Geraint Thomas a lancé une attaque lors de la dernière ascension vers La Rosière,

Sky frappe au premier sommet

LA ROSIèRE — La première arrivée au sommet du Tour s’est conclue en faveur de l’équipe Sky: le Gallois Geraint Thomas a gagné la 11e étape, mercredi, à La Rosière, et a pris les commandes devant son leader Chris Froome.

Des favoris du Tour, seul le Néerlandais Tom Dumoulin, le vainqueur du Giro 2017, a résisté au rouleau compresseur de la formation britannique.

À l’arrivée de cette courte mais très dure étape de 108,5 kilomètres, Thomas a précédé de 20 secondes Dumoulin et Froome. Les autres prétendants n’ont pu résister, dans les 5 derniers kilomètres, aux accélérations violentes de Thomas puis de Froome.

L’addition a été conséquente pour le Français Romain Bardet, le Colombien Nairo Quintana, l’Italien Vincenzo Nibali et le Slovène Primoz Roglic, qui ont concédé près d’une minute à Thomas dans le final. Plus salée encore pour l’Espagnol Mikel Landa (1 min 47 sec).

Et que dire du bilan proche de la catastrophe pour le Danois Jakob Fuglsang (près de 4 minutes) et le Britannique Adam Yates (pas loin de 5 minutes...

Trois jours après sa chute sur les pavés, le Colombien Rigoberto Uran, dauphin de Froome l’an passé, a abandonné plus de 26 minutes. Encore plus que le précédent porteur du maillot jaune, le Belge Greg Van Avermaet !

«Une position idéale» selon Froome
Thomas (32 ans) avait porté le maillot jaune pendant quatre jours en début de Tour l’an passé. Lieutenant ambitieux de Froome, il a gagné le mois dernier le Critérium du Dauphiné, la répétition alpestre du Tour.

«J’ai couru à l’instinct», a déclaré le double champion olympique sur piste à Pékin-2008 et à Londres-2012 avec l’équipe britannique de poursuite. «Je ne m’attendais pas à gagner. C’est seulement à 3-4 kilomètres de l’arrivée que j’ai pensé que c’était possible».

Le Gallois se retrouve désormais aux commandes du Tour. Avec 1 min 25 sec d’avance sur Froome et 1 min 44 sec sur Dumoulin. Mais sans pour autant réclamer les pleins pouvoirs.

«Froomey est évidemment le leader», a insisté le nouveau maillot jaune qui appelle son coéquipier par son surnom. «Il a gagné six grands tours alors que, pour moi, une course de trois semaines est une inconnue (en tant que leader)».

Pour tenter de couper court aux discussions à venir sur la hiérarchie chez Sky, le directeur sportif Nicolas Portal avait réagi très vite après l’arrivée: «Ils ont très bien joué le coup. Ils ont travaillé ensemble, ils ont parlé ensemble, le tandem a très bien marché.»

Froome (33 ans) a confirmé tout en livrant à chaud une version légèrement différente de celle de son directeur sportif à propos de l’attaque de son coéquipier: «C’était parfait, on n’a même pas eu à discuter et c’était la bonne chose à faire pour Geraint.»

«Nous nous sommes mis dans une position idéale», a estimé le vainqueur sortant du Tour qui a réagi à un démarrage de l’Irlandais Dan Martin, à l’approche des trois derniers kilomètres, alors que Thomas disposait déjà d’une marge d’une vingtaine de secondes.

Jeudi, l’étape-reine des Alpes mène de Bourg-Saint-Maurice à l’Alpe d’Huez (175,5 km) par les cols de la Madeleine et de la Croix-de-Fer. D’autres changements sont en vue.