Anthony Duclair célèbre avec Jean-Gabriel Pageau après avoir donné la victoire aux Sénateurs, samedi.

Wendell Duclair n’a jamais douté du talent de son fils Anthony

Avant même qu’ils atterrissent en Floride samedi soir, le voyage des pères des Sénateurs d’Ottawa était déjà mémorable pour Wendell Duclair.

C’est son premier, alors qu’un périple du genre prévu en Arizona a été annulé pour lui vu que son fils Anthony a été rétrogradé dans la Ligue américaine deux jours avant  le départ, tandis que l’an dernier, les Blue Jackets de Columbus ont organisé un voyage pour les mères plutôt que les pères.

Ces contretemps lui semblaient bien lointains samedi au Centre Canadian Tire quand son rejeton y est allé d’un tour du chapeau, incluant le but gagnant en prolongation, dans un gain de 4-3 contre les Blue Jackets. En prime, c’était sous les yeux de l’entraîneur John Tortorella, celui qui avait dit : « Je ne sais pas s’il sait comment jouer » en février dernier lors d’un passage à Montréal, peu avant l’échange qui l’a amené dans la capitale.

« C’est son troisième tour du chapeau et c’est le premier auquel j’assiste. Je suis très content de voir ça. C’est le fun que ce soit contre son ancien club... C’est bon, il a pris beaucoup de confiance en lui cette saison », a-t-il confié au Droit, rencontré dans le couloir attenant au vestiaire où Duclair fils venait de commenter sa performance.

Comme tous les parents de hockeyeurs qui atteignent la LNH, Wendell Duclair a eu son gros mot à dire pour aider son fils à atteindre ce niveau de jeu, le mettant sur patins dès l’âge de deux ans et lui payant d’innombrables leçons de patinage en puissance ou avec des préparateurs physiques au fil de ses années formatives. La famille a également déménagé pour qu’il joue avec une meilleure formation midget AAA, les Lions du Lac St-Louis.

Alors qu’il lui a aussi fait essayer d’autres sports comme le soccer et le football (il est un ancien joueur de football lui-même, et son frère Farell a joué dans la LCF à Calgary), le père a reconnu rapidement le talent pour le hockey de son fils. « Plus que du talent, il avait l’amour du hockey, il adorait ça », dit-il.

Dans un reportage de L’Actualité concernant les coûts élevés de développer un athlète d’élite au hockey, Wendell avait déclaré après sa sélection en troisième ronde du repêchage de 2013 par les Rangers de New York qu’Anthony « a assez de talent pour être admis un jour au Temple de la renommée ».

Quand il est passé des Rangers aux Coyotes, puis que les Blackhawks ont abandonné dans son cas après une saison et qu’il s’est retrouvé à Columbus, puis à Ottawa, le père n’a jamais douté qu’il débloquerait éventuellement.

« Moi, je n’ai pas eu peur. Quand Chicago l’a laissé partir, on savait qu’il aurait un autre contrat. On croyait en lui, on croyait en son talent et on savait qu’il était capable. C’était juste une question de comprendre comment ça fonctionne, puis ensuite de rentrer dans le moule et se donner à 100 %, relate-t-il. Nous [la famille], quand il appelait pendant la saison ou qu’on passait du temps ensemble l’été, on ne parlait pas de hockey en tant que tel. On restait toujours positif et on parlait de sa personne. La maturité, ce n’est pas une question de hockey, c’est une question personnelle. Il comprend qu’il a des responsabilités envers l’entreprise qui l’a embauché. Aujourd’hui, c’est Ottawa qui récolte les bienfaits. »

Auteur de huit buts à ses cinq derniers matches, Duclair en totalise maintenant 18, à deux de son sommet en carrière obtenu à sa saison recrue en Arizona.

Anthony Duclair en compagnie de son père, Wendell.

UN TIR SUR RÉCEPTION AMÉLIORÉ

Anthony Duclair a compté deux de ses trois buts sur des tirs sur réception samedi, incluant celui de la victoire en prolongation, un but tout québécois sur des passes de Thomas Chabot et Jean-Gabriel Pageau en avantage numérique. 

L’entraîneur-chef D.J. Smith obtient du crédit pour l’explosion de Duclair cette saison, ce dernier disant après le match que lorsqu’il commet une erreur, «je retourne sur la glace à la présence suivante, et je peux prouver que ça n’arrivera pas à nouveau, alors que parfois par le passé, j’étais collé au banc si je faisais une erreur». 

Smith prend aussi du temps à la fin de plusieurs entraînements pour faire des passes à ses joueurs, dont Duclair, qui prennent des tirs sur réception. 

«C’est une question de répétitions. Quand j’étais rappelé dans la LNH comme 8e défenseur, je regardais les bons joueurs comme Steve Thomas, Joe Sakic, Rob Blake, tous ces gars-là, ils lançaient 50 ou 60 fois sous la barre. Si tu lances assez, tu vas devenir plus à l’aise lors des matches. S’il [Duclair] peut continuer à prendre des tirs dans les coins comme [samedi], ça va aider notre jeu de puissance», a souligné Smith.