Brad Sinopoli n’était pas à Vancouver pour affronter les Lions, la semaine dernière. Comme ses coéquipiers, il espère que le Rouge et Noir pourra renverser la vapeur, samedi.

Sinopoli écoule les dernières semaines de son contrat

Brad Sinopoli refuse de penser à ce qui pourrait lui arriver, à la fin de la saison.

Le joueur canadien par excellence de la Ligue canadienne de football en 2018 écoule les dernières semaines de son contrat.

Tous les autres joueurs qui l’aidaient à former l’attaque dévastatrice du Rouge et Noir ont quitté Ottawa. Il est maintenant seul. Il n’a jamais été capable de développer une complicité avec les jeunes qui ont pris la relève.

Dans le vestiaire, tout le monde peut bien s’entendre.

Sur le terrain, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Bref. Sinopoli pourrait facilement imiter Trevor Harris, Greg Ellingson, William Powell et SirVincent Rogers en migrant vers l’ouest, l’hiver prochain.

Il ne veut pas y penser.

« J’ai toujours appliqué la même recette. Je ne me suis jamais donné le droit de voir trop loin. Je n’ai jamais voulu penser à la saison morte alors que la saison n’était pas encore finie », explique-t-il.

« Je n’ai pas été joueur autonome trop souvent, dans ma vie. Mais vous savez, ces choses-là... »

Il s’apprêtait à dire qu’il n’avait aucun contrôle sur cette situation.

Il était trop honnête pour continuer.

« En réalité, on contrôle un peu notre avenir. On contrôle notre destinée avec les performances qu’on livre, semaine après semaine. Mes performances au cours des prochaines semaines auront un grand impact sur ce qui m’arrivera dans les prochains mois. »

Sinopoli veut donc vivre dans le moment présent.

Dans le présent, le demi inséré de 31 ans reprend sa place dans la formation débutante. Il sera sur le terrain de la Place TD, samedi soir, quand le Rouge et Noir affrontera les Lions de la Colombie-Britannique.

Il a raté le triste match de la semaine dernière. Il n’était pas à Vancouver, pour voir les Lions remporter un premier match à domicile en 2019.

Dans le deuxième affrontement de la série aller-retour, le Rouge et Noir voudra forcément faire les choses différemment. L’équipe devra trouver quelque chose – n’importe quoi – pour mettre un terme à sa séquence de cinq revers consécutifs.

L’entraîneur-chef Rick Campbell est le premier à reconnaître que les temps sont durs.

« Il y a trois ans, je vous aurais sans doute menti en vous disant que tout cela ne m’affecte pas. Les leaders doivent parfois faire cela. Ils doivent prétendre que tout va toujours bien », a-t-il déclaré durant son point de presse d’avant-match.

« Ça fait partie de la vie, en fait. Les gars qui veulent la gloire et qui rêvent de gagner la coupe Grey doivent vivre avec les risques du métier. Ils doivent s’attendre à se faire botter le derrière, à l’occasion. »

Face au climat morose, Sinopoli propose la même vision à court terme.

Le vétéran a de la chance, dans une certaine mesure. Il n’avait jamais encore jamais appartenu à une formation qui croupit dans les bas-fonds du classement.

« J’ai toujours pensé de la même façon. Même quand j’avais la chance de jouer dans une équipe qui se battait pour le championnat de sa section, je me disais toujours qu’il n’y avait rien à gagner à penser trop loin. »

« Nous avons une bonne idée de ce que les gens disent à notre sujet, à l’extérieur du vestiaire. Dans le vestiaire, l’ambiance n’est pas toujours à son meilleur. Il faut aborder cette saison, dans l’ensemble, de la même façon qu’on aborde chaque match. Dans un match, il y a toujours un mauvais quart ou une mauvaise séquence à l’attaque. Il faut savoir passer l’éponge pour s’en remettre rapidement. »

Sinopoli refuse de laisser les revers saper son moral. La capitale demeure sa ville d’adoption. Plus jeune, il a été le quart partant des Gee Gees de l’Université d’Ottawa.

« Il faut savoir accepter le bon et le moins bon. J’ai passé du très bon temps ici. J’ai aussi passé de moins bons moments. En ce moment, ça ne va pas trop bien. Il y a une seule façon de s’en sortir. Il faut continuer à travailler. On ne peut pas regarder ailleurs et attendre qu’un autre joueur réussisse de gros jeux. Chacun a sa part de responsabilité. »