L'espoir Christian Wolanin lors du camp de développement des recrues, l'été dernier.

Wolanin arrive, Boucher sera patient

La porte est bel et bien ouverte aux jeunes.

En l’espace de quelques heures, mercredi, les Sénateurs ont confirmé que deux de leurs plus beaux espoirs feront leurs débuts chez les professionnels, en Amérique du nord.

En matinée, ils ont réussi à s’entendre avec le défenseur Christian Wolanin.

Puis, en fin de journée, ils ont confirmé que le gardien Filip Gustavsson a enfin réussi à régler tous ses problèmes de visa.

Gustavsson quittera sa Suède natale dans les prochaines heures. Il devrait se rendre à Belleville, histoire de terminer sa saison dans la Ligue américaine.

Wolanin est plus chanceux.

Il n’aura pas à passer par Belleville. Les portes du Centre Canadian Tire lui seront grand ouvertes. Il pourrait même débarquer en ville jeudi et vivre son baptême de feu, immédiatement, contre Connor McDavid!

Avec les Fightning Hawks de l’Université du Dakota du Nord, Christian Wolanin a remporté les grands honneurs lors du prestigieux championnat du «Frozen Four» en 2016.

«Ce sera très difficile. Ce sera difficile pour nous comme pour lui. Il ne sait pas comment on joue. C’est plus simple pour ceux qui arrivent de la Ligue américaine. Une partie de leur système de jeu ressemble au nôtre. Christian sera perdu. Ce ne sera pas facile pour lui», a résumé Guy Boucher.

Il faudra donc ajuster nos attentes en conséquence.

Wolanin est voué à un bel avenir.

L’avenir, ce n’est pas maintenant.

«Même un gars qui arrive d’une autre organisation de la Ligue nationale a l’air perdu. Nous n’allons pas lui demander de nous impressionner immédiatement. Nous sommes bien contents d’avoir signé un gars qui possède un potentiel aussi grand. Il faudra maintenant lui permettre de se développer. Il faudra se montrer patients.»

Comme papa

Wolanin a grandi dans le monde du hockey.

Il est né à la fin de l’hiver 1995. Son père, Craig, portait alors les couleurs des Nordiques de Québec.

Le paternel a connu une longue carrière de 695 parties. Choix de première ronde des Devils du New Jersey, en 1985, il a joué au Colorado, à Tampa Bay ainsi qu’à Toronto.

Il a remporté la coupe Stanley en 1996, avec l’Avalanche. À l’époque, il jouait sous les ordres d’un certain Marc Crawford.

Il était reconnu comme défenseur à caractère résolument défensif.

Fiston n’a pas hérité des talents du père.

Les Sénateurs l’ont repêché en quatrième ronde, en 2015, parce qu’il démontrait de belles aptitudes avec la rondelle. Il est véritablement sorti de sa coquille cet automne, à sa troisième saison dans les rangs universitaires américains. Il a terminé au premier rang du classement des marqueurs des Fighting Hawks du Dakota du Nord, avec une récolte de 35 poins en 40 parties.

Selon une rumeur tenace, il aurait songé à se prévaloir d’une obscure clause de la convention collective pour devenir joueur autonome sans compensation.

Il aurait pu refuser l’offre contractuelle des Sénateurs et s’entendre avec l’équipe de son choix, l’été prochain.

«Il a pris la décision de passer chez les professionnels et nous sommes heureux de le mettre sous contrat. Christian se joindra à notre équipe à Ottawa pour le reste de la saison, ce qui représente pour lui une formidable opportunité d’apprendre et de se développer», a fait valoir le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion, dans un communiqué.

Le contrat liant l’espoir aux Sénateurs est aussi valide pour la saison 2018-19.

S’il affronte Connor McDavid et les Oilers, jeudi, il deviendra le premier joueur à porter le numéro 86 à Ottawa.

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Un record en souvenir

L’arrivée de Christian Wolanin ne fera pas que des heureux à Ottawa. Pour que la recrue puisse affronter les Oilers, les Sénateurs ont renvoyé Patrick Sieloff à Belleville. Le robuste défenseur pourra quand même conserver un beau souvenir. Son nom sera inscrit dans le livre des records de la LNH. Il est devenu le tout premier joueur de l’histoire à marquer deux buts à ses deux premiers matches en carrière, tout en portant deux uniformes différents. «C’est génial. Les joueurs n’ont pas tous la chance d’inscrire leurs noms dans le livre des records», a-t-il déclaré avant de quitter Ottawa. Sieloff aura passé 11 minutes et 11 secondes sur la patinoire, dans le revers contre les Panthers. «J’étais un peu nerveux et c’est normal. Plus le match avançait, plus je me sentais bien. Je me sentais à ma place.»

Pageau et son charisme

Jean-Gabriel Pageau a eu droit à une belle surprise, mardi soir, quand il s’est pointé au Centre Canadian Tire. Pour la première fois de sa carrière, il portait un «A» sur son chandail. Il manquait plusieurs leaders chez les Sénateurs. Guy Boucher estime quand même que le Gatinois possède de belles qualités de leadership. «C’est un petit gars qui a beaucoup de charisme. À l’extérieur de la patinoire, les gens sont attirés vers lui», a expliqué l’entraîneur, avant de faire l’éloge de ses nombreuses qualités sur patinoire. «Il joue à toutes les sauces. Depuis le départ de Derick Brassard, on le voit même durant les avantages numériques. Nous avons tous vu, l’an dernier, ce qu’il est capable de faire durant les séries. Il incarne le courage et la fiabilité. Même s’il ne portera pas toujours une lettre, il sera un de nos leaders.»

Entre les lignes

Ryan Dzingel avait juré qu’il serait de retour au poste pour le match contre les Oilers. Il est fort heureux de reprendre sa place au sein du premier trio des Sénateurs avec Matt Duchene et Mike Hoffman. «Je ne sais pas trop pourquoi les choses ont cliqué entre nous. On essaie de faire les choses simplement, surtout dans notre territoire. En zone d’attaque, tout semble leur venir naturellement. Vraiment, je ne sais pas pourquoi nous avons connu autant de succès, mais je peux vous dire que je suis heureux de travailler avec eux»... Puisque Dzingel revient au jeu, les Sénateurs ont renvoyé Jim O’Brien à Belleville. «Nous avons vu ce qu’il peut nous donner et l’expérience fut positive. Le moment est simplement venu d’offrir une chance à d’autres joueurs.