, elle qui est fortement attirée par le monde de la télévision. Avec son conjoint, elle a également des plans pour fonder une famille.
En attendant de prendre une décision finale, l'athlète passera les prochaines semaines à faire des apparitions publiques dans des écoles, notamment. Elle a aussi hâte de prendre deux semaines de vacances à un endroit qui reste à être déterminé, en plus de sauter sur son vélo, si le printemps peut se pointer un jour.
Mbrassard@ledroit.com