Alexei Yashin a une fois de plus enfilé l’uniforme des Sénateurs.

Yashin revient, Daigle remplit le filet

Alexei Yashin redoutait la réaction des partisans. Il enfilait l’uniforme des Sénateurs pour la première fois depuis son divorce houleux avec l’organisation en 2001.

Finalement, les amateurs l’ont applaudi chaudement par un temps sibérien, vendredi soir, lors du match des Anciens Sénateurs présenté sur la patinoire Canada 150 de la Colline du Parlement. Un accueil qui a même réussi à soutirer un sourire à l’énigmatique attaquant russe qui a été le premier joueur d’impact de la franchise avec deux saisons de 40 buts.

Yashin fut aussi le premier joueur à alimenter la controverse avec une grève illégale afin que l’équipe renégocie son contrat. On connaît la suite. Un arbitre a ordonné son retour au jeu l’automne suivant. « Je sais que des gens m’aiment beaucoup ici, d’autres un peu moins. Ça me va », a soutenu Yashin, qui a joué sept saisons à Ottawa.

« Je peux dire que j’ai encore plusieurs bons amis en ville. Je conserve aussi de très bons souvenirs. C’est ici que j’ai commencé ma carrière, que j’ai grandi. J’ai vécu de beaux moments, dont notre première participation en éliminatoires. »

C’était en 1997. Les Sénateurs s’étaient inclinés en sept parties de la première ronde aux mains des Sabres de Buffalo.

Yashin avait déjà prévu de se pointer à Ottawa en vue de la Classique du Centenaire prévue samedi entre les Canadiens et les Sénateurs à la Place TD. Puis il a reçu cet appel. On lui offrait de renouer avec son ancien club.

Le retraité âgé de 44 ans n’a jamais hésité, même si son association s’était mal terminée à l’époque. « Je voulais revoir certains de mes coéquipiers que je n’avais pas côtoyés depuis 15-20 ans. Et je n’ai plus l’occasion de jouer souvent des parties amicales », a raconté Yashin, qui partage son temps entre New York et Moscou depuis sa retraite du hockey professionnel en 2012.

Ce qu’il a semblé moins aimer dans les dernières heures ? Le froid. « J’ai l’impression que Yash a porté cinq cols roulés sous son équipement », a lancé à la blague l’ancien défenseur Jason York.

La soirée de Daigle

Non loin de lui dans le couloir menant aux vestiaires de la patinoire Canada 150, on retrouvait un autre choix de première ronde.

Alexandre Daigle et Chris Phillips

Tout comme Yashin, Alexandre Daigle remettait le chandail des Sénateurs pour la première fois depuis qu’il avait été échangé aux Flyers de Philadelphie en janvier 1998. « C’est cool. Ça faisait déjà 20 ans que j’étais parti », a rappelé le numéro 91, qui a marqué rien de moins que quatre buts dans ce match des anciens disputé non seulement dans le froid, mais surtout dans la neige.

« C’est surtout le fun pour mes trois enfants. Ils ne m’ont jamais vu jouer. Je suis très content d’avoir cette opportunité. »

Daigle a marqué le premier but de la soirée. Puis en deuxième période lorsqu’il a complété son tour du chapeau, des partisans ont été entendus à crier « Signez-le ».

En entrevue à TSN 1200 durant le second entracte, Daigle a démontré son sens de l’humour. « Vous voyez... J’ai toujours dit que j’avais simplement besoin d’évoluer avec les joueurs appropriés pour moi », a-t-il lancé à la blague au collègue Ian Mendes.

Alexandre Daigle, qui a terminé la partie avec six points, a surtout joué aux côtés de Randy Robitaille et... Yashin.

« J’ai l’impression qu’il (Daigle) pourrait encore jouer dans la LNH, a ajouté Mike Fisher durant un arrêt de jeu. Qui sait, on va peut-être le voir demain sur la glace à la Classique du Centenaire ! »

NOSTALGIE DEVANT LE PARLEMENT

Le calepin de notes se remplit vite lors de retrouvailles. Des joueurs ayant participé à 23 des 25 dernières saisons des Sénateurs ont foulé la glace vendredi soir lors du match des Anciens.

« Jouer avec le parlement en arrière-plan, c’est remarquable. Mais ce qui s’avère encore plus plaisant fut le temps passé dans le vestiaire, à se remémorer de vieilles anecdotes », a souligné Jason York, membre de la ligne bleue des Sénateurs de 1996 à 2001.

On a appris que Dennis Vial s’était déjà disloqué un genou lors d’une bagarre durant les années noires de l’organisation. Il avait quand même continué à échanger des coups avec son adversaire.

Radek Bonk a pu parler de sa nouvelle passion à ses anciens coéquipiers. Le Tchèque âgé de 41 ans est entraîneur de hockey mineur à Kanata. Il a trois enfants. Son inspiration derrière le banc ? Jacques Martin. Oui, le même homme qu’il a fait rager par moments durant son séjour de 10 saisons chez les Sénateurs.

L’ancien ailier Denis Hamel habite aussi dans le coin. Il joue dans une ligue de garage à Casselman en tant que... gardien. Il a même offert d’enfiler les jambières durant le match des Anciens.

« J’ai dit aux gars que je serai prêt si quelque chose devait arriver aux autres gardiens. Ils ont trouvé ça drôle », a-t-il confié.

Quoi d’autre ? Magnus Arvedsson racontait que son fils suit ses traces en Suède.

« Il a 16 ans, mais sa saison est terminée. Il vient de se bousiller un genou », a expliqué celui qui était surnommé « La Machine ».