Une visite bien différente pour Kyle Turris

Chaque année, la visite des Sénateurs au Centre hospitaliers pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) respecte un horaire très serré. On respecte toujours la même routine.
Les jeunes patients et leurs parents se massent dans la cafétéria en milieu d'après-midi. Vers 15 h, l'annonceur-maison du Centre Canadian Tire, Stu Schwartz, s'empare du micro et présente les joueurs un par un. Les enfants chantent une chanson aux joueurs. Le capitaine prend la parole pour les remercier. Il invite par la suite les recrues de l'équipe à chanter pour les enfants.
Les joueurs circulent ensuite dans la salle pendant un long moment. Ils signent des autographes. Ils serrent des mains. Ils se font photographier. Certains prennent ensuite le temps de monter à l'étage, pour rendre visite aux gamins qui sont trop malades pour se déplacer. Quelques-uns terminent parfois leur journée à la Maison de Roger, histoire de distraire pendant un moment les patients des soins palliatifs.
Chaque année, c'est la même chose.
Hier, pourtant, Kyle Turris voyait les choses d'un oeil différent.
Le centre numéro un des Sénateurs effectuait sa quatrième visite annuelle du CHEO, mais pour la toute première fois, il regardait les patients avec ses yeux de père.
Le petit Beckett, son fils, a vu le jour avant le début de la saison.
« J'y pensais ce matin en me rendant à l'aréna. Je ne vois plus les choses de la même manière maintenant. C'est spécial. Je peux comprendre les parents davantage. Ils ne sont pas différents de nous. Notre visite au CHEO est toujours chargée d'émotion. Aujourd'hui, ce sera difficile. »
Il n'était pas tout seul dans cette situation. Un petit baby-boom a frappé le vestiaire des Sénateurs dans les derniers mois. Erik Condra et Robin Lehner ont aussi goûté à la paternité.
Turris avait une cicatrice nouvelle quand il s'est présenté à l'hôpital. C'était un peu douloureux, mais ce n'était rien si on compare à ce que les petits pensionnaires de l'hôpital pour enfants devront endurer cette année au temps des Fêtes.
Turris a reçu un coup de bâton de son ami Patrick Wiercioch au visage durant un exercice.
« Patty doit être fâché contre moi. J'ai du faire quelque chose qu'il n'a pas aimé dans un de nos pools », ricane-t-il.
« Au début, je croyais que je perdrais une dent. Finalement, ce n'est rien. C'est juste ma lèvre supérieure... »