«J’aime ce qui se passe, en ce moment, ici. J’aime la ville. J’aime mon équipe. Tout va bien», déclare Nikita Zaitsev (22).

Zaitsev se plaît à Ottawa

Nikita Zaitsev reste un homme de peu de mots.

On l’a dérangé, dans le vestiaire des Sénateurs, mardi matin. Ça faisait un bail que les journalistes d’Ottawa ne l’avaient pas importuné.

En 30 secondes, le défenseur russe a répondu à trois questions.

Dans ces trois réponses, il a dit l’essentiel.

«J’aime ce qui se passe, en ce moment, ici. J’aime la ville. J’aime mon équipe. Tout va bien», a-t-il déclaré, quand on lui a demandé de résumer le premier mois de la saison régulière.

On a cherché à pousser, un peu plus loin, en lui parlant de son partenaire de jeu.

Il a le bonheur de patiner aux côtés de Thomas Chabot depuis maintenant 11 parties.

«Il est un très bon joueur. Avec lui, la rondelle circule très bien. Je l’apprécie.»

Mais il n’y a pas vraiment de surprise, à ce niveau.

«La rondelle circulait déjà très bien, quand Chabot jouait contre nous, à Toronto, l’an dernier. Déjà, durant ces matches, je pouvais voir qu’il est tout un joueur de hockey», complète Zaitsev.

L’important, c’est de savoir que le sentiment est réciproque.

Chabot n’avait pas nécessairement besoin qu’on lui donne un nouveau partenaire, cette saison. Il avait passé l’hiver dernier au grand complet à patiner avec Dylan DeMelo. Personne ne s’était plaint de leur travail. Au contraire. Ils avaient formé le seul duo efficace, dans une équipe défensivement inefficace.

Le défenseur beauceron était un peu craintif, au début du camp, quand on lui a dit que D.J. Smith apporterait des changements.

Chabot nous a fait cette confidence, mardi.

«J’avais une bonne relation avec Dylan», dit-il.

Pourquoi, alors, chercher à réparer ce qui n’est pas brisé ?

«On sait, en même temps, ce qui se passe quand un nouvel entraîneur débarque avec ses nouvelles idées et sa nouvelle vision. D.J. voulait m’essayer avec Zaitsev.»

«De plus en plus, les choses vont bien. C’est certain que ça prend un peu de temps. On fait beaucoup de répétitions, au camp d’entraînement, mais il y a une énorme différence entre les pratiques et les matches.»

«On commence à bien se compléter. Nikita, c’est un gars qui est vraiment solide dans notre territoire. Moi, je suis un gars qui aime patiner avec la rondelle. Donc, forcément, on se complète bien. Il essaie de m’aider dans notre territoire. J’essaie de l’aider en zone d’attaque. Tranquillement, pas trop vite, ça va de mieux en mieux.»

Chabot et Zaitsev sont, de loin, les deux joueurs les plus utilisés par l’entraîneur. Chabot domine les Sénateurs avec 26 minutes et 34 secondes d’utilisation, par match. Zaitsev arrive au deuxième rang. Ses lames chauffent la glace pendant 24 minutes, en moyenne.

Communication

Zaitsev n’est pas particulièrement habile avec un micro sous le nez. Ça se voit.

Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il n’est pas bon communicateur.

On a déjà vu, dans le passé, des joueurs qui auraient préféré ne jamais avoir à composer avec les médias. Ces joueurs sont bien plus à l’aise, dans un contexte plus familier, lorsqu’ils se retrouvent avec leurs coéquipiers.

«Nikita n’est pas nécessairement le gars qui va se lever dans le vestiaire, pour parler, très fort, à tout le monde. Il est plus calme. Il faut respecter ça», dit Chabot.

«Sur la glace, on se parle. On se parle sur le banc, aussi. La communication est bonne. On essaie de s’améliorer, ensemble.»

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Les partisans des Maple Leafs n’ont peut-être pas tout compris

Plus on regarde Nikita Zaitsev jouer, à Ottawa, plus on se demande ce qui n’a pas bien fonctionné pour lui, à Toronto.

Quand il a demandé une transaction, le printemps dernier, la direction des Maple Leafs a été heureuse de l’accommoder.

Dans une organisation qui faisait face à de sérieux problèmes de plafond salarial, son salaire annuel de 4,5 millions $ US devenait un problème.

De plus, des quantités importantes de partisans l’avaient pris en grippe. Il faisait partie, selon eux, d’une brigade défensive qui manquait de mordant.

Connor Brown n’a jamais été de cet avis.

« L’amateur de hockey moyen a peut-être du mal à voir tout ce que Nikita peut offrir à une équipe », dit l’ailier de 25 ans.

« Nous, dans le vestiaire, on pouvait bien voir à quel point il était utile. Il était super. Il jouait de grosses minutes, chaque soir, contre les meilleurs joueurs adverses. J’étais convaincu qu’il serait capable de faire la même chose, ici. »

« Il est le partenaire parfait pour Chabby. »

Brown et Zaitsev ont fait leurs débuts ensemble, chez les Leafs, durant la saison 2016-17.

Brown avait emprunté le chemin « traditionnel ». Il avait gagné son poste après avoir dominé, dans la Ligue américaine, durant deux ans.

Zaitsev arrivait de Russie, avec beaucoup de kilométrage au compteur. Il avait appris les rudiments de son métier en jouant sept saisons dans la KHL.

« Zee était solide à Toronto. Il sera tout aussi solide à Ottawa », répète Brown.