Une montagne russe d'émotions pour Anderson

LAS VEGAS - Craig Anderson a eu un peu de temps pour décompresser d'une saison éprouvante depuis que Chris Kunitz a mis fin à la saison des Sénateurs en marquant en double prolongation lors du septième match de la finale de l'Est contre les Penguins de Pittsburgh.
Le gardien des Sénateurs, sans doute le favori pour remporter le trophée Bill-Masterton pour l'esprit d'équipe et la persévérance affichée alors qu'il a aidé son épouse Nicholle à faire face à un rare cancer de la gorge, s'est amené à Las Vegas pour célébrer cette première invitation à la soirée de remise des prix de la LNH en famille, avec ses fils ainsi que ses parents.
« C'est toujours bon de ne pas avoir à payer pour faire garder les enfants », a-t-il blagué en entrevue avec le Droit.
Plus sérieusement, il ne manque pas de rappeler que sa campagne 2016-2017 en a été une de montagne russe d'émotions de toutes sortes et il est maintenant heureux de pouvoir se reposer un peu et évacuer tout le stress de cette saison.
« Il y a eu beaucoup de hauts et de bas personnellement. Les gars de l'équipe ont dû faire face à beaucoup d'adversité en perdant leur gardien numéro un pour deux mois. Les gars ont su compenser, "Condo" (Mike Condon) a été excellent. Le fait que tout le monde tirait la corde dans la même direction a fait que ce fut plus facile pour moi de revenir, de vouloir revenir. C'est un crédit à mes coéquipiers, cet appui qu'ils m'ont montré. Maintenant, nous sommes en santé et la vie continue, on peut penser à l'avenir », racontait-il.
C'est d'autant plus vrai que son épouse Nicholle lui a annoncé le matin du septième match contre Pittsburgh qu'elle était en rémission de son cancer.
« Elle est fantastique. C'est excellent qu'elle soit ici pour m'appuyer, elle l'a fait toute ma carrière. J'ai été capable de l'appuyer à travers des moments difficiles cette saison. Nous avons été de bonnes béquilles l'un pour l'autre depuis qu'on se connaît », soulignait-il.
Bien appuyé par l'organisation des Sénateurs au cours de cette campagne pas comme les autres, Anderson ne demanderait pas mieux que de s'asseoir avec le d.g. Pierre Dorion après le 1er juillet pour discuter d'une prolongation de contrat, lui qui a une autre saison à disputer sous son présent pacte qui lui rapporte un salaire de 4,2 millions, une aubaine pour un gardien numéro un dans le circuit Bettman.
« Depuis que je suis arrivé (du Colorado en 2011), tout a été facile à Ottawa, j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à jouer pour les Sénateurs et je ne demanderais pas mieux que de continuer à le faire le plus longtemps possible, dit-il. Quand ce sera le temps de parler de l'avenir, je vais le faire avec mon épouse. Si c'est mutuel et qu'on veut que je reste ici, ce serait parfait. Ça a bien fonctionné pour moi ici, du côté personnel et du côté hockey. »
Il l'avait mentionné plus tôt quand il a appris sa nomination pour le Masterton, Anderson aurait préféré s'amener à Vegas en tant que candidat au trophée Vézina de gardien par excellence. Mais il aimait quand même de se retrouver parmi les meilleurs joueurs du circuit Bettman pour cet événement majeur.
« C'est une première pour moi et c'est intéressant de voir tous ces grands joueurs du présent et du passé. J'ai rencontré M. Mark Messier, qui était un gars que j'admirais en grandissant même s'il n'est pas un gardien, et ce fut une belle rencontre... Pour revenir et être en lice pour le Vézina, il faudrait que bien des choses tombent bien en place. C'est un rêve de gagner un trophée Vézina et une coupe Stanley, mais ce n'est pas facile. Si tout peut tomber en place à nouveau comme cette année, tout est possible cependant », a noté celui qui est en lice avec Andrew Cogliano, des Ducks d'Anaheim, et Derek Ryan, des Huricanes de la Caroline, pour le Masterton.
