Guy Boucher n'hésite pas à attribuer une large part de son succès en tant qu'entraîneur-chef de la LNH à son père.

Une pensée pour Wilfrid Boucher

Pendant ce voyage des pères des Sénateurs, Guy Boucher ne peut s'empêcher d'être un peu nostalgique.
« Je vais être franc, je suis jaloux parce que moi, je n'ai pas cette opportunité-là. Mon père est décédé quand j'avais 17 ans, ce qui fait qu'il n'a rien vu de ce que j'ai fait », a avoué l'entraîneur-chef des Sénateurs en parlant de Wilfrid Boucher, emporté par un cancer des os à l'âge de 55 ans.
« C'est pour ça qu'on veut que les pères soient de toutes les réunions et qu'ils sont venus sur la glace (après la pratique matinale de jeudi). Les pères n'ont pas beaucoup de moments pour célébrer avec leurs enfants en étant là, présents, et je pense que c'est une opportunité exceptionnelle pour eux de voir ce que ces gars-là vivent tous les jours. Moi, c'est certain que j'aurais bien aimé ça, vivre une journée précieuse du genre », a-t-il ajouté.
Actuaire de carrière, Wilfrid Boucher est parti très rapidement, sa maladie ayant été diagnostiquée à peine deux semaines avant qu'elle ne l'emporte.
« Il est tombé dans un coma et deux semaines plus tard, il était parti, c'est tout. Tu te demandes : "Qu'est-ce qui vient de se passer ?" Il était en bonne santé, n'allait jamais à l'hôpital, puis... J'ai souvent des pensées pour lui. Le pire, c'est de ne pas avoir eu assez de temps pour lui dire merci », soupire-t-il.
Le décès de son père a été le début d'une série d'épreuves pour Boucher et sa famille. Sa mère a eu un cancer par la suite. Puis, alors qu'il avait 25 ans, un mystérieux virus qui n'a jamais vraiment été identifié a mis fin à ses espoirs de jouer chez les professionnels à sa sortie de l'université McGill. Tout son côté droit avait été affaibli, sa vision affectée. Il aura mis trois ans à s'en remettre.
Mais la mort de Wilfrid Boucher a créé un grand vide, lui qui exerçait une grande influence sur son fils, qui était adolescent à l'époque.
Celui-ci serait probablement bien fier de ce que son rejeton a accompli dans la vie, dirigeant deux équipes de la LNH, le Lightning de Tampa Bay et maintenant les Sénateurs, qu'il a replacés sur le droit chemin cette saison dans des conditions pas toujours faciles.
« Je ne sais pas, il faudrait lui demander, mais c'est difficile maintenant, lance-t-il en riant. Mais je suis certain qu'il serait fier. Je vois mes enfants maintenant, toute petite chose qu'ils font, j'en suis fier. Atteindre la LNH, je suis pas mal certain que ça aurait un bon effet sur lui. Mais le plus important pour lui, c'était l'éthique de travail, l'intégrité et respecter les gens. J'espère qu'il serait plus fier de ça que de mes réussites au hockey. »
Son père « n'était pas un entraîneur, mais il m'a coaché beaucoup. Il n'était pas un homme facile, tu ne pouvais jamais en faire assez. Ça a marqué ma vie et c'est probablement la plus grande raison pourquoi je suis ici. Je ne suis jamais satisfait, ce n'est jamais assez, il y a toujours une vitesse de plus dans la transmission. Quand j'étais jeune, c'était dur à accepter, mais plus tard, je n'ai jamais accepté les demi-mesures, j'ai toujours cherché à m'améliorer et à imiter les meilleurs. C'est une autre bonne leçon que j'ai eue de lui : trouves les meilleurs à peu importe ce que tu veux faire et apprends le plus possible de ces gens parce qu'ils savent ce qu'ils font. J'ai fait ça pendant plusieurs années et je le fais toujours », a-t-il souligné.
Les leçons apprises de Wilfrid Boucher, il les transmet maintenant à ses trois adolescents, Vincent et les jumelles Mila et Naomi, avec qui il tente de passer le plus de temps possible même si diriger un club de la LNH gruge énormément de son temps. L'été, ils disparaissent tous ensemble à leur chalet au fin fond de la région du Bas-du-Fleuve, où il n'y a pas d'électricité, de télévision, de téléphone ou d'internet.
« Depuis que son père est décédé, il a cette crainte de partir tôt. Il ne veut pas que les enfants perdent leur père sans avoir passé assez de temps avec lui », a déclaré son épouse Marsha il y a quelques années lors d'une entrevue avec le Tampa Bay Times.
Les Canadiens et le premier rang en vue
Avec leur victoire de jeudi soir au New Jersey, les Sénateurs se sont approchés à quatre points des Canadiens de Montréal et du premier rang de la division Atlantique, tout en ayant toujours trois matches de plus à jouer que le Tricolore, qui a profité de ses cinq jours de congé pour congédier Michel Therrien et le remplacer par Claude Julien. 
Les deux clubs vont s'affronter trois fois en mars, par surcroît, ce qui devrait rendre la course au premier rang encore plus intéressante. « On ne peut pas regarder ça, il faut s'occuper de nous-mêmes et ne pas se concentrer sur ce que les autres équipes font, a dit le capitaine Erik Karlsson à ce sujet après le match de jeudi. Je pense que nous avons fait du bon travail pour se placer dans cette position. Nous sommes heureux où nous sommes, mais on doit encore gagner des matches. En fin de compte, si on fait notre travail, nous devrions être assez satisfaits de notre classement. » 
S'ils regardent par dessus leur épaule, les Sénateurs ont deux points d'avance sur les Bruins, qui ont joué trois parties de plus, et trois sur leurs adversaires de samedi, les Leafs, sur qui ils ont un match en main.