Victoire des Sénateurs, record pour Kane

Patrick Kane l'a eu, son record. Il a participé au pointage dans un 21e match consécutif. Dans la glorieuse histoire des Blackhawks de Chicago, seul Bobby Hull avait connu une séquence de 21 parties consécutives avec au moins un point.
Le meilleur marqueur de la Ligue nationale de hockey n'a pas déçu les 17 171 spectateurs qui se sont rendus au Centre Canadian Tire jeudi soir.
Il a marqué le premier but avant de préparer ceux de ses partenaires de trio Artemi Panarin et Artem Anisimov. Il a presque été le meilleur joueur sur la glace.
Mike Hoffman l'a surpassé à la toute fin du match. Littéralement à la toute fin du match.
Il a frappé un poteau alors qu'il restait 0,1 seconde à écouler à la troisième période.
Il s'est rapidement repris, déjouant Corey Crawford exactement 30 secondes après le début de la prolongation pour donner une victoire de 4-3 aux Sénateurs d'Ottawa.
«Il fallait rebondir de cette façon. Nous avons connu un mauvais match plus tôt cette semaine contre les Flyers de Philadelphie. Nous ne pouvions pas connaître deux matches consécutifs comme ça», dit Hoffman.
Il a complété sa soirée avec deux buts et une passe.
Il n'a peut-être pas participé au pointage dans les 21 dernières parties, comme Kane, mais il a été assez impressionnant dans les deux dernières semaines. On fait le décompte. Il a marqué huit buts et inscrit 11 points dans ses six dernières rencontres.
«Quand un joueur aussi talentueux que Mike se fixe l'objectif de travailler plus fort que tous ses coéquipiers, il ne peut arriver que de belles choses», croit l'entraîneur-chef Dave Cameron.
Les Sénateurs n'avaient que 11 attaquants à leur disposition. Ceux qui étaient en uniforme ont répondu. Bobby Ryan et Mark Stone ont été les autres joueurs à marquer aux dépens de Crawford.
Un autre Américain s'est signalé jeudi. Le gardien Craig Anderson a réussi 38 arrêts pour battre l'équipe de son État natal. Il a surtout été là pour ses coéquipiers au beau milieu de la soirée.
Les Hawks ont lentement commencé à imposer leur rythme en fin de première période. Il a suffit que les arbitres leur accordent une double supériorité numérique, au retour de l'entracte, pour qu'ils prennent complètement le contrôle de la soirée.
Pauvres Sénateurs. Ils ont été plus malchanceux qu'indisciplinés, dans cette courte fenêtre de quatre secondes où ils ont été punis deux fois.
Marc Méthot venait à peine d'être chassé pour avoir fermé la main sur la rondelle, quand Jared Cowen est allé le rejoindre parce qu'il a envoyé une autre rondelle dans les estrades.
Il y avait peut-être une lueur d'espoir. Les Sénateurs devaient se défendre à trois contre cinq pendant une minute et 56 secondes et deux de leurs défenseurs étaient au banc.
Les récentes blessures avaient obligé Cameron à utiliser sept défenseurs. Il lui restait donc quelques soldats pour tenir le fort.
Ils n'ont pas suffi.
Kane a égalé le vieux record du Golden Jet durant cette attaque massive. À compter de ce moment, les Sénateurs ont passé un grand bout de temps à courir après les visiteurs.
Borowiecki se distingue
<p>Borowiecki a tellement dérangé les Hawks qu'ils ont fini par répliquer. Ils ont donc été punis, deux fois plutôt qu'une.</p>
On avait prévenu Mark Borowiecki en début de journée. Avec les blessures, on pensait à l'utiliser un peu à titre d'ailier contre les Blackhawks.
Ça ne faisait pas nécessairement son bonheur, mais il est toujours prêt à faire tout ce qu'on lui demande pour aider l'équipe. Jouer en avant? Pourquoi pas?
Borowiecki n'a finalement pas eu à s'improviser attaquant. Il a été le troisième défenseur le plus utilisé chez les Sénateurs derrière Erik Karlsson et Marc Méthot.
Et il s'est distingué. Tout en passant moins de 16 minutes sur la glace, il a trouvé le moyen de compléter huit mises en échec. «Nous n'avons pas le choix. Quand nous affrontons une équipe aussi douée, il faut trouver des moyens de ralentir leurs vedettes», a-t-il expliqué après la partie.
Borowiecki a tellement dérangé les Hawks qu'ils ont fini par répliquer. Ils ont donc été punis, deux fois plutôt qu'une. Lors de la deuxième supériorité numérique générée par le numéro 74, les Sénateurs ont marqué.
«Je ne suis pas une peste. Je ne cherche pas à provoquer l'adversaire. Si je dérange les autres joueurs parce que je m'implique physiquement, tant mieux», s'exclame-t-il.
Borowiecki était fort heureux après le match. «Cette victoire, elle fait un grand bien au moral de tout le monde dans le vestiaire. Les Blackhawks sont les champions en titre de la coupe Stanley. Réussir à les battre comme ça, avec un alignement réduit, c'est super.»
Le défenseur était de si bonne humeur qu'il s'est permis de blaguer avec l'entraîneur adjoint André Tourigny entre la troisième période et la prolongation.
«Je lui ai demandé s'ils allaient enfin mettre leur menace à l'exécution en m'utilisant à l'attaque durant le trois contre trois. Toews et Kane contre Boro... Ç'aurait été beau. J'imagine que ça leur a fait peur...»