En terminant, Craig Anderson a confié que sa blessure au dos à laquelle Pierre Dorion a fait référence au cours de son point de presse de fin de saison n'était rien de grave. « L'après-midi du troisième match à New York (en deuxième ronde), je me suis réveillé avec des spasmes au dos qui m'ont incommodé pour ce match et le suivant. Drôle d'histoire, la veille au soir, on soupait sur une terrasse et la chaise dans laquelle j'étais assis s'est effondrée sous moi. J'étais correct sur le coup, je ne sais pas si ça a eu un rôle à voir là-dedans. Mais je n'ai jamais passé proche de rater un match », a-t-il relaté.
Karlsson s'inquiète pour Méthot
Erik Karlsson ne sait pas quand il pourra recommencer à marcher.
Erik Karlsson ne sait pas quand il pourra recommencer à marcher, encore moins patiner.
Mais mardi à Las Vegas, ce n'était pas le principal souci du capitaine des Sénateurs d'Ottawa.
Le défenseur étoile en lice pour le trophée Norris de défenseur par excellence pour la quatrième fois en six ans - il l'a remporté en 2012 et 2015 - s'inquiétait plutôt de voir son partenaire Marc Méthot être réclamé par les Golden Knights de Vegas au repêchage d'expansion de mercredi.
« Je pense que ce n'est pas une situation idéale pour qui que ce soit, mais c'est ça qui est ça, on sait que ça fait partie de la business. On sait depuis longtemps que quelque chose du genre pourrait arriver, qu'on va perdre un joueur. Avec l'équipe que nous avons, on va probablement perdre un joueur qu'on ne veut pas perdre. Mais encore une fois, ce n'est pas une surprise. Sauf que lorsque c'est un ami proche, ce n'est pas plaisant de voir qu'il pourrait nous quitter même s'il ne veut pas partir et qu'on veut le garder », a-t-il dit lors de la mêlée de presse des candidats aux différents trophées tenue dans un hôtel du Strip  de Las Vegas.
Proche de Méthot, son partenaire des cinq dernières saisons, Karlsson a également développé une belle complicité avec Dion Phaneuf, qui l'appuie dans son rôle de capitaine depuis son arrivée de Toronto. Il ne lui tient évidemment pas rigueur d'avoir refusé de lever sa clause de non-échange pour être éligible au repêchage d'expansion.
« Je ne lui en avais pas parlé, mais il a mérité ce droit. Il est un bon joueur pour nous, quelqu'un qu'on veut garder. Il aime ça ici et il est un gros morceau de notre succès. Donc ça fait partie de la situation, c'est comme ça. Il va falloir dire au revoir à un joueur et peu importe qui ce sera, ce n'est pas quelque chose qu'on veut. J'ai parlé à "Meth", c'est une situation différente, il sait qu'Ottawa veut le garder, c'est malheureux qu'il soit exposé parce que nous avons de la profondeur. On verra, il faut espérer qu'il y aura une manière pour lui de demeurer ici pour encore un bout de temps », a-t-il ajouté.
En compétition avec Brent Burns, des Sharks de San Jose, et son compatriote Victor Hedman, du Lightning de San Jose, Karlsson a terminé au deuxième rang derrière Drew Doughty l'an dernier. Il ne voulait pas trop handicaper ses chances de gagner. « Je ne sais pas qui vote pour ce trophée (les journalistes affectés à la couverture de la LNH) et ce qu'ils recherchent. Moi, je pense avoir connu une bonne saison au point de vue individuel et collectif, notre équipe a bien progressé et c'est ça l'important », a-t-il noté.
Quant à son opération au pied gauche, il a révélé qu'après ses fractures subies en fin de saison en bloquant un tir, c'est en finale de l'Est contre Pittsburgh, lors du « troisième ou quatrième match », qu'il a déchiré des ligaments dans son pied, le même dont le tendon d'Achilles avait été sectionné il y a quatre ans. « Ce n'était pas idéal après ça, mais je suis content d'avoir pu jouer à un haut niveau malgré ça. Je paie le prix maintenant cependant », a-t-il noté.