Alain Vigneault

Vigneault sait comment contrer Brassard

Alain Vigneault n'a été nullement surpris par les succès en première ronde de son ancien protégé et voisin dans le quartier des Hautes-Plaines, Derick Brassard.
L'entraîneur-chef des Rangers de New York a vu le centre gatinois connaître des printemps productifs pour son club par le passé, incluant en 2014 quand ils ont atteint la finale pour la coupe Stanley avant de s'incliner contre les Kings de Los Angeles. Ses huit points, dont deux buts, au premier tour, sont la continuation de ce qu'il avait fait sur Broadway, une récolte de 18 buts et 44 points en 49 parties de séries.
L'entraîneur gatinois est bien conscient que cette série quart de finale opposant les siens aux Sénateurs permettra aux gens de parler à nouveau de la transaction qui a amené Brassard dans la capitale contre Mika Zibanejad, auteur du but gagnant en prolongation lors du cinquième match de la série contre le Canadien de Montréal remportée en six parties par les Newyorkais.
« Je pense que les deux équipes sont satisfaites de cet échange, a-t-il dit en entrevue avec Le Droit mardi. De mon côté, j'ai déjà averti mes joueurs et je vais les avertir à nouveau avant qu'on parte pour Ottawa (mercredi) : je sais que Derick est un gars qui était apprécié dans notre vestiaire, mais là, pour les deux prochaines semaines, il va falloir mettre l'amitié de côté. Les petites tapes sur les fesses pour le saluer, c'est terminé. Il va falloir jouer dur contre lui. »
Reconnaissant les talents du centre de 29 ans sous la pression des séries, où il excelle, Vigneault a laissé entendre qu'il va lui porter une attention particulière. 
« Je vais garder ça à l'interne, mais moi, j'ai une bonne idée de la façon de le ralentir un peu. Peut-être qu'on ne réussira pas à l'arrêter complètement parce que c'est un bon joueur, mais on pourrait le ralentir », estime-t-il.
Les Sénateurs ne se limitent pas qu'au trio de Brassard entre Bobby Ryan et Clarke MacArthur, affirme cependant Vigneault. Sans dire qu'il voit son club qui a récolté 102 points en saison régulière - quatre de plus qu'Ottawa - dans un rôle de négligé, il est convaincu qu'il aura les mains pleines.
« Ce club-là a quatre bons trios bien équilibrés, et il compte sur des défenseurs qui jouent très bien avec un edge, comme on dit. Et ils misent sur le meilleur défenseur offensif de la ligue en Erik Karlsson. C'est certain qu'un gars comme lui, tu dois chercher à le ralentir en le frappant chaque fois que c'est possible. La série contre Montréal, qui a été une des plus physiques qu'il m'a été donné de voir, nous aura bien préparés pour ça », pense-t-il.
« Guy Boucher a fait du bon travail à la barre de cette équipe et il a répété souvent qu'elle a fait tout ça en faisant face à beaucoup d'adversité cette saison. Ils passent peut-être sous le radar de bien des gens, mais pas sous le mien. Si ce club-là n'avait pas eu à composer avec les absences de (Craig) Anderson et (Clarke) MacArthur, en plus d'autres blessés en fin de saison, je suis convaincu qu'ils auraient pu lutter pour le premier rang dans notre association », affirme Vigneault, dont le club a perdu deux de ses trois matches contre Ottawa (2-0 le 27 novembre à NY et 3-1 le 8 avril à Ottawa, le seul gain survenant le 27 décembre, par la marque de 4-3).
Ce dernier n'était pas à la barre des Rangers quand ils ont défait les Sénateurs en sept parties en 2012, leur seul duel en séries éliminatoires de l'histoire moderne (les Rangers ont remporté une série de deux parties en 1930, contre les Sénateurs originaux). John Tortorella dirigeait alors les Blueshirts.
Après avoir éliminé le Tricolore et son entraîneur local Claude Julien, l'ancien entraîneur des Olympiques de Hull pense être aussi bien préparé personnellement pour le duel qui débutera jeudi au Centre Canadian Tire, contre le club qui lui a donné sa première chance derrière un banc d'une équipe de la LNH, comme adjoint de Rick Bowness avec les Sénateurs de l'expansion de 1992. 
« Avec mes chums en ville, ça va être la même chose que contre Montréal : il y en a un tiers qui prend pour mon club, un tiers qui a un chandail des Sénateurs et une casquette des Rangers ou vice versa, et un tiers qui sont des mordus des Sénateurs. En 25 ans, ils se sont bâti un bon bassin de partisans », a-t-il blagué.