Les Sénateurs ont limité l’attaque des Maple Leafs à seulement deux buts, samedi. Auston Matthews a dû se contenter d’une passe.

Véronneau impressionne Pageau

Tous les hommes qui ont dirigé les Sénateurs depuis 2013 ont un point en commun. Ils ont tous rapidement compris la valeur de Jean-Gabriel Pageau.

Marc Crawford estime que son équipe a « joué son meilleur match de la saison », samedi soir, contre les Maple Leafs. « Nos quatre trios ont bien joué. Nos leaders ont montré le chemin à suivre. Je parle des gars qui portent des “A” sur leurs chandails. Je veux parler de Pager, plus particulièrement, parce qu’il a été très bon », a-t-il commencé.

Dans le difficile contexte qu’on connaît, Pageau a hérité de responsabilités très importantes. Matt Duchene est parti. Colin White est blessé. Il doit donc, par défaut, remplir le rôle de centre numéro un.

« Ce n’est pas facile, souligne Crawford. C’est une grosse responsabilité, vous savez, d’affronter une superstar de la trempe de John Tavares... »

Le centre d’expérience des Leafs a profité de son passage à Kanata pour marquer son 40e but de la saison. Il a touché la cible durant une supériorité numérique à cinq contre trois.

À forces égales, le numéro 91 n’a pas été trop visible.

Pageau a l’habitude de couvrir les meilleurs attaquants adverses. Il ne faut donc pas trop s’étonner de le voir connaître du succès dans une mission défensive.

En fin de soirée, lorsqu’il est venu à notre rencontre dans le vestiaire désert des Sénateurs, le centre avait surtout envie de parler des deux jeunes ailiers – Brady Tkachuk et Max Véronneau – qui l’ont accompagné contre Toronto.

« Personnellement, ça s’est bien passé, ce soir. J’étais avec Max et Chucky, deux jeunes joueurs. Je ne suis même pas surpris de voir à quel point ils ont été responsables. Ils ont été bons dans notre zone. Ils ont été robustes. Leur éthique de travail est impeccable, chaque jour. C’est pour ça que je dis que je ne suis pas trop surpris. »

« On sait à quel point ces deux joueurs peuvent être bons, offensivement. Défensivement, ils m’aident beaucoup. »

Premier point

On se demandait comment Véronneau réagirait à son premier match à vie contre Toronto.

Il n’a pas mis de temps à répondre aux interrogations.

Le match était vieux de six minutes, à peine, quand il a fait preuve d’intelligence à la ligne bleue adverse pour récolter son premier point en carrière dans la Ligue nationale.

« C’était sa deuxième partie. On lui a confié un gros rôle et il a répondu vraiment bien, commente Pageau. Je sais à quel point ça peut être stressant de jouer ses premiers matches en carrière. Ça n’a pas trop l’air de le déranger. Il garde son sang-froid. »

« Sur la séquence qui a mené à son premier point, il a été capable d’attirer deux joueurs vers lui avant de faire une bonne passe. Ceci a marqué le but avec un bon lancer, mais il n’aurait jamais eu la chance de lancer si Max n’avait pas attiré deux gars vers lui. »

Véronneau a finalement passé 15 minutes et 24 secondes sur la patinoire.

« Il était sur la glace, avec nous, en fin de match, et il comprenait qu’il devait être particulièrement prudent à la hauteur des deux lignes bleues. C’est impressionnant », complète Pageau.

« Il y a deux ans, quand on gagnait régulièrement, c’est ce qu’on faisait. On réussissait à frustrer les autres équipes tout en capitalisant sur les chances qu’on avait. »

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LES SÉNATEURS EN BREF

Un 800e match pour Ryan

Un plateau important a été atteint, samedi. Bobby Ryan, le joueur le mieux payé à Ottawa, a disputé son 800e match en carrière. La foule lui a réservé une ovation polie lorsque l’exploit a été souligné au tableau indicateur. Ryan n’a pas participé au pointage, contre les Leafs, mais il a été utilisé à profusion par son entraîneur. Il a passé 19 minutes et 20 secondes sur la patinoire. Sa plus grosse soirée de travail depuis le 22 janvier. Avec 37 points en 69 matches, Ryan connaît une saison correcte. Il doit cependant commencer à se poser des questions. Il n’a pas marqué à ses 13 derniers matches. Il a inscrit un seul but, en fait à ses 21 dernières parties. Au moins, Ryan utilise son lancer. Il a lancé trois fois vers le filet défendu par Garret Sparks, samedi. Ça lui fait 27 lancers à ses 11 derniers matches.

Un sommet pour Smith

« Ce n’est pas tous les jours qu’un joueur comme Zack Smith récolte trois mentions d’aide dans un match », a souligné, à juste titre, Marc Crawford. C’est vrai. En fait, ce n’était jamais arrivé. Smith a été complice des trois derniers buts de son équipe, samedi. Il a permis à Magnus Pääjärvi, Anthony Duclair et Oscar Lindberg de faire bouger les cordages. Smith avait connu sept matches de deux mentions d’aide. Au terme de ce match mémorable, il totalise 19 mentions d’aide en 2018-19. Il s’agit d’un autre sommet pour l’attaquant qui est originaire de la Saskatchewan. Smith pourrait donc profiter de son passage dans son coin de pays, cette semaine, pour atteindre un autre plateau. Sa prochaine mention d’aide sera la 100e de sa carrière dans la LNH.

Heureux pour Crawford

Crawford pourra toujours se vanter d’avoir été le premier entraîneur d’Auston Matthews dans les rangs professionnels. Durant la saison 2015-16, la jeune vedette montante a croisé le vétéran entraîneur lors de son passage chez les Lions de  Zurich, dans la Ligue nationale A de la Suisse. « Il m’a beaucoup aidé. Il s’est montré très dur envers moi. Ça m’a permis d’apprendre plein de choses », a confié Matthews aux médias, samedi matin. « La situation est un peu bizarre, en ce moment à Ottawa, mais je suis content pour lui. Quand il se trouvait en Suisse, il visait clairement un retour dans la LNH, dans un rôle d’entraîneur-chef ou d’entraîneur-adjoint. Il est le chef d’orchestre chez les Sénateurs, maintenant. Je lui souhaite bonne chance... sauf quand il affronte les Leafs. »