Le directeur des opérations hockey des Olympiques de Gatineau, Alain Sear, échange une poignée de main avec Daniel Gingras après l’assemblée extraordinaire des actionnaires mardi après-midi.

Silence intrigant des actionnaires des Olympiques après leur rencontre

En pleine gestion de crise interne, les actionnaires des Olympiques de Gatineau ont tenu une assemblée extraordinaire de deux heures au centre Robert-Guertin mardi après-midi.

Est-ce que l’abcès a été crevé? Les quatre actionnaires contestataires ont-ils réussi à rallier la majorité dans leur tentative de putsch? Est-ce que Alain Sear est toujours propriétaire et  directeur des opérations hockey? Est-ce que l’organisation a choisi le statu quo? Si c’est le cas, les actionnaires mécontents vont-ils quitter l’équipe?

Pour obtenir les réponses à toutes ces questions, il faudra attendre à mercredi après-midi. Le président Martin Lacasse va tenir une conférence de presse pour faire une «mise au point organisationnelle».

Aucune autre information n’a été divulguée aux médias. À leur sortie de rencontre, les actionnaires ont tous refusé d’accorder des entrevues. Louis X. Lavoie, avocat des Olympiques spécialisé dans la gouvernance corporative des organismes à but non lucratif, a été le premier à sortir de la salle du président du centre Guertin pour demander aux médias des quitter les lieux en attendant la publication d’un communiqué.

Dans le stationnement, Alain Sear a échangé une poignée de main sincère avec Daniel Gingras, un des actionnaires favorables à des changements administratifs au sein de l’organisation. Les deux hommes ont échangé des sourires avant de rapidement filer dans leurs voitures.

Le mot d’ordre semblait bien clair pour tout le monde. Personne n’avait le droit de parler. Toutes les tentatives du Droit pour aborder les sources qui ont contribué à lancer la saga chez les propriétaires des Olympiques la semaine dernière se sont butées à un mur. Aucune information n’a été ébruitée.

Sans être au parfum de la situation, un acteur de longue date de la LHJMQ avait toutefois sa théorie sur l’omertà imposée aux actionnaires après leur rencontre extraordinaire.

«Les avocats sont impliqués. Il doit y avoir des enjeux légaux qui pourraient coûter cher à celui qui va parler. Le club essaie de faire les choses comme il faut. Il pourrait  y avoir des conséquences pour celui qui va s’échapper. Une lettre de confidentialité doit avoir été signée par les actionnaires.»

Pour cet intervenant, le silence radio des actionnaires pourrait également signaler qu’une résolution a été adoptée à la suite de la rencontre de deux heures.

«D’après moi, ça veut dire que les 10 actionnaires sont sur la même page, sinon il y en aurait un qui aurait parlé. S’il y avait eu une chicane, il y aurait eu une fuite assurée. Ça s’est terminé de façon civilisée. Des affaires doivent avoir été réglées.»

Suspense et attentes

Toujours est-il que ce mutisme ne fait qu’augmenter le suspense et les attentes par rapport à cette conférence de presse. Tous les scénarios sont dans l’air.

Le Droit doit avoir fait une trentaine d’appels en soirée. Tous avaient leurs hypothèses sur le contenu de la conférence de presse, incluant le congédiement de l’entraîneur-chef Éric Landry, qui vient de perdre 12 matches de suite avant de partir en congé.

«Le fait qu’ils n’ont répondu à aucune question ne fait qu’alimenter le moulin à rumeurs. S’il fait la conférence de presse seul, est-ce que Lacasse va annoncer le départ de Sear? Lacasse va-t-il simplement annoncer sa propre démission? Va-t-il annoncer le rachat des actionnaires contestataires? Est-ce que l’enquête interne aura servi à acheter du temps et enclencher un processus de médiation? Il reste beaucoup de questions à répondre avant de redonner de la crédibilité à ce club», a signalé un autre intervenant associé à un autre club de la LHJMQ.

Organisation la plus titrée de l’histoire de la LHJMQ avec sept coupes du Président et une coupe Memorial, les Olympiques croulent dans les bas-fonds du classement du circuit Courteau depuis trois saisons. Leurs partisans sont de moins en moins nombreux dans les gradins du «Vieux Bob». La semaine dernière, ils ont évolué devant des foules inférieures à 1000 personnes à deux reprises même si les assistances officielles (les billets distribués) ont été de 1361 et 1571 spectateurs.

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PAS DE CHANGEMENT? PAS DE JOUEURS DE QUALITÉ

L’agent X représente des espoirs de premier plan du prochain repêchage de la LHJMQ.

Il ne veut pas être nommé afin de ne pas nuire à ses clients, mais selon l’agent X, il ne servira à rien aux Olympiques de Gatineau d’utiliser leurs nombreux choix de première ronde pour repêcher un de ses joueurs en juin prochain s’il n’y a pas de changement à leur structure organisationnelle.

«Comme agent, je ne pourrai pas regarder un parent dans les yeux et lui dire que l’encadrement offert par les Olympiques est ce qu’il y a de mieux pour le développement de son enfant. C’est ma philosophie. Je suis comme ça. La culture d’entreprise actuelle de cette équipe fait défaut.»

L’agent X a déjà représenté plusieurs joueurs à Gatineau par le passé. Il a toujours noté le retard de l’organisation par rapport à son encadrement scolaire.

«Des fois, nous pouvions tolérer parce que Benoît Groulx a quand même développé de bons joueurs de hockey ici. Nous savons qu’il y a encore des entraîneurs de qualité qui tiennent l’organisation à bout de bras. Ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont comme ressources, mais côté scolaire, l’organisation doit montrer une volonté de trouver des solutions. D’autres organisations ont été capables de changer cette culture très rapidement comme l’Armada de Blainville-Boisbriand après le Junior de Montréal où tout était croche.»

L’agent X est réticent à envoyer ses clients à Gatineau, mais ce n’est pas le cas de toutes les agences.

«Ce qui est bien avec Alain Sear, c’est qu’il paye bien lorsque vient le temps de négocier des bourses d’études. Sur le plan hockey, nous n’avons pas eu de problèmes avec les Olympiques. Nous allons continuer à envoyer des joueurs à Gatineau. C’est parfait pour les joueurs anglophones et beaucoup de recruteurs peuvent voir les joueurs dans ce marché frontalier», a expliqué cet autre agent joint par Le Droit mardi soir.