Colin White déjoue Roberto Luongo d’un tir précis. Son coéquipier Max Véronneau a été moins spectaculaire lors de la visite des Panthers, mais le jeune Franco-Ontarien continue de s’habituer au rythme de la LNH. « On aime beaucoup de choses qu’il fait », reconnaît Marc Crawford.

Véronneau réapprivoise le français

Deux semaines après être débarqué dans le vestiaire des Sénateurs en provenance de l’université Princeton, Max Véronneau se sent de plus en plus à son aise.

À preuve, après avoir demandé qu’on attende un peu qu’il se refamiliarise avec la langue de Molière, l’attaquant originaire d’Ottawa a accordé sa première entrevue en français au Droit jeudi, quelques heures avant d’affronter les Panthers de la Floride.

« Je pratique mon français en parlant avec (Jean-Gabriel) Pageau et (Thomas) Chabot, mais il n’est pas encore aussi bon que je le veux. Je suis allé à l’école en français de la première à la 12e année, mais les six dernières années, je n’ai pas parlé beaucoup en français et je l’ai perdu un peu », a confié Véronneau, Maximilian de son prénom complet.

L’ancien de l’école secondaire Franco-Cité a un père francophone, Marc, mais sa mère (Pamela Cross) est unilingue anglophone. « On parle anglais à la maison, mais on parle français quand on va à Montréal dans la famille de mon père », a-t-il poursuivi.

Ses gènes d’athlète lui proviennent de ses deux parents, alors que ses deux parents ont fait de l’athlétisme à l’université Laval. « Ma mère faisait plus des courtes distances, des sprints, alors que mon père courait les plus longues, 5 km, des choses comme ça. C’est un bon mix... Mon père a joué au hockey, mais il n’était pas trop bon », blague-t-il.

Véronneau a couru des sprints lui aussi en bas âge, mais le hockey a pris le dessus pour lui assez vite, tout comme pour sa sœur Sophie, qui joue au hockey à l’université Yale.

L’éducation était importante dans sa famille, alors que son père est géophysicien au gouvernement fédéral et que sa mère est avocate, ce qui l’a mené à étudier pour devenir ingénieur mécanique à Princeton.

Comme il l’avait mentionné à son arrivée, il a encore des cours à suivre pour obtenir son diplôme et il entend retourner sur le campus de cette institution de haut savoir du New Jersey pour environ quatre semaines quand la saison régulière des Sénateurs prendra fin, dans une dizaine de jours.

Il a un important projet à terminer, notamment. « On a acheté une voiturette électrique de golf et on y ajoute un moteur à combustion pour en faire un hybride. On a presque terminé, il reste à effectuer quelques tests dessus », a-t-il indiqué, l’intelligent jeune homme notant que ses cours « sont assez faciles pour moi ».

Son éducation comme joueur de hockey professionnel se passe assez bien alors qu’en six parties avant d’affronter les Panthers, il avait un but et une passe à sa fiche, avec un différentiel de moins-2.

« Ce que je remarque, c’est à quel point tout le monde est plus fort dans la LNH, et tout se passe plus rapidement. Je vais devoir améliorer ça cet été, je vais le passer ici à m’entraîner », dit-il.

Tout sera en effet à recommencer pour lui au camp d’entraînement alors que le contrat qu’il a signé est à deux volets, donc il est possible qu’il aille poursuivre ses classes à Belleville, dans la Ligue américaine.

Crawford satisfait

Pour l’instant en tout cas, son entraîneur Marc Crawford est satisfait de sa progression alors qu’il évolue sur un premier trio avec Pageau et Brady Tkachuk. « On lui en demande beaucoup. On l’a ni plus ni moins lancé dans la section profonde de la piscine et on lui dit de trouver un moyen de se débrouiller pour nager à l’autre bout. Il joue sur un premier trio et sur le jeu de puissance, avec d’autres bons joueurs. On aime beaucoup de choses qu’il fait, il a un coup de patin de la LNH et son quotient intellectuel de hockey est fantastique. Il a encore besoin d’apprendre à gagner des épreuves de force pour la rondelle, mais ça va venir... Je lui ai parlé pas plus tard qu’hier et il sait ce qu’il doit faire pour jouer régulièrement dans la LNH », a-t-il noté.

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Les débuts de Keeper

C’était soirée de réconciliation avec le peuple autochtone pour les Sénateurs jeudi soir alors qu’ils ont invité des membres de la communauté des Premières nations, des Inuits et des Métis à tenir une cérémonie de reconnaissance officielle du territoire avant le match contre les Panthers. Comme par hasard, ce match a permis au défenseur Brady Keeper, un autochtone de la nation Cri de Cross Lake, au Manitoba, de disputer un premier match dans la LNH, les Panthers le lançant dans la mêlée à la place du vétéran Mike Matheson. « Il n’y a pas de mots pour décrire la sensation, c’est vraiment excitant pour moi et ma famille. Mes parents sont ici, tout comme mes grands-parents et mes frères. Le chemin pour arriver ici a été difficile en venant de Cross Lake, c’est excitant d’être rendu ici », a dit Keeper en matinée, lui qui est sorti de l’université du Maine la semaine dernière pour signer un contrat professionnel.

Pas de regrets pour Weegar

Le partenaire de Keeper allait être MacKenzie Weegar, l’arrière originaire d’Ottawa qui a passé le K.O. à Paul Byron, du Canadien (aussi un gars d’Ottawa), mardi alors qu’il a cherché à venger un coup à la tête qui avait valu une suspension de trois matches à l’ancien Olympique. Weegar a indiqué en matinée qu’il ne regrettait pas d’avoir invité Byron à répondre de son geste. « Je suis un peu surpris de l’ampleur que la situation a prise. Comme j’ai dit hier, je me sens mal (que Byron ait une commotion cérébrale). C’est ça qui est ça... Il y a un code (dans la LNH), je sais que si je donne un coup salaud, je vais suivre le code et répondre si on me met au défi », a-t-il indiqué.

Entre les lignes

L’ancien Sénateur Mike Hoffman a compté plus de 30 buts pour la première fois de sa carrière (il était rendu à 35 avant le match), mais il n’en retire pas de satisfaction personnelle, a-t-il dit jeudi matin. « Il y a plusieurs gars qui ont eu du succès individuel, mais dans l’ensemble, l’équipe n’a pas aussi bien fait qu’on le voulait. On a compté beaucoup de buts, mais on en a alloué beaucoup trop aussi », a-t-il souligné... Le défenseur Cody Ceci (haut du corps) se sentait suffisamment bien pour reprendre sa place dans l’alignement jeudi et c’est Ben Harpur qui lui a cédé sa place... Le DG Pierre Dorion a indiqué jeudi qu’il passera le week-end à Allentown, en Pennsylvanie, pour voir à l’œuvre le gardien Joey Daccord, de l’université Arizona, en séries régionales de la NCAA menant au « Frozen Four ».