«Nous devons trouver la meilleure façon de présenter des Jeux olympiques sécuritaires», a expliqué le Dr Hitoshi Oshitani dans le cadre d’une rencontre du Club des correspondants étrangers du Japon.

Si les JO avaient lieu en février, alors ils seraient annulés, dit un virologue

TOKYO - Un virologue japonais réputé a déclaré mercredi que si les Jeux olympiques de Tokyo commençaient demain, alors ils seraient probablement annulés en raison de la vitesse de propagation du virus provenant de Wuhan, en Chine.

«Nous devons trouver la meilleure façon de présenter des JO sécuritaires, a expliqué le Dr Hitoshi Oshitani, dans le cadre d’une rencontre du Club des correspondants étrangers du Japon. En ce moment, nous n’avons pas de stratégie efficace, et je crois que ce serait difficile de présenter des JO (en ce moment). Mais à la fin du mois de juillet, la situation pourrait être différente.»

Le Comité organisateur des JO de Tokyo et le Comité international olympique ont répété maintes fois au cours des dernières semaines qu’ils suivaient les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et que les JO auraient lieu tel que prévu.

Mais, chaque jour qui passe, l’impact du virus semble grandissant, ainsi que ses conséquences: les épreuves de qualifications olympiques sont annulées ou remises, les voyages sont difficiles, et les athlètes, ainsi que leurs proches, sont inquiets. Sans parler des commanditaires et de réseaux de télédiffusion qui ont investi des milliards de dollars dans l’aventure.

Les Jeux olympiques modernes, qui sont nés en 1896, ont été annulés uniquement à cause de la guerre, et ceux de 1980 et 1984 ont été assombris par le boycottage.

Oshitani, un ex-conseiller de l’OMS qui l’éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) il y a 20 ans, est optimiste, mais a tout de même été prudent quant à la tenue des JO du 24 juillet au 9 août.

«J’ignore quelle sera la situation au Japon à la fin du mois de juillet, a-t-il répondu, en anglais. Mais la vitesse de propagation devrait être beaucoup moins rapide au Japon en juillet.»

Oshitani a mentionné qu’il est surtout préoccupé par la possibilité que la propagation du virus «à la Wuhan» soit similaire en Afrique et ailleurs en Asie, et que des cas soient importés au Japon. Il a ajouté que si une telle situation se produit, «alors ce serait difficile» de présenter les Jeux olympiques. Il a toutefois rappelé que le Japon a les connaissances et le bagage requis pour gérer la crise.

«En conséquence, ce qu’il faut faire dès maintenant, c’est éviter qu’une telle situation se produise», a-t-il ajouté, en précisant que le gouvernement japonais devrait soutenir les autres pays afin d’éviter la propagation.

Le virus a jusqu’ici atteint plus de 75 000 personnes sur la planète. La Chine a rapporté 2004 décès parmi les 74 185 cas déclarés en Chine continentale, essentiellement dans la province centrale d’Hubei. Seul un décès a été attribué au virus au Japon.

Plus tôt cette semaine, Shigeru Omi, un ex-directeur régional de l’OMS et un expert en maladies infectieuses du Japon, a aussi admis qu’il était difficile d’être certain que les JO auront lieu comme prévu.

«Le virus lui-même, l’effort collectif et l’implication de la communauté internationale auront tous un rôle à jouer afin de déterminer si la propagation se poursuivra jusqu’à la cérémonie d’ouverture ou non, a-t-il dit en conférence de presse. Personne ne peut prédire si nous serons en mesure de contenir sa propagation, ou encore de la freiner d’ici le début des JO. Tout le défi est là.»

Il a ajouté que ce n’est pas «un gros point d’interrogation, mais il y en a tout de même un».