Jean-Gabriel Pageau a marqué le premier but des siens dans une victoire de 5-2 face aux Sabres à Buffalo.

Une victoire pour le jeu de puissance des Sénateurs à Buffalo

BUFFALO — Les journalistes voulaient parler à Mark Borowiecki, après le match de mardi soir. Pour des raisons évidentes.

Le défenseur d’expérience n’a pas l’habitude de se soustraire à ses obligations médiatiques. Cette fois, il a quand même demandé aux scribes de l’attendre, un moment.

«J’ai besoin d’un sac de glace», a-t-il lancé.

Les Sénateurs d’Ottawa ont vaincu les Sabres de Buffalo, 5-2, au KeyBank Center.

Pendant les 50 premières minutes de la rencontre, Borowiecki ne s’est pas trop fait remarquer. Ça voulait simplement dire qu’il faisait bien son travail de défenseur à caractère défensif.

Il s’est retrouvé sous les projecteurs dans la deuxième moitié de la troisième période.

Il a d’abord pris le chemin du vestiaire, sur une seule jambe. Il a été victime d’un croc-en-jambe de l’attaquant adverse Kyle Okposo. On pensait alors qu’il venait de subir une blessure sérieuse.

Borowiecki a surpris tout le monde lorsqu’il est revenu sur la patinoire, moins de six minutes plus tard.

Les Sénateurs cherchaient alors à protéger une avance d’un but. Ils se retrouvaient en infériorité numérique. Contre le toujours très dangereux Jack Eichel.

L’action a repris. Borowiecki a bloqué un premier lancer. Il s’est relevé péniblement.

La rondelle a recommencé à circuler en zone des Sénateurs. Il s’est placé de façon à bloquer un deuxième tir. Qui avait l’air de faire encore plus mal.

Cette fois, Borowiecki a pu récupérer la rondelle. Il a utilisé la baie vitrée pour effectuer un dégagement. Les dieux du hockey lui ont alors souri. La rondelle a glissé jusqu’au bout de la patinoire, dans le filet laissé désert par les Sabres.

«Ce but, c’est juste la cerise sur le sundae, a indiqué le défenseur lorsqu’il s’est finalement adressé aux médias. Honnêtement, je suis plus fier d’avoir bloqué les deux lancers que d’avoir marqué ce but.»

«On m’a donné un travail à faire quand on m’a envoyé sur la patinoire. On me fait assez confiance pour m’utiliser durant les infériorités numériques. Quand on fait appel à moi, je dois remplir ma mission.»

Les 17 autres patineurs qui étaient en uniforme dans le camp des visiteurs, eux, étaient comblés de voir le numéro 74 compléter le match avec un but.

«Mon but favori de la soirée, s’est exclamé Jean-Gabriel Pageau. Boro, c’est le gars qui se présente pour jouer, soir après soir. Un vrai pro. Il donne toujours son 110 %. J’espère qu’une caméra a capté la réaction, sur notre banc, après ce but. Nous étions tous vraiment heureux.»

Pageau a lui-même marqué dans ce match. Il s’agissait de son 20e but de la saison. Un nouveau sommet personnel.

Tyler Ennis, Mike Reilly et Nikita Zaitsev ont été les autres marqueurs des Sénateurs.

Sam Reinhart et Eichel ont répliqué, pour les Sabres.

On revient, encore et toujours, à Borowiecki.

Il ne faut pas oublier qu’il a donné la frousse à ses proches, deux fois plutôt qu’une, cette semaine. Il a finalement eu besoin de cinq points de suture pour refermer l’entaille qui s’est formée sous son œil droit, durant le match de lundi, contre les Devils du
New Jersey.

«Je ne suis pas du genre à paniquer pour rien», dit-il.

« Quand j’ai reçu le bâton dans le visage, au départ, je n’étais pas capable d’ouvrir mon œil droit. Avec mon œil gauche, je voyais que mes mains étaient recouvertes de sang. C’est pour cette raison que vous m’avez vu partir au pas de course dans le couloir du vestiaire. Quand j’ai pu ouvrir mon œil, je me suis calmé.»

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DUCLAIR LÈVE LES YEUX AU CIEL

BUFFALO — Selon nos notes de match, Anthony Duclair a obtenu au moins quatre chances de première qualité.

La meilleure lui a été offerte dans la dernière minute de la première période. Une passe parfaite de Colin White, sur sa palette, au milieu de l’enclave.

Le gardien des Sabres, Linus Ullmark, a fait l’arrêt.

Duclair a levé les yeux au ciel.

Ça lui fait 12 matches consécutifs, maintenant, sans marquer.

D.J. Smith ne veut surtout pas qu’il cède à la panique.

«Il a été dangereux, ce soir. Il a été dangereux d’un bout à l’autre de la soirée»,  souligné l’entraîneur-chef, dans son point de presse d’après-match.

«Je me souviens de certaines soirées, plus tôt, cette saison, durant lesquelles Anthony n’était pas aussi dangereux. Il parvenait quand même à sortir de la patinoire avec deux buts de plus à sa fiche et tout le monde était excité.»

«Il faut se souvenir qu’Anthony était vraiment bon, ce soir. S’il continue à lancer la rondelle de cette façon, la rondelle va finir
par entrer.»

Une longue et frustrante séquence a quand même pris fin, à Buffalo.

Craig Anderson a remporté son premier match de la nouvelle année. Il a mis un terme à une séquence de quatre revers consécutifs.

«Ma dernière victoire, je l’ai justement obtenue contre Buffalo. Ça fait déjà un mois, a-t-il rappelé. Le hockey fonctionne comme ça, des fois. J’essayais de rester dans le moment présent. Et j’essayais d’ignorer les gens des médias qui parlaient constamment du temps qui s’était écoulé depuis ma dernière victoire.»

«Nous avons été dans le coup souvent. Nous avons perdu quelques matches en prolongation. Il faut continuer à se battre.»