La fondeuse Katherine Stewart-Jones concourra en terrain connu. La jeune femme de 23 ans a appris à skier dans les sentiers de l’Outaouais où seront tenus les championnats canadiens.

Ski de fond : Stewart-Jones veut gagner en Outaouais

Une affichait un large sourire, l’autre avait le moral dans les talons.

Faites la connaissance de Katherine Stewart-Jones et Laura Leclair. Deux favorites locales, deux réalités bien différentes, mardi matin, à la veille du début des championnats canadiens de ski de fond en Outaouais.

L’événement se déroulera pendant sept jours au centre nordique Nakkertok situé sur chaque côté de la frontière séparant Gatineau et Cantley. Plus de 800 athlètes sont attendus des rangs juniors et seniors.

Stewart-Jones ne cachait pas son désir de gagner un titre national dans son patelin. « Nous sommes plusieurs à avoir appris à skier sur ces sentiers, à avoir grandi ici », a noté la jeune femme de 23 ans, un produit du club Nakkertok.

Cette dernière a terminé 28e au 30 km des championnats du monde, il y a une dizaine de jours, en Autriche. Elle est déjà assurée de sa place au départ des finales de la Coupe du monde à la fin du mois à Québec.

Tout le contraire de Leclair, qui comptait se servir de la prochaine semaine pour obtenir son laissez-passer en vue du dernier rendez-vous international de l’hiver.

Le hic ? La fondeuse du club Chelsea Nordiq ne pourra pas concourir mercredi ni jeudi.

« On verra après. Je suis malade depuis mon retour des Jeux du Canada », a confié l’athlète âgée de 22 ans. Leclair a enfilé ses skis mardi, question de voir comment son corps allait réagir pour un premier entraînement depuis une semaine. Les signaux étaient clairs. Les jambes et tout le reste ne veulent pas suivre.

« Les sensations n’étaient pas celles que je recherchais », a-t-elle avoué.

Ce qui la frustre encore plus ?

Les médecins ignorent la source de son problème.

« Au début, j’avais mal à la gorge. On pensait que c’était une infection au streptocoque. Peut-être que c’est une sinusite. Mais on ne sait pas si c’est ça. »

Ça arrive à un bien mauvais moment. Leclair venait de connaître ses meilleurs moments de la saison, gagnant quatre médailles aux Jeux du Canada. Tout semblait possible pour elle en vue de ces premiers championnats nationaux à se tenir dans la région de l’Outaouais depuis les années 1990.

Leclair se croise les doigts que son état de santé finira par s’améliorer dans les prochains jours. Sinon, elle devra s’en remettre aux choix discrétionnaires de Ski de fond Canada afin de se retrouver aux finales de la Coupe du monde.

En étant le pays hôte, le Canada disposera de laissez-passer additionnels.

En plus de Leclair et Stewart-Jones, les principaux gros noms locaux en piste seront Antoine Cyr, Pierre Grall-Johnson et Zoë Williams. Le premier a gagné deux médailles aux Jeux du Canada en plus de terminer 20e à l’épreuve de sprints des championnats du monde des moins de 23 ans.

La première journée de courses aura lieu mercredi avec la tenue du départ par intervalle en technique classique dès 9 h. L’entrée aux courses est gratuite pour les spectateurs.

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Dirk Van Wijk est reconnu comme l’un des meilleurs préparateurs de piste de ski de fond au monde. Le père de famille de Cantley était de l’aventure olympique en 2010 et 2018.

DE SKIEUR À ARTISTE DES PISTES

Dirk Van Wijk était de l’aventure olympique à Vancouver puis de PyeonChang, huit ans plus tard, en Corée du Sud. On le retrouvera aussi bientôt aux finales de la Coupe du monde sur les plaines d’Abraham, à Québec.

Non, le quinquagénaire de Cantley n’est plus un skieur de fond élite. Sa carrière d’athlète remonte à la fin des années 1970 alors qu’il concourait au sein de l’équipe canadienne junior.

Le père de famille s’avère «dameur en chef» lors des championnats canadiens. La responsabilité de préparer les pistes lui reviendra dans la prochaine semaine. Un domaine qu’il connaît bien comme en font foi ses deux présences aux Jeux dans ce rôle.

«Les gens disent que ‘damer’, c’est de la science. Moi, je soutiens plutôt qu’il faut se fier à ses instincts, qu’il s’agit de l’art», a-t-il lancé, mardi matin, après un sommeil de... trois heures.

Son équipe et lui avaient passé la nuit au centre nordique Nakkertok, de 20h à 4h, à travailler la neige et tracer les sentiers en vue de la journée officielle d’entraînement. Un scénario qui va se répéter dans les prochains jours, surtout que de la pluie et du temps doux sont prévus plus tard dans la semaine.

Ça ne semble pas inquiéter le dameur en chef. Il a déjà eu à composer avec les caprices de dame Nature aux Jeux en 2010 en Colombie-Britannique.

«La température va se réchauffer jeudi et vendredi pour ensuite se refroidir. Ce qui demande le plus de temps de travail, c’est justement quand tout gèle après de la pluie. Mais ça ira bien. Nous avons toute la machinerie nécessaire ici.»

Ces championnats revêtent un cachet particulier chez les Van Wijk. 

Ils se déroulent chez eux. Littéralement sur leur propre terrain.

En 2003, Claudia et Dirk Van Wijk ont acheté plus de 300 acres de la famille Weber et 50 acres supplémentaires près du sentier Powerline. Des travaux majeurs pour agrandir le centre nordique Nakkertok qui s’y trouvait déjà ont été entrepris.

Un stade a été construit où on y retrouve les départs et arrivées. Des sentiers ont été éclairés. Un chalet principal a été aménagé. Une hutte de chronométrage a été ajoutée.

Le plus gros ajout ?

Ces canons à fabriquer de la neige.

«L’an dernier, nous avons pu aménager un sentier de deux kilomètres dès le 11 novembre. Mais ailleurs dans la région, tu ne pouvais skier qu’à la mi-décembre. Tout le monde venait ici. Ça jouait du coude sur la piste !»

Il y a un total de 40 km de sentiers de ski de fond au centre. De ce nombre, 7,5 km serviront aux championnats canadiens